Stéphan Tremblay, directeur du développement régional, et Stéphanie Fortin, directrice principale des Affaires publiques et des relations avec les communautés, étaient de passage au Cercle de presse du Saguenay, mercredi matin.
Stéphan Tremblay, directeur du développement régional, et Stéphanie Fortin, directrice principale des Affaires publiques et des relations avec les communautés, étaient de passage au Cercle de presse du Saguenay, mercredi matin.

GNL joue la carte des appuis régionaux

Denis Villeneuve
Denis Villeneuve
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
La direction d’Énergie Saguenay joue la carte des appuis régionaux afin de continuer à mousser son projet GNL Québec d’usine de liquéfaction de gaz naturel naturel à Grande-Anse, un projet de neuf milliards de dollars qui vise l’exportation de 11 millions de tonnes de gaz naturel.

De passage au Cercle de presse du Saguenay, mercredi, Stéphan Tremblay, directeur du développement régional, et Stéphanie Fortin, directrice principale des Affaires publiques et des relations avec les communautés, ont rappelé que le projet en gestation est à 24 mois d’une décision d’investissement final ou non.

« Le projet constitue une occasion unique pour la région de démontrer son savoir-faire avec ce projet qui créera 6000 emplois en phase de construction, de 250 à 300 emplois sur le site pour des retombées fiscales de 807 M $ et générera 110 M $ en recettes fiscales. À quelques mois du début des travaux du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), notre position est claire à l’effet qu’il faut écouter les gens du Saguenay–Lac-Saint-Jean et la mobilisation derrière le projet par la région. La place doit être allouée aux intervenants du Saguenay–Lac-Saint-Jean. On a hâte que le BAPE débute ses travaux. C’est à nous, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, de décider des projets structurants pour notre région », a insisté Stéphanie Fortin.

Même s’ils se targuent d’avoir l’appui de la région, les porte-parole du promoteur sont conscients que le projet est exposé aux critiques des environnementalistes, qui invoquent l’argument de l’urgence climatique pour rejeter le projet, comme l’a déjà fait à plusieurs reprises le député péquiste de Jonquière, Sylvain Gaudreault.

« C’est à la population de juger. Sylvain Gaudreault a droit à ses opinions. On sait que le projet ne fera jamais l’unanimité. On a le même objectif que lui, mais on n’a pas le même chemin pour s’y rendre », affirme M. Tremblay.

Il a rappelé que la région connaît un bilan démographique très négatif avec le départ de 28 000 personnes et suppose que beaucoup de personnes reviendraient vivre dans la région si l’état de l’économie régionale leur en donnait l’occasion.

Stéphan Tremblay, directeur du développement régional, et Stéphanie Fortin, directrice principale des Affaires publiques et des relations avec les communautés, étaient de passage au Cercle de presse du Saguenay, mercredi matin.

Ce chemin passe par l’étape de la distribution du gaz liquéfié à des pays qui utilisent actuellement le charbon comme énergie fossile, ont-ils ajouté.

Des discussions sont entamées avec des distributeurs de gaz présents en Europe et en Chine afin que le gaz naturel remplace des centrales énergétiques alimentées au charbon.

Transition énergétique

M. Tremblay a mentionné que devant le défi de l’urgence climatique, il est plus efficace de procéder par étape avec comme objectif de ralentir et d’arrêter l’utilisation du charbon à l’origine d’émissions de gaz à effet de serre. Il est indéniable, selon lui, que des entreprises utilisant des procédés industriels auront toujours besoin d’énergies fossiles moins polluantes que le charbon dans le cadre d’une transition énergétique mondiale.

La tentative d’atteindre la carboneutralité, la promotion de la production de gaz naturel renouvelable et l’utilisation de l’hydroélectricité pour liquéfier le gaz ont été d’autres arguments apportés pour soutenir le projet controversé.

Invitée à commenter la création du mouvement Je crois en ma région, lequel a recueilli 4000 signatures favorables à la concrétisation de grands projets, Mme Fortin a indiqué qu’elle ne commenterait pas l’initiative. Elle n'a pas non plus livrer de commentaires sur la pétition « contre le projet de GNL/Gazoduq », qui a recueilli plus de 53 000 signatures à l'échelle du Québec.

Le promoteur compte sur les audiences du BAPE pour apporter des réponses plus précises à certaines questions reliées, entre autres, à l’exploitation du gaz naturel dans l’Ouest, en Alberta, avec la technique de la fracturation hydraulique.

Stéphan Tremblay, directeur du développement régional, et Stéphanie Fortin, directrice principale des Affaires publiques et des relations avec les communautés, étaient de passage au Cercle de presse du Saguenay, mercredi matin.

Groupes écologistes

Les participants à l’événement du Cercle de presse ont eu droit à la présence d’un comité d’accueil formé de représentants de groupes écologistes.

Les opposants ont abordé les journalistes avec la distribution de documents visant à barrer la route au projet d’usine ainsi qu’au nouveau gazoduc de 750 km qui l’alimentera.