Les employés du Manoir Champlain sont en grève jusqu’à samedi, mais d’autres journées de mobilisation devraient suivre puisque les négociations sont au neutre entre le syndicat et l’employeur.

Grève au manoir Champlain: 21 employés lâchent leur emploi

Sans convention collective depuis le 27 janvier et en grève pour obtenir, entre autres choses, un meilleur salaire, les employés syndiqués du Manoir Champlain prétendent que leurs conditions de travail se sont détériorées au cours des derniers mois. Une vingtaine de travailleurs ont même décidé de quitter leur emploi. Pendant ce temps, aucune négociation n’est prévue entre les deux parties.

Des employés en grève ont partagé ce qu’ils vivaient depuis l’amorce des mouvements de grève. Rencontrés sur le piquet de grève, à l’entrée du Manoir Champlain sur la rue Jacques-Cartier, au centre-ville de Chicoutimi, ils ont révélé que la situation était loin d’être idéale à l’intérieur de la résidence pour personnes âgées.

L’établissement compte sur une centaine de travailleurs syndiqués, depuis que 21 ont quitté leur emploi depuis le début du processus de négociation. D’autres pourraient les imiter lorsqu’un nouveau contrat de travail sera signé.

Les travailleurs qui avaient droit à trois semaines de vacances ont été coupés d’une semaine et en raison de la perte d’une vingtaine d’employés, ceux encore en poste sont forcés de faire des journées de 16 heures. Ces éléments et bien d’autres ont miné les conditions de travail.

« Il y a des employés-cadres qui partent en vacances, tandis que les syndiqués sont coupés », a déploré une employée rencontrée vendredi midi.

« Ils ne sont pas capables de combler les postes, mais ils s’obstinent à dire qu’ils ont tout leur personnel, alors que ce n’est pas le cas. Ils ne veulent pas le voir, a soulevé un autre employé. Pendant ce temps, notre supérieure qui est responsable de négocier en notre nom est partie en vacances. »

Alors que deux préposés aux bénéficiaires sont habituellement en fonction pour chaque étage du Manoir Champlain, les résidants doivent composer avec un seul employé, faute de personnel. De leur propre aveu, les employés commencent à trouver la situation lourde à porter.

« Quand un employé part en vacances, c’est sûr qu’il n’est pas remplacé, a fait savoir un employé, ajoutant que le personnel de chaque département était à bout de souffle. Au Manoir Champlain, on retrouve des préposés aux bénéficiaires, des responsables d’entretien et des employés à la salle à manger. La situation actuelle pousse des effectifs à mettre les bouchées doubles dans différents départements.

Les syndiqués demandent un salaire de 15 $ l’heure, tandis qu’il est actuellement de 13,07 $ à l’embauche. Ils demandent également à l’employeur une augmentation salariale d’un dollar l’heure pendant trois ans.

Les employés rencontrés vendredi sont passablement inquiets pour les prochaines négociations. La grève prend fin samedi au Manoir Champlain, mais une grève illimitée fait partie des options. Selon ce que les employés ont entendu dire, les négociations pourraient s’étirer encore plusieurs mois puisque l’employeur ne semble pas pressé de s’entendre avec ses employés.