Graphic Packagning prévoit déposer le document au plus tard cet automne

Graphic Packaging encore hors-la-loi

L'usine Novelis d'Arvida a fermé ses portes en 2012. Trois ans plus tard, l'usine Graphic Packaging de Jonquière faisait de même. En plus de causer quelque 300 pertes d'emploi, ces deux fermetures ont laissé un héritage environnemental considérable: le terrain arvidien présente un volume de 2173 m3 de contaminants, alors que celui du chemin Saint-Benoît contient 420 m3 de terrains contaminés. BPC, hydrocarbures pétroliers et métaux s'y retrouvent, comme on pouvait le lire dans Le Progrès-Dimanche en décembre 2016. Le Quotidien a voulu savoir où en sont rendues les démarches de décontamination.
(Denis Villeneuve) - Graphic Packaging, l'ex-propriétaire de la cartonnerie Cascades de Jonquière, n'a pas été en mesure de respecter son engagement de fournir l'étude de caractérisation exigée par le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) le 18 août dernier. Ce report soulève la colère du député péquiste Sylvain Gaudreault, qui exige que le ministre émette une ordonnance afin que la compagnie exécute sans délai ses obligations légales.Le Centre de contrôle environnemental du Québec analyse les recours à sa disposition et évalue les possibles sanctions prévues à la Loi sur la qualité de l'environnement (LQE). Aucun délai n'est fixé pour la réalisation des travaux de décontamination.
Faisant suite à la conférence de presse qu'il a tenue en juin dernier concernant le dépôt de l'étude de caractérisation, le député Gaudreault a été informé par le cabinet du ministre que Graphic Packaging a déposé une lettre le 8 août dernier informant qu'elle ne serait pas en mesure de respecter son engagement de déposer l'étude le 18 août. La compagnie prévoit déposer le document au plus tard cet automne. 
Commentant la situation, M. Gaudreault s'est dit extrêmement déçu et en colère d'apprendre la nouvelle, d'autant plus que l'entreprise a déjà bénéficié d'extensions de délais additionnels. « Je demande maintenant que le ministre émette une ordonnance pour que la compagnie exécute ses obligations, à défaut de quoi elle pourrait être soumise à des sanctions pouvant s'élever jusqu'à six millions $ », déclare le député de Jonquière.
M. Gaudreault rappelle que l'usine a cessé sa production en juillet 2015 et que malgré la mort d'une personne et le déclenchement de six incendies criminels, aucune mesure de sécurité n'a été appliquée pour empêcher l'accès au site, de sorte que les installations sont un danger public. « Je suis sans compromis dans ce dossier. Graphic s'aperçoit qu'elle est prise avec un cadeau de Grec puisqu'elle s'aperçoit qu'elle a des obligations légales à rencontrer en vertu de la LQE même si elle a vendu son usine à BayShore Group. » En vertu de l'article 31.51 de la LQE, il est prévu que celui qui cesse définitivement une activité industrielle ou commerciale appartenant à une des catégories prévues à la loi doit procéder à une étude de caractérisation dans les six mois de la cessation de l'activité ou tout délai supplémentaire n'excédant pas 18 mois.
Le député conclut en affirmant que le ministre doit faire preuve de fermeté dans ce dossier.
L'Usine Saguenay de Novelis a fermé ses portes le 1er août 2012.
Novelis répond aux obligations
(Katerine Belley-Murray) - Novelis, contrairement à Graphic Packaging, a jusqu'à présent satisfait aux obligations de la Loi sur la qualité de l'environnement. La décontamination n'est par contre toujours pas débutée sur le terrain de la rue Fay.Le terrain présente un volume approximatif de 2173 m3 de contaminants, soit l'équivalent approximatif de 260 « dix roues » de 15 tonnes. Les eaux souterraines sont également contaminées. Novelis a déposé dans les délais prévus par la loi son étude de caractérisation de son terrain. « Pour ce qui est des travaux de réhabilitation, la demande d'approbation d'un plan de réhabilitation est en analyse actuellement. Des échanges ont cours avec l'entreprise dans le traitement de cette demande », affirme le directeur des communications du ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Clément Falardeau, dans un échange de courriels. Jusqu'à présent, les délais sont respectés et l'entreprise rencontre ses obligations légales.
L'Usine Saguenay de Novelis a fermé ses portes le 1er août 2012, plus de 155 travailleurs perdant leur emploi. À ce moment, des rumeurs circulaient voulant que Rio Tinto puisse être intéressée à racheter l'usine, qui lui appartenait jusqu'en 2005. RT avait démenti. Lorsque questionnée à ce sujet, la responsable des communications de RT, Xuân-Lan Vu, a encore une fois affirmé mercredi que l'usine n'intéresse pas la multinationale.