Les travaux de recherche réalisés par la future chaire interuniversitaire de recherche-action visent à mesurer le potentiel de gisement de trois essences d’arbres pour la production de gaz naturel renouvelable.

GNL Québec appuie la recherche sur... le GNR!

Le promoteur GNL Québec poursuit le travail de séduction pour son projet d’usine de liquéfaction de gaz naturel à Grande-Anse en annonçant son implication financière de 350 000 $ sur cinq ans dans la création d’une future chaire interuniversitaire sur la séquestration du carbone.

GNL s’implique ainsi dans un projet de recherche en gestation qui devrait faire l’objet d’une demande d’aide financière auprès du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG).

Les travaux de recherche porteront sur le potentiel de production de gaz naturel renouvelable (GNR) que recèle la biomasse forestière résiduelle provenant de trois essences précises, soit l’épinette noire, le sapin baumier et le peuplier faux-tremble.

L’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) et le chercheur Jean-François Boucher, de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT), l’École de technologie supérieure de l’Université Laval et le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) seront partenaires dans le travail de recherche.

Interrogé sur cette annonce, M. Boucher a expliqué que GNL Québec fera partie d’une demi-douzaine de partenaires issus du monde forestier et municipal qui participeront à hauteur d’un million $ par année pour les travaux portant sur la séquestration du carbone.

Stéphan Tremblay, de GNL Québec, pose devant une usine mobile qui servira à effectuer les travaux de recherche.

De la forêt Simoncouche

La participation de GNL Québec viendra accélérer quelque peu le calendrier de recherche.

« Le premier projet sur lequel nous allons travailler avec ma collègue de Laval, Évelyne Thiffault, vise à mesurer le potentiel de gisement de résidus forestiers en terme de quantité de biomasse qui pourrait devenir du GNR », explique le chercheur Boucher. Des résidus de récolte d’épinette noire et de peuplier faux-tremble provenant de la forêt Simoncouche ainsi que des résidus de sapin baumier de la forêt Montmorency seront étudiés.

Un autre volet du travail visera à mesurer, à partir d’échantillons d’arbres (branches, écorces, tiges), le potentiel de chaque essence de production de GNR, le tout dans le contexte réglementaire québécois actuel. Rappelons qu’en vertu de la réglementation actuelle, les forestiers se voient imposer des limites sur les volumes de biomasse prélevés.

En entrevue, Stéphan Tremblay, directeur du développement régional chez GNL Québec, a mentionné que cette initiative s’inscrit dans la volonté de l’entreprise de présenter un projet carboneutre dans la lignée des études réalisées par l’équipe de Claude Villeneuve, directeur de la Chaire en éco-conseil de l’UQAC, qui suggérait de soutenir la production de gaz naturel renouvelable.

Il rappelle que la production de GNR à petite échelle est possible au sud de la province, à partir de matières putrescibles.

Dans une région comme le Saguenay–Lac-Saint-Jean qui dispose d’un immense parterre forestier avec un potentiel de biomasse provenant de la coupe, il y a peut-être des opportunités à saisir au chapitre de la recherche pour la production de GNR et ainsi développer de nouvelles filières énergétiques qui pourraient aider à la diversification de l’économie régionale. « Si on pouvait produire du GNR à petite échelle, GNL pourrait devenir un acheteur de futurs crédits carbone liés à la production de GNR. Ça peut donner des filières intéressantes pour la région. Il faut bien commencer la recherche quelque part », a mentionné M. Tremblay. GNL Québec ne prétend pas remplacer l’utilisation du gaz naturel provenant de source fossile ni vouloir saccager la ressource forestière à des fins de production de gaz.