Le travail des employés du Groupe Coderr permet de démanteler divers objets et de faire le tri des différentes matières.

Groupe Coderr met un frein à l’enfouissement

L’étiquette d’entreprise d’économie sociale n’est pas un frein à la volonté du Groupe Coderr d’être compétitif et novateur. L’entreprise se démarque par ses nombreuses innovations, notamment grâce au démantèlement de matelas et de sommiers au Lac-Saint-Jean.

L’entreprise almatoise comprend plusieurs divisions, soit la collecte de déchets et de recyclage, la collecte et destruction de papiers confidentiels, la Friperie Coderr, ainsi qu’un programme d’intégration socioprofessionnelle et d’aide à l’emploi.

Le directeur général adjoint, Dave Gosselin, souligne que l’entreprise qui n’est pas subventionnée doit être rentable afin de servir sa mission. « Même en économie sociale, il faut être solide », fait valoir le gestionnaire de l’entreprise dont les revenus sont autogénérés à 98%.

Grâce au travail du Groupe Coderr, aucun matelas ou sommier déposé dans un écocentre du Lac-Saint-Jean n’est enfoui. Le démantèlement de ces objets, qui est réalisé à la main, permet la récupération du bois et du fer. Bon an, mal an, environ 5000 de ces composants ne terminent pas leur vie sous terre. « L’objectif, c’est d’éviter l’enfouissement. Un matelas, c’est énorme et ça prend de la place sur le site. De notre côté, on vend la matière », souligne M. Gosselin.

Le même sort est réservé aux 4000 réfrigérateurs et aux unités réfrigérées qui sont démantelées, chaque année, au Lac-Saint-Jean. Les halocarbures sont extraits alors que les différentes matières et pièces sont recyclées.

Le principe est simple. Dave Gosselin explique qu’une valeur est recherchée pour la matière afin d’éviter de l’enfouir. Il rappelle que ce sont « les actions moins sexy qui ont le plus d’impact ».

Mine de rien, grâce à cette opération, 4698 tonnes de gaz à effet de serre ne se sont pas retrouvées dans l’atmosphère en 2018, soit l’équivalent de 4000 voitures qui roulent 17 000 kilomètres.

Alors que toutes les unités réfrigérées qui sont déposées dans les écocentres du Lac-Saint-Jean sont ensuite récupérées, la mesure pourrait bientôt s’étendre au territoire du Saguenay grâce au travail du Groupe Coderr.

Un ballot de papier blanc peut atteindre entre 380$ et 450$ la tonne tandis qu’un ballot de papier mélangé peut ne pas avoir de valeur.

700 tonnes de papiers confidentiels valorisés

La division Papier Coderr, qui embauche une trentaine de personnes, permet, de son côté, de déchiqueter et de valoriser 700 tonnes de documents confidentiels annuellement.

Rien n’est laissé au hasard par les employés du Groupe Coderr. Le tri du papier récupéré permet de retirer trombones, élastiques et pinces de métal. Ce matériel est ensuite remis à des organisations d’Alma et des environs. Même les anneaux métalliques des reliures sont retirés par les employés.

« La valeur de la matière est dans la qualité du tri. Cela vaut pour le papier et les vêtements et même pour le démantèlement de frigos », rappelle Dave Gosselin.

Il cite en exemple la valeur d’un ballot contenant du papier journal et du carton qui varie entre 15$ et 30$ la tonne, d’un ballot de papier journal qui vaut environ 87$ la tonne et d’un ballot de papier blanc qui peut atteindre entre 380$ et 450$ la tonne.

Le directeur général adjoint du Groupe Coderr, Dave Gosselin, rappelle que l’importance du tri permet d’obtenir un meilleur prix pour les produits revendus.

Le même principe s’applique à un compresseur de réfrigérateur. La pièce de l’appareil vaut à peine 5,25$ lorsque revendue. Une fois triée, sa valeur gonfle à 25$.

La mission du Groupe Coderr, qui offre un service de collecte de déchets et de recyclage, est vaste. Son équipe n’hésite pas à intervenir auprès de ses clients et de les sensibiliser. Après tout, l’enfouissement de matières coûte 135$ la tonne alors que le recyclage est fait sans frais.

Bâtiment de 6,1 M$

Les opérations du Groupe Coderr, sauf la Friperie du boulevard Saint-Jude, seront regroupées sous un même toit au cours des prochains mois. Le projet, qui comprend un nouvel espace de 30 000 pieds carrés, est évalué à 6,1 millions $.

Un ballot de papier déchiqueté pèse plus de 400 kilos.

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LA CÉRAMIQUE ET LA PORCELAINE POUR REMPLACER LE SABLE

Le Groupe Coderr doit constamment s’ajuster aux fluctuations du marché et aux demandes imposées par celui-ci. L’entreprise jeannoise qui est en constante recherche de nouvelles avenues pourrait bien détenir la solution à la pénurie mondiale de sable. L’équipe planche actuellement sur un projet de récupération de céramique et de porcelaine.

Les rebuts de salle de bain déposés dans les écocentres pourraient, après transformation, devenir un excellent additif au ciment. 

« Le plastique ne vaut rien, pour l’instant. On cible des actions qui ont de la valeur. Groupe Coderr ne peut pas opérer avec un déficit. Il faut trouver la matière qui est rentable pour répondre à notre mission », rappelle Dave Gosselin.

Des camions 100 % électriques

Groupe Coderr aspire à être la première entreprise de collectes québécoise à utiliser des camions à benne 100 % électrique. Ceux-ci disposent d’une autonomie d’environ 400 kilomètres et remplaceraient les actuels camions qui ont une durée de vie de cinq à sept ans.

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LA GESTION DE DONNÉES S'INVITE

La grande quantité d’articles de tous genres acheminés au Groupe Coderr n’est pas un frein à la volonté de comptabiliser leur provenance ainsi que le parcours qui attend les matières séparées. 

« On gère énormément de données. On tente de comptabiliser l’ensemble des données et de faire une caractérisation et un suivi des matières. On est ensuite capables de prendre des décisions rapides sur l’achat et la vente de matières », explique le directeur général adjoint du Groupe Coderr, Dave Gosselin.

Ainsi, la provenance d’un matelas ou d’un réfrigérateur qui sont entrés entre les murs du Groupe Coderr est notée en temps réel. Il en va de même pour le trajet qui sera effectué par les diverses composantes séparées qui auront droit à une deuxième vie. 

Les différents employés et départements sont ainsi mis à contribution dans ce vaste travail de collecte de données. 

« Le secret, dans l’avenir, sera la gestion de données tant au niveau du vêtement dans la friperie que du démantèlement de matelas », affirme Dave Gosselin.