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GNL Québec: «du vent» et «un show boucane», estiment les opposants au projet

Patricia Rainville
Patricia Rainville
Le Quotidien
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Les groupes opposés au projet de GNL Québec estiment que l’annonce d’un partenariat entre l’entreprise et un terminal d'importation allemand est un «show boucane».

Greenpeace, Équiterre, Nature Québec et la Coalition Fjord, fervents opposants au projet, ont tenu à réagir à l’annonce faite mercredi concernant le partenariat entre les deux organisations. 

«L’annonce d’un ''partenariat stratégique'' aux contours flous et très exploratoire ne garantit rien en termes de contrat de vente ou d’approvisionnement, mais sert plutôt à mousser la promotion que font les deux promoteurs de leur projet auprès des autorités réglementaires, de leurs investisseurs et du public. De plus, cette annonce ne change rien au fait que si ce projet d’exportation de gaz voit le jour, ce serait une catastrophe pour le climat, les bélugas et le portefeuille des familles québécoises», ont affirmé les groupes environnementaux. 

« Nous sommes devant deux partenaires fragiles qui tentent de sauver leur projet respectif en s’adossant l’un à l’autre. Il y a beaucoup d’incertitudes quant à l’avenir du GNL en Allemagne, alors qu’il y a un mois un projet analogue à celui de Hanseatic Energy Hub par l’entreprise Uniper a été annulé à la suite du constat qu’il n’y avait pas de demande. Le terminal d’importation allemand est aussi un projet contesté qui risque fort bien de ne jamais voir le jour, car il ne s’inscrit pas dans l’effort nécessaire pour atteindre la carboneutralité en Allemagne », explique de son côté Éric Pineault, économiste et professeur à l’UQAM, par voie de communiqué.

« Les promoteurs sont clairement à la recherche de bonnes nouvelles depuis le coup de massue du rapport du BAPE. N’en trouvant pas, ils sont donc obligés d’en créer de toute pièce. Il n’en demeure pas moins que, comme l’a dit l’Agence internationale de l’énergie, le respect des engagements de l’accord de Paris est incompatible avec le développement de nouveaux projets pétroliers et gaziers. Il faut vivre dans un monde de licornes pour croire que cette annonce favorise la transition énergétique », note pour sa part Émile Boisseau-Bouvier, analyste des politiques climatiques chez Équiterre.

La députée de Mercier et responsable pour Québec solidaire en matière d’environnement, Ruba Ghazal, a également réagi, jeudi matin. 

« Une entente avec un promoteur d’un terminal toujours pas construit et qui n’a pas de clients, c’est du vent. Le rapport du BAPE a pourtant été clair : GNL Québec va ajouter des émissions de GES et le gaz extrait par fracturation est un frein à la transition écologique. Qu’attend la CAQ pour fermer la porte à ce projet une fois pour toutes? Le ministre Charette doit assumer ses responsabilités pour protéger le climat et mettre fin à ce cirque. Le Saguenay mérite mieux que des promesses en l’air et un projet ultrapolluant et rétrograde», a indiqué la députée. 

Un investissement de la Caisse de dépôt et placement critiqué

La participation financière de la Caisse de dépôt et  placement du Québec à Fluxys, une entreprise belge, est également critiquée par les opposants à GNL.  C’est que Fluxys serait impliqué avec le distributeur gazier allemand au coeur du partenariat annoncé mercredi, et pourrait ainsi devenir un éventuel client de GNL Québec.  Pour Greepeace, la Caisse se rendrait par ce fait «complice» du projet de GNL. 

« Après tout ce qu’on a appris sur les impacts du projet GNL Québec/Gazoduq sur le climat, la biodiversité, l’industrie touristique locale et les tarifs d’hydroélectricité des Québécois.e.s, voilà maintenant qu’on utiliserait en plus l’argent de leur bas de laine pour investir dans une énergie qui sera reléguée aux oubliettes d’ici quelques années. On ne peut même plus appeler ça un manque de vision, c’est carrément une insulte à l’intelligence de la population », affirme le groupe dans un communiqué.

La députée de Mercier et responsable pour Québec solidaire en matière d’environnement, Ruba Ghazal, a réitéré son opposition dans ce dossier, demandant que la Caisse retire tous les investissements des Québécois des hydrocarbures. 

«Non seulement c’est contraire à nos objectifs de transition énergétique, mais ce n’est même pas rentable économiquement! Ce projet d’un autre siècle peut bien passer par l’Allemagne, il peut même faire trois fois le tour de la Terre, il reviendra quand même toujours au même endroit : dans le cul-de-sac des énergies fossiles. L’argent des Québécois ne doit pas servir à investir dans des énergies polluantes qui retardent notre transition énergétique, point à la ligne. La Caisse de dépôt doit atterrir au 21e siècle une fois pour toutes. »


Un partenariat salué par GNL Sag-Lac

La réaction est toute autre du côté de GNL Sag-Lac, pour qui l’annonce du partenariat avec Hanseatic Energy Hub vient attester du sérieux et la confiance des clients envers le projet de GNL-Québec.

«Ce partenariat vient confirmer la viabilité économique de GNL Québec et démontre clairement que le Saguenay a la capacité d’attirer des investissements internationaux majeurs avec des projets prometteurs de classe mondiale.  « Nous appelons notre gouvernement de l’économie et des régions à autoriser rapidement le décret pour démarrer la réalisation de ce projet d’envergure qui va dynamiser l’économie du Québec pour s’offrir la meilleure sortie de pandémie qui soit», indique le porte-parole de GNL Sag-Lac, Pierre Charbonneau, dans un communiqué.