Grève de trois jours des chauffeurs d'autobus

Les 180 chauffeurs d’autobus des commissions scolaires des Rives-du-Saguenay et De La Jonquière ont profité de la fête des Travailleurs du 1er mai pour faire connaître leur mécontentement alors que les négociations de leur nouvelle convention collective achoppent sur les clauses salariales.

Les membres des deux syndicats affiliés à la Fédération des employés des services publics (FEESP) de la CSN ont en même temps lancé un signal clair au gouvernement du Québec. Ils tiendront trois journées de grève les 14, 15 et 16 mai. Jusqu’à maintenant, les manifestations et les moyens de pression n’ont jamais eu d’impact pour les 4000 écoliers qui montent chaque matin dans les autobus jaunes.

« Il y aura une journée de grève nationale le 15 mai. Dans la région, puisque nous sommes en négociation, nous tenons deux journées additionnelles », a déclaré Michel Gauthier, représentant du secteur transport à la FEESP-CSN.

Le salaire moyen des chauffeurs d’autobus scolaire est de 17 $ l’heure. Depuis des années, les syndicats tentent de faire comprendre au gouvernement du Québec qu’il doit y avoir une amélioration significative des conditions monétaires pour ces employés qui ont la responsabilité de la sécurité des enfants soir et matin. « Les conducteurs de camion de cueillette de déchets gagnent plus que les chauffeurs d’autobus », pouvait-on entendre, mardi, dans la manifestation.

Les syndicats demandent en premier lieu au gouvernement du Québec d’adopter des enveloppes dédiées pour le transport scolaire afin de mettre un terme au partage des économies entre le ministère et les commissions scolaires. Cette pratique a eu pour effet de déplacer l’argent du transport scolaire vers d’autres services.

Les 180 chauffeurs d’autobus des commissions scolaires des Rives-du-Saguenay et De La Jonquière ont manifesté, mardi matin, dans le cadre de la fête des Travailleurs.

« Les commissions scolaires reçoivent des enveloppes. Elles accordent des contrats de transport scolaire, et selon les soumissions, elles conservent 50 % des sommes en trop et retournent au ministère l’autre tranche de 50 %. Nous voulons la fin de cette politique pour être en mesure d’améliorer les conditions de travail des chauffeurs d’autobus scolaire. Le gouvernement a fait plusieurs annonces depuis quelques mois et il serait temps qu’il y ait aussi de l’argent pour ces travailleurs et travailleuses », a ajouté le président de la CSN régionale, Engelbert Cottenoir.

Les commissions scolaires vont en appel d’offres pour accorder les contrats de transport scolaire. Les entreprises présentent des soumissions pour obtenir ces contrats, et ce système a eu, à long terme, des impacts sur les salaires des chauffeurs qui ne bougent pratiquement pas malgré l’inflation.

Les manifestants espèrent que le gouvernement du Québec sera en mesure de faire débloquer les négociations d’ici les trois journées de grève, sans quoi les parents devront trouver des solutions pour le transport des enfants à l’école.

Le président Cottenoir a profité de l’occasion pour demander aux associations de transporteurs de supporter les chauffeurs dans leur combat pour obtenir de meilleures conditions de travail.