Dany Dumais songe à mettre sa maison en vente. La pelle commençait à lui peser lourd, lorsque rencontré lundi matin.

Grande corvée à Saint-Bruno

Ce n’était pas vraiment le calme après la tempête, lundi, à Saint-Bruno. Et on ne peut pas dire que les résidants de l’avenue Thibeault, particulièrement touchés par la bombe météo du week-end, célébraient les joies de l’hiver, s’affairant plutôt à déneiger leur entrée... et leur maison.

« C’est vraiment déprimant. C’est pire d’année en année. L’an dernier, au moins, on avait été ensevelis, mais à la fin de l’hiver. Là, on est juste au début. J’ai le goût de vendre », a affirmé Dany Côté, qui était grimpé sur la butte de neige qui atteignait le toit de sa maison. L’homme, qui réside sur l’avenue Thibeault depuis cinq ans, se dépêchait de libérer son abri de toile au plus vite, pour éviter qu’il ne s’effondre. 

Il commençait à voir la lumière au bout du tunnel, lundi en matinée. Mais l’homme gardait le sourire. 

« On ne se décourage pas, on y goûte chaque année. Mais là, on commence à être un peu tannés ! Et l’hiver ne fait que commencer », a lancé M. Bouchard. 

Un déneigeur rencontré sur place a qualifié l’avenue Thibeault de « film d’horreur ». 

« On vient ici 75 fois par hiver, ça n’a pas de bon sens ! Là, ça fait quatre jours qu’on est ici sans arrêt », a lancé le déneigeur.

Un peu plus loin dans la rue, des travailleurs s’affairaient à déneiger les boîtes aux lettres de Postes Canada, complètement recouvertes de neige. « Ça fait longtemps qu’on n’avait pas vu ça ! C’est décourageant, on fait du pelletage depuis trois jours », a admis un autre résidant, Jean Bouchard. 

Les enfants, eux, trouvaient le moyen de s’amuser sur les immenses buttes, alors que des adultes tentaient de venir à bout des boîtes postales.

Pour Gilles, un homme qui réside dans le quartier depuis belle lurette, ce genre d’opération déneigement est monnaie courante à Saint-Bruno. 

« J’ai vu bien pire ! », a lancé l’homme, qui a tout de même réussi à remplir deux dix roues de neige au cours de la fin de semaine. « J’ai tout fait ça à la pelle, mon tracteur est brisé. Ça fait faire de l’exercice », a affirmé celui qui prenait la situation du bon côté. 

Et pendant ce temps, il recommençait à neiger sur le territoire régional.

Gilles en a vu d’autres. Il admet avoir rempli deux dix roues de neige au cours des derniers jours.
Des travailleurs espéraient voir les boîtes postales de l’avenue Thibeault apparaître.

Le maire Claveau se dit très satisfait

Le maire de Saint-Bruno, François Claveau, estime que tout s’est très bien déroulé à la municipalité durant les trois jours de tempête. Même s’il comprend que certains automobilistes ont pu être mécontents de ne pas pouvoir circuler sur la route principale durant une trentaine d’heures, le maire assure qu’il était nécessaire de fermer la 170. 

« Certains nous ont dit que la route aurait pu être rouverte avant. Mais on ne prend pas de chance non plus et, même si la tempête s’est calmée, il fallait tout de même que le ministère des Transports effectue le déneigement avant de rouvrir la route. Tout s’est mis en branle rapidement et il n’y a pas eu ni accident ni accrochage », a indiqué François Claveau, lorsque joint par Le Quotidien, lundi. 

Le maire nouvellement élu a passé au travail 28 heures sur les trente qu’aura duré la fermeture de la route. « Le centre de coordination des urgences a été bien géré et nous avons accueilli une trentaine d’automobilistes à l’aréna, mais personne n’a été en obligation de dormir là », a ajouté le maire Claveau. 

Encore lundi, les employés municipaux se chargeaient du ménage des rues, même si le plus important avait été fait. « Il reste à souffler un peu pour élargir les rues. Mais nous avons travaillé 24 heures sur 24 et nos employés faisaient des 12 heures de travail en ligne », a souligné François Claveau. 

Concernant l’avenue Thibeault et ses maisons ensevelies, le maire de Saint-Bruno a affirmé que des pistes de solutions seraient étudiées. 

« Il y avait des clôtures à neige avant, mais l’ancienne administration les a fait enlever. De toute façon, la neige passait par-dessus et il aurait fallu qu’elles soient plus hautes, mais il n’y a pas un poteau qui tiendrait. On va regarder ce qu’on pourrait faire, car c’est vraiment la rue qui est la plus touchée. », a admis le maire Claveau.

L’état des boîtes postales en disait long, lundi matin.
Yvan Lapointe gardait le sourire malgré tout.