Grève provinciale des services de garde en milieu familial

Mariane Guay
Le Quotidien
Les 3000 responsables de service de garde (RSG) en milieu familial affiliés à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) manifesteront aux quatre coins de la province, jeudi, dans le but premier d’obtenir l’équité salariale par rapport à leur emploi comparateur qu’est l’éducatrice en CPE non formé à l’échelon 1, dans le renouvellement de leur entente collective avec le ministère de la Famille.

Les RSG dénoncent les offres du gouvernement qui sont inférieures au taux d’inflation, ce qui entraîne un appauvrissement chaque année, et estiment que le gouvernement ne reconnaît pas leur nombre d’heures de travail, difficilement comparable à l’éducatrice non formée à l’échelon 1. L’évaluation démontrerait un écart de 18 000 $ entre les deux types d’emplois.

Selon elles, les conditions actuelles, qui mènent à l’exode de plusieurs travailleuses, causent un problème à court et long terme pour les parents qui recherchent un endroit pour leurs enfants. Déjà, plusieurs RSG ont quitté leur emploi depuis cinq ans, selon la porte-parole des RSG Karine Morisseau, mais la pandémie a été « la goutte qui a fait déborder le vase ». « Ç’a rassuré certaines filles qui hésitaient à quitter ou faire un retour aux études, de se dire que bon, je n’ai plus de clients, je vais faire le saut. Plusieurs également pour des raisons de santé ont dû quitter et ont eu une diminution de revenu et se sont dit qu’il était temps d’entamer une réorientation de carrière », a-t-elle expliqué, ajoutant que certaines avaient aussi décidé de prendre leur retraite « prématurément » en raison de la situation.

En outre, les chiffres exposés par Mme Morisseau sont inquiétants, tant à l’échelle québécoise qu’au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Au Québec en 2015, on dénombrait 15 000 RSG, alors qu’en septembre 2019, leur nombre était passé à 12 000. Elle estime que présentement, le décompte serait encore à la baisse, soit sous les 10 000.

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean

Les RSG de la région se rassembleront à deux endroits, jeudi, pour manifester. L’action numéro un aura lieu dans le stationnement de l’église de St-Prime, au Lac-Saint-Jean, à partir de 9h.

« Nous serons une soixantaine de RSG sur place. Nous manifesterons de 9h à 10h. Ensuite, ce sera une petite période de zumba pour nous et après nous prévoyons faire une marche, tout dépendant de la température », a expliqué la responsable de l’activité et RSG, Marilyn Potvin.

L’action deux aura lieu quant à elle à La Baie, au Saguenay. Selon la responsable Marie-Christine Bois, une quarantaine de responsables de service de garde seront présentes tôt jeudi, près du pont Claude-Richard, pour être « reconnu à notre juste valeur ».

Dans la région, Mme Potvin estime une perte de 20 responsables de service de garde au CPE-BC Les amis de la culbute depuis six ans, alors qu’à Saguenay, Mme Bois expose qu’en raison de la COVID-19, plusieurs RSG ont également cessé d’exercer. « Il y a des filles qui se découragent et ferment leur milieu, il y en a qui prennent leur retraite plus tôt et d’autres changent de carrière », souligne-t-elle. De plus, elle constate que cela entraîne des changements pour les enfants qui ont la même éducatrice depuis plusieurs années et qui doivent changer pour cette raison.

Les parents pendant ce temps

Une lettre a été envoyée aux parents concernés par la grève du 18 juin expliquant que la décision de manifester n’a pas été prise « de gaieté de coeur ». On y explique les enjeux des présentes négociations.