Grogne sur les glaces à La Baie

La nouvelle réglementation entourant la gestion de la pêche blanche à Saguenay sera réévaluée à la fin de la présente saison, en raison de la grogne des pêcheurs, qui s’est particulièrement fait sentir depuis que l’embarquement des cabanes a été autorisé, il y a deux semaines.

« Tout doit être revu au complet, tant au niveau des finances que du fonctionnement de la pêche blanche », a avancé Marc-André Galbrand, directeur général de Contact Nature, l’organisme mandataire de la gestion des sites de pêche blanche de l’Anse-à-Benjamin et de Grande-Baie, sur la baie des Ha ! Ha !

M. Galbrand avoue avoir été surpris par le mécontentement exprimé par les pêcheurs dans les dernières semaines. « Je pense que les gens expriment leur mécontentement de manière généralisée. [...] Je m’attendais à ce qu’il y ait une réaction, mais pas si forte que ça », a-t-il concédé, lorsque contacté par Le Quotidien dimanche.

Si plusieurs pêcheurs avaient manifesté leur déception, en novembre, lors de l’annonce par Saguenay des nouveaux règlements qui encadrent le stationnement, le nombre de véhicules sur les glaces et l’embarquement des cabanes de pêche en fonction de leur taille, la grogne s’est fait sentir bien davantage depuis que les premières cabanes ont été autorisées à embarquer, le 16 janvier.

« Sur le terrain, la réaction des gens est très forte », a-t-il ajouté.

Rétrospective de la saison

L’habituelle rétrospective de la saison de pêche blanche prendra ainsi une tout autre importance cette année.

La rencontre, qui devrait avoir lieu à la fin du mois de mars ou au début du mois d’avril, sera l’occasion de réfléchir sur la situation avec tous les intervenants impliqués dans le dossier, a indiqué pour sa part le conseiller municipal baieriverain Martin Harvey, responsable du dossier de la pêche blanche à Saguenay.

« Je ne dis pas que tout va rester comme c’est là. On va se rencontrer, et à la suite de ça, il y a aura des décisions », a-t-il affirmé, en insistant sur le fait qu’aucune mesure ou modification ne pouvait être ciblée ou avancée pour l’instant. 

Un point de vue que partage le directeur général de Contact Nature. « Il faut qu’il y ait une réflexion globale et que des décisions soient prises avec la municipalité. C’est toujours dans le but d’améliorer les choses », a indiqué M. Galbrand.

Le conseiller Martin Harvey souligne avoir également entendu les plaintes des citoyens. « Je les comprends, les gens », a-t-il mentionné à plusieurs reprises.

« La problématique, c’est que si les gens avaient su plus tôt les nouveaux règlements, qui ont été décidés au mois de mars (mais rendus publics à l’automne), ils auraient pu se préparer en conséquence », a ajouté celui qui a pris le relais dans ce dossier après son élection, en novembre.

« S’il y a des changements pour la prochaine saison, on va s’assurer d’informer les gens à l’avance », a-t-il déclaré.

FORTES RÉACTIONS SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

Le directeur général de Contact Nature, Marc-André Galbrand, constate que, si les pêcheurs demeurent respectueux en personne, plusieurs « ventilent leur frustration sans filtre » sur les réseaux sociaux, une situation que les employés et bénévoles de l’organisme à but non lucratif, qui sont eux-mêmes des pêcheurs, trouvent difficile à gérer.

Les commentaires sont d’ailleurs nombreux, sur le groupe Facebook « Adepte de pêche blanche sur le fjord du Saguenay », qui compte un peu plus de 6600 membres. Des critiques et plaintes figurent également sur la page Pêche blanche Saguenay, gérée par la Ville.

Certains pêcheurs déplorent avoir reçu des contraventions pour s’être stationnés en bordure des sites, tandis que d’autres ont mis en vente leur cabane de pêche ou ont choisi de quitter les villages, estimant ne plus pouvoir suffisamment profiter de leur loisir sur la baie des Ha ! Ha !

Sécurité

Marc-André Galbrand est cependant catégorique sur un point : les mesures de sécurité ont leurs raisons d’être et leurs effets se font déjà sentir cette année.

« L’an dernier, pendant la première semaine, nous avions eu environ 60 cabanes à déplacer, en raison de la formation de fissures ou d’inondations de rues, dont certaines cabanes sorties d’urgence. Jusqu’à maintenant, nous n’avons eu aucun événement du genre », a-t-il précisé.