Le principal distributeur de propane dans la région, Propane MM, sera en mesure de fournir ses clients jusqu’au 1er décembre.

Grève du CN: du propane au Saguenay-Lac-Saint-Jean jusqu’au 1er décembre

Le principal distributeur de propane dans la région, Propane MM, une filiale de Nutrinor, sera en mesure de fournir ses clients jusqu’au 1er décembre. Ainsi, les agriculteurs, les minières et les bâtiments institutionnels ont encore quelques jours de répit devant eux.

« On doit travailler par priorisation et desservir nos clients pour qui le propane est essentiel », soutient Evans Filion, directeur principal de Propane MM. Ainsi, les agriculteurs qui doivent finir leur séchage, les producteurs de volaille et de porc, dont Nutrinor, les minières et les quelques bâtiments institutionnels – des garderies et des résidences pour personnes âgées – seront desservis en priorité. Selon les estimations actuelles, Propane MM pourrait desservir sa clientèle en propane jusqu’à 1er décembre.

Pour l’instant, les restaurateurs, qui utilisent des cuisinières au propane, ont accès à une quantité de carburant, mais en quantité limitée. « Plus ça avance, plus on doit prioriser », ajoute l’homme, car les livraisons de propane par train ont pris fin mardi lors du déclenchement de la grève au CN. De plus, les mois de novembre, décembre et janvier sont les mois où il se consomme le plus de propane, souligne Evans Filion.

« On est contents que les températures ne s’annoncent pas trop froides au cours des prochains jours, remarque-t-il, avant d’ajouter que la majorité des agriculteurs de la région ont déjà terminé les travaux de séchage. La problématique est beaucoup plus importante au sud du Québec, parce que la récolte se fait plus tardivement et les volumes sont beaucoup plus grands ».

Les inventaires de propane dans la région sont donc moins problématiques qu’ailleurs dans la province, car le premier ministre du Québec, François Legault, a déclaré qu’il restait du propane pour une semaine. Ce dernier a pressé le gouvernement fédéral à imposer une loi spéciale. Pour ce faire, le gouvernement devrait devancer la rentrée parlementaire prévue le 5 décembre.

Mario Théberge, président régional de l’Union des producteurs agricoles (UPA), estime que la situation n’est pas alarmante dans la région, mais la perspective d’une pénurie l’inquiète quand même. « C’est préoccupant, parce que certains producteurs peuvent perdre leur récolte au complet s’ils ne sont pas en mesure de sécher leurs grains », dit-il.

Jacquelin Drapeau, de la ferme Ruisseau clair, à Normandin, se réjouit de savoir qu’il restera du propane jusqu’au 1er décembre, car ça lui permettra de sécher le blé, le sarrasin et le canola qu’il lui reste à transformer. Si la pénurie se confirme, ce dernier a toutefois préparé sa stratégie. « On peut ventiler à l’air frais pendant quelques semaines en attendant, mais plus on attend pour sécher, plus la qualité diminue », note ce dernier. Ainsi, les livraisons des produits séchés devraient aussi être retardées.

Même son de cloche pour Evens Pelletier, de la ferme Markvens Joli, à Métabetchouan-Lac-à-la-Croix, qui a encore du maïs grain à récolter dans les champs, car les semis ont été en retard de deux semaines cette année, ce qui a repoussé les récoltes. « On devrait être bons pour finir la récolte la semaine prochaine et tout sécher d’ici le 1er décembre », souligne le producteur, qui cultive 2000 acres de terres.

Pour l’instant, RL Énergies n’a pas de problème d’inventaire de propane dans ces stations-service, mentionne Éric Larouche, propriétaire de l’entreprise. « Au besoin, on peut aider les clients commerciaux à mettre en place des systèmes au mazout et combler leurs besoins avec ce type de carburant », a-t-il ajouté.

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L'INDUSTRIE FORESTIÈRE EN OTAGE

Faute de service ferroviaire, les scieries et les usines de pâtes et papiers de la région doivent se rabattre sur le transport par camion, un secteur déjà surchargé.

La grève du CN, qui a débuté mardi dernier, touche directement les activités quotidiennes de Produits forestiers Résolu (PFR), et particulièrement pour ses usines de pâtes et papiers. « Plusieurs fournisseurs nous envoient des produits chimiques par train pour la production de pâtes et papiers », souligne Karl Blackburn, porte-parole de l’entreprise.

Mais les usines de sciage n’y échappent pas, car de grandes quantités de bois sont livrées par train chaque semaine, ajoute-t-il. « Ça touche tous nos produits », note-t-il. 

Même son de cloche pour Chantiers Chibougamau. « La situation est préoccupante, estime Frédéric Verreault, directeur exécutif pour Chantiers Chibougamau, parce que le transport ferroviaire est stratégique. C’est le moyen de transport exclusif pour certains de nos clients. »

Pour continuer les opérations quotidiennes et les livraisons, les producteurs se tournent vers la livraison par camion, ce qui fait augmenter les coûts d’opération. « On fait des pieds et des mains pour trouver des solutions, mais c’est difficile de faire des miracles, car il y avait déjà une pénurie de camionneurs », mentionne Karl Blackburn, en ajoutant que la situation devient plus complexe chaque jour. 

Chantiers Chibougamau souhaite aussi combler les besoins de livraison avec le transport par camion, mais l’entreprise ne se fait pas d’illusion. « Il n’y a pas de baguette magique pour trouver des camionneurs parce que le secteur est déjà saturé », remarque Frédéric Verreault.