Carl Laberge, directeur de Port de Saguenay, et Yan Sellin, directeur général de Granules 777, se réjouissent des nouvelles infrastructures aux installations de Grande-Anse.

Granules 777 à Grande-Anse: deux dômes géants pour l’énergie verte

La mise en production d’ici deux semaines d’une nouvelle usine de production de granules par Granules 777, dans laquelle est actionnaire la scierie Barrette-Chapais, dans la région de Chibougamau, aura des répercussions sur le port de Grande-Anse, qui sera le point de transit de 210 000 tonnes de cette énergie verte destinée à l’Europe avec l’aménagement de deux immenses dômes en béton projeté.

Depuis novembre 2018, des travailleurs de la construction sont actifs à Grande-Anse, sous la supervision de la firme américaine Dome Technology, qui a développé un concept exclusif de dômes d’entreposage géants tout en béton.

Lors d’une visite de chantier effectuée mercredi en compagnie du directeur général de Granules 777, Yan Sellin et du directeur de Port Saguenay, Carl Laberge, il a été possible de constater l’ampleur de ces deux dômes d’un diamètre de 122 pieds chacun et qui s’élancent jusqu’à 132 pieds dans le ciel avec leur forme arrondie particulière.

M. Sellin a expliqué que chaque dôme est destiné à emmagasiner 21 000 tonnes de granules de quelques centimètres chacune, en attendant leur transport par bateau jusqu’au Royaume-Uni, à la compagnie Drax. Ce géant de l’électricité produit 7 % de la consommation avec ses six centrales. Autrefois nourries au charbon, quatre d’entre elles seront converties à la biomasse forestière ou au gaz naturel.

Les 210 000 tonnes de granules produites à Chibougamau seront transportées par camion jusqu’à Grande-Anse où sept à huit navires chargés de 27 000 à 33 000 tonnes de granules traverseront l’Atlantique, explique M. Sellin.

Pour revenir à la construction des dômes, M. Sellin explique qu’il en existe environ 700 exemplaires dans le monde, dont deux dans le port de Québec et un autre à Fermont. Le travail est assez particulier. La première étape consiste à gonfler l’immense toile extérieure qui servira de matériau de fond ou de forme pour recevoir une couche d’isolant ainsi que le béton projeté à la base sur une épaisseur de dix pouces pour s’amincir jusqu’à cinq pouces au sommet. « Le cumul de 21 000 tonnes de granules crée une grande pression sur la structure, ce qui nécessite une structure rigide », affirme M. Sellin.

Sous le plancher de chaque dôme, des trappes automatisées permettront l’accès par gravité des petites granules aux 2500 pieds linéaires du convoyeur sur coussins d’air qui transportera l’énergie verte jusqu’au quai. De là, un autre convoyeur mobile chargera les cales de bateau à raison de 750 tonnes à l’heure, ce qui nécessitera entre deux et trois jours et demi pour l’opération de chargement complète.

M. Sellin ajoute que l’accumulation d’un tel tonnage de matériel combustible nécessite de grandes précautions afin d’éviter le déclenchement d’un incendie ou que l’humidité ne s’imprègne. Les convoyeurs montés sur coussins d’air permettent d’éviter la friction mécanique ou la surchauffe de certaines pièces. « Les dômes et convoyeurs seront dotés de systèmes permettant de détecter les étincelles dans les convoyeurs », explique M. Sellin.

Ce dernier mentionne que toutes les opérations reliées à l’exportation et la consommation de granules en Europe doivent répondre à des normes d’écocertification exigées par le client et dont l’objectif est de réduire de 80 % les gaz à effet de serre.

Du côté de Port de Saguenay, M. Laberge affirme que le fait que Granules 777 construise de telles infrastructures sur ses terrains ouvre la voie pour d’autres industries qui voudraient utiliser la capacité excédentaire d’entreposage.