La co-porte-parole et coauteure du Pacte pour la transition Laure Waridel était de passage à Alma, jeudi, pour y présenter une conférence.
La co-porte-parole et coauteure du Pacte pour la transition Laure Waridel était de passage à Alma, jeudi, pour y présenter une conférence.

GNL Québec, un enjeu qui touche « toute la planète »

La réalisation ou non du projet de GNL Québec au Saguenay-Lac-Saint-Jean n’est pas une question ou une prise de position qui se limite au territoire concerné. La co-porte-parole et coauteure du Pacte pour la transition Laure Waridel est d’avis que ce dossier économique qui polarise les discussions est l’affaire de tous.

« C’est un enjeu qui touche tout le Québec et toute la planète. On a une responsabilité collective. Nous, comme citoyen du Québec, on doit empêcher ce projet. Ça doit être une priorité. Il faut investir dans la région, mais avec des projets porteurs d’avenir, pas un projet qui est mortifère », a-t-elle confié au Progrès alors qu’elle était de passage à Alma, jeudi, pour y présenter la conférence « La transition, c’est maintenant ! ».

L’invitée a profité de sa tribune pour souligner le travail réalisé par la Coalition Fjord. « Je sais que c’est une lutte qui n’est pas facile, je sais qu’il y a beaucoup de désinformation qui est faite, beaucoup de manipulation de l’information qui est faite. Je vous demande de regarder la science. Il ne faut plus investir dans les énergies fossiles. Il faut se mobiliser ensemble, c’est une mobilisation qui appartient à tout le Québec, à toute la planète », a dit celle qui a été applaudie par la centaine de personnes présentes. Questionnée quant aux réponses à fournir à ceux qui invoquent sans cesse l’argument économique, Laure Waridel rappelle la nécessite de développer d’autres créneaux.

« Il faut voir à plus long terme que juste une belle annonce et le nombre d’emplois créés et les retombées. C’est très général ce qu’on peut avancer. Mais on ne regarde pas les emplois ailleurs, c’est moins spectaculaire quand tu crées une PME qui est dans les énergies vertes ou une entreprise d’économie sociale qui crée de la richesse sociale », a-t-elle répondu, en rappelant que les profits de ces initiatives restent ici.

« Très souvent, on nous présente l’économie comme si c’était une loi naturelle. L’économie, c’est une construction sociale. On a créé des mécanismes qui sont basés sur certaines valeurs qui ne tiennent pas compte de la valeur environnementale et sociale. On est dans une économie qui externalise les coûts environnementaux et sociaux », a-t-elle ajouté. Suivant son raisonnement, le vrai coût d’un projet comme GNL Québec ferait en sorte que le prix de vente du gaz comprendrait une partie des sommes associées aux changements climatiques.

La cofondatrice d’Équiterre n’est pas étrangère à la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean puisqu’elle y a réalisé une partie de la recherche terrain associée à son doctorat.

Laure Waridel dénonce le caractère fataliste qui est souvent évoqué lorsque des personnes ou des groupes s’opposent aux grands projets. Il s’agit, selon elle, d’un pur mensonge. Elle souligne le potentiel de la région notamment au niveau des ressources naturelles, dont le bois qui pourrait occuper une plus grande place dans les constructions ainsi que la transformation des résidus forestiers. « Il y a un paquet de possibilités dans lesquelles on peut investir pour changer les choses. C’est un non-sens, l’énergie pétrolière, c’est un lobby qui est extrêmement puissant et qui a plus d’un tour dans son sac », exprime celle qui est d’avis que cette industrie arrive à semer le doute.

Mme Waridel questionne les milliards qui seront investis en lien avec l’achat du pipeline Trans Mountain. Elle soumet l’idée que ces sommes colossales pourraient financer le développement de PME ou le développement de nouvelles compétences pour les travailleurs albertains.

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UNE CONFÉRENCE ATTENDUE

La conférence portant sur l’engagement de Laure Waridel, qui vient de lancer le livre La transition, c’est maintenant était grandement attendue alors que plus de 130 personnes s’étaient déplacées, pour l’occasion, à la Micro du Lac d’Alma.

La transition écologique passe par des initiatives individuelles et collectives. Mme Waridel rappelle qu’il s’agit d’un changement qui doit être réalisé dans le plaisir et en lien avec le coeur et les valeurs.

« On doit changer de posture et réaliser que, finalement, on a tous beaucoup plus de pouvoir qu’on serait porté à croire. Si les décideurs vont changer, c’est parce que nous, on aura mis suffisamment de pression sur eux. On va avoir agi collectivement pour faire en sorte que les choses changent. Il n’y a jamais rien qui change tout seul », a-t-elle mentionné lors de sa conférence.

Des exemples régionaux dont Nutrinor, le Café Communautaire L’Accès d’Alma et le réseau nourricier d’Alma ont notamment été cités par celle qui fait de l’engagement citoyen une priorité depuis trois décennies.