L’ex-homme d’affaires Daniel Côté, ne tarit pas de gratitude envers l’homme de 57 ans qui a fait don de ses poumons et qui lui a permis de devenir un « millionnaire de la vie », selon son expression.

Greffé des poumons: «je suis le millionnaire de la vie»

Six ans après avoir reçu une transplantation de deux poumons, Daniel Côté, 64 ans, un Almatois atteint à l’époque de fibrose pulmonaire se considère comme un millionnaire, un millionnaire de la vie pour ce qu’elle a pu lui apporter de richesse au plan humain.

Dans le cadre de la Semaine nationale du don d’organes et de tissus promue par le CIUSSS, M. Côté a livré un vibrant témoignage destiné à sensibiliser la population à l’importance d’informer son entourage à donner ses organes en cas de décès.

Cet ex-homme d’affaires à la tête de Fenêtres Côté et frères, se plaignait depuis plusieurs années d’une toux persistante jusqu’à ce qu’un pneumologue prononce en 2007 un diagnostic de fibrose pulmonaire idiopathique, une maladie dégénérative qui devait le conduire vers sa tombe 24 mois après s’il ne recevait pas de nouveaux poumons

La maladie a privé M. Côté de la capacité de travailler et conduire ou de pratiquer des sports tout en lui infligeant de grandes difficultés à respirer sans l’aide d’un concentrateur d’oxygène. Le chemin qui l’a conduit à une greffe de poumons n’a pas été facile puisque des problèmes cardiaques ont nécessité le retrait de son nom à deux reprises de la liste d’attente pour une greffe potentielle.

Avec l’appui solide de son épouse Jacinthe Tremblay, M. Côté a mené un dur combat. « Je me sentais comme un embarras public. Je voulais mourir, mais à deux, on s’est dit qu’il fallait se rendre à la greffe », témoigne-t-il.

Pendant trois mois, du 9 janvier au 2 avril 2012, M. Côté a séjourné à la Maison des greffés de Montréal, en attente que quelqu’un quelque part décède après avoir avisé son entourage de sa volonté de donner ses organes.

Six ans après, M. Côté ne peut qu’être que rempli de gratitude envers cet homme anonyme de 57 ans qui lui a fait ce don extraordinaire. « On me donnait deux ans à vivre avec cette maladie. Six ans après, je suis toujours vivant », témoigne-t-il.

Grâce à cette greffe, M. Côté a pu voir grandir ses cinq petits-enfants, dont l’une est née lorsqu’il séjournait à la Maison des greffés. 

Gain social

Présent lors de l’entrevue, le docteur Jean-Sébastien Bilodeau, intensiviste à l’Hôpital de Chicoutimi et coordonnateur régional en dons d’organes et de tissus, pour Transplant Québec a mentionné que le témoignage de M. Côté démontre l’importance de poser le bon geste. « Les patients susceptibles de donner sont des gens qui sont en catastrophe neurologique, qui ont subi un caillot au cerveau, un traumatisme ou qui sont sur respirateur artificiel », explique-t-il.

Selon lui, il est important de sensibiliser le public aux dons d’organes puisque chaque donneur peut contribuer à sauver six vies, comme celle de M. Côté, par le don de ses deux poumons, d’un coeur, d’un foie, deux reins et du pancréas. « On doit s’assurer que le don d’organes devienne une culture dans la population  par le consentement aux dons d’organes et par l’information que l’on diffuse à ses proches », affirme le docteur Bilodeau.

Message compris

Si l’on se base sur le bilan dressé dans la région au cours de l’année 2017, le message commence à traverser les esprits puisque 12 donneurs de la région ont fait don de 40 organes, contribuant ainsi à sauver 35 vies. Fait intéressant, ces douze dons placent la région en tête de liste au plan national avec l’équivalent de 43,3 donneurs par million d’habitants, comparativement à 20,5 qui est la moyenne du Québec et 18 pour le Canada. 

Présentement, autour d’une douzaine de personnes de la région sont en attente d’une greffe d’organes, principalement pour des reins. À l’échelle québécoise, ce sont près de 770 personnes qui sont sur la liste d’attente, dont une partie décèdera, faute de disponibilité d’organes.

Le docteur Bilodeau rappelle que la volonté de prélever ses organes peut être exprimée, entre autres, par l’apposition et la signature d’un auto-collant derrière la carte d’assurance-maladie.