GNL Québec: une analyse des impacts sur la santé réclamée au BAPE

Myriam Gauthier
Myriam Gauthier
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
Une coalition de groupes en santé réclame que le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) réalise une analyse complète des impacts sur la santé du projet GNL Québec.

La coalition, qui rassemble des professionnels de la santé, a adressé cette demande lors d’un « BAPE 2.0 » dédié aux enjeux de santé liés au projet d’usine de liquéfaction de gaz naturel à Saguenay, une semaine après la fin des audiences publiques sur le projet.

L’événement tenu en ligne jeudi soir était initié par La Planète s’invite en santé, l’Association québécoise des médecins pour l’environnement et la Communauté ergothérapique engagée pour l’environnement.

Le regroupement réclame que les impacts psychosociaux et sanitaires du projet de 9 G$ soient « pleinement analysés » par la commission d’enquête du BAPE et que cette analyse soit intégrée à son rapport.

« On reconnaît que si cette analyse-là n’est pas complétée, le rapport du BAPE sera incomplet », a souligné la Dre Claudelle Pétrin-Desrosiers, qui a pris la parole au nom de la coalition.

Le regroupement veut ainsi lancer un « signal d’alarme » à Québec et au ministre de l’Environnement, alors qu’il déplore que l’analyse des impacts du projet sur la santé représente actuellement « un bout manquant » du processus d’évaluation, a exposé la Dre Desrosiers.

La coalition demande que la période d’analyse des mémoires de la commission soit prolongée, si le ministère de la Santé et des Services sociaux n’est pas en mesure de se pencher dans les délais sur cet enjeu en raison de la pandémie. Rappelons que le BAPE doit déposer son rapport au plus tard le 13 janvier.

Présentation des mémoires et impacts

Des représentantes des trois organismes ont présenté pendant l’événement un résumé du mémoire qu’ils ont chacun déposé devant le BAPE et ont présenté les impacts qu’aurait le projet sur la santé. Elles ont souligné l’absence d’évaluation des effets du projet sur la santé dans l’étude d’impact et ont critiqué l’absence d’experts du ministère lors de la première partie des audiences du BAPE en septembre.

La professeure Marie-Ève Maillé, de l’Université du Québec à Montréal, a exposé de son côté le manque d’expertise au Québec pour évaluer ces impacts lors de la réalisation de grands projets. Elle a déploré que cette évaluation soit souvent négligée, pour des questions de temps et d’argent.

Le député péquiste de Jonquière, Sylvain Gaudreault, et la députée solidaire de Mercier, Ruba Ghazal, ont également pris la parole durant la soirée qui était suivie d’une période de questions.

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DES RÉPONSES DEMANDÉES PAR LE BAPE AU MINISTÈRE AVANT LE 19 OCTOBRE

La commission d’enquête du BAPE sur le projet de GNL Québec avait demandé à recevoir avant le 19 octobre des réponses du ministère de la Santé et des Services sociaux à ses questions sur les impacts du projet sur la santé.

Le BAPE a fait parvenir ses questions au ministère le 8 octobre dernier. La commission souhaitait alors « grandement » recevoir une réponse avant le 19 octobre compte tenu de l’échéancier de ses travaux, peut-on lire dans le document mis en ligne le 3 novembre sur le site du BAPE.

La commission y posait des questions sur les effets et l’évaluation des impacts psychosociaux du projet ainsi que sur l’intervention des services médicaux en cas d’accident industriel majeur sur le site de l’usine. La commission sollicitait également l’avis du ministère sur l’étude d’impact, en regard des impacts du projet sur la santé.

Pendant la seconde partie des audiences du BAPE, à la fin du mois d’octobre, le président Denis Bergeron avait indiqué aux participants que la commission était toujours en discussion avec le ministère afin d’obtenir des réponses à ses questions.

Jeudi, aucun document en réponse à ces questions ne se trouvait toujours sur le site du BAPE, où les réponses fournies par les différents ministères sont également publiées.

Mémoires: délais prolongés pour les rectificatifs

Par ailleurs, la commission d’enquête a annoncé jeudi que les délais permettant de faire parvenir une rectification au sujet d’un mémoire était prolongé jusqu’au 27 novembre.

La date limite était à l’origine fixée au 13 novembre. Ils ont été repoussés en raison du nombre important de mémoires reçus et du délai de traitement nécessaire pour la mise en ligne, a indiqué l’organisme par voie de communiqué.

Rappelons que la commission a reçu plus de 3000 mémoires. Jusqu’à maintenant, quelque 1050 mémoires sont accessibles dans la documentation du dossier.