Les experts sont inquiets parce que les déclarations des différents paliers gouvernementaux et des entreprises touchant le projet sont prématurées, alors que les processus d’évaluation environnementale ne sont pas terminés.

GNL et Gazoduq: attention aux annonces prématurées

Un groupe d’experts s’inquiète des informations partagées par les promoteurs des projets de Gazoduq et de GNL Québec. Selon Geneviève Paul, directrice générale du Centre québécois du droit de l’environnement (CQDE), des annonces comme celle de la création d’un Fonds pour les communautés de 36 millions $ pour le développement social et économique des régions touchées par le projet sont prématurées, inquiétantes et viennent brouiller les perceptions des citoyens.

Mme Paul fait partie des quatre spécialistes qui dévoileront leur analyse indépendante des impacts du mégaprojet de Gazoduq et de GNL Québec, jeudi, à Saguenay. Deux événements seront tenus dans la journée et un troisième aura lieu vendredi afin de compléter cette tournée de sensibilisation au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Selon elle, il est trop tôt pour faire ce genre d’annonce puisque les processus d’évaluation environnementaux ne sont pas complétés et les gens « n’ont même pas pu se faire une idée complète sur le projet ». « Quand on annonce qu’on va donner des millions à des communautés, ça vient brouiller les perceptions, la capacité des citoyens de faire un choix éclairé. On peut les comprendre », a-t-elle admis.

Elle ne veut pas que les gouvernements, par exemple, ne regardent plus aussi attentivement les impacts environnementaux à la suite d’annonces comme celle-là. « Quand on vient faire ces annonces-là, il faut faire attention pour ne pas que ça vienne occulter les risques importants que pourrait avoir le projet. »

La tournée

Le premier événement se tiendra au Baruqac, jeudi, dès 11h15. « Le groupe propose à la population et aux acteurs clés de différents secteurs une lecture scientifique rigoureuse, indépendante et non partisane des nombreux enjeux écologiques, énergétiques, financiers, juridiques et sanitaires du projet », écrit l’organisation sur son événement Facebook.

Parmi les professionnels, on retrouve Anne-Sara Briand, membre de l’Association canadienne des médecins pour l’environnement (ACME), Bernard Saulnier, ingénieur, Geneviève Paul, directrice générale du CQDE, ainsi que Marc Brullemans, biophysicien et membre du Collectif scientifique sur la question du gaz de schiste et les enjeux énergétiques du Québec.

Avec cette tournée, le groupe de professionnels veut permettre aux citoyens d’avoir une analyse de qualité du projet sur plusieurs facettes indépendantes afin qu’ils puissent faire des choix éclairés. Elle notait que les Québécois avaient dans leurs droits celui d’avoir accès à l’information et qu’ils avaient le pouvoir de participer aux décisions qui auront des impacts sur leur quotidien.

Les experts tiennent également à prévenir. Ils sont inquiets parce que les déclarations des différents paliers gouvernementaux et des entreprises touchant le projet sont prématurées, alors que les processus d’évaluation environnementale ne sont pas terminés. « C’est important de souligner qu’aucun expert dans la tournée n’a des intérêts politiques ou économiques dans le projet », a-t-elle ajouté, ce qui les différencie, selon elle, des consultations du promoteur.

Deux autres événements auront lieu dans la région. Une grande conférence aura lieu au Cégep de Jonquière, dès 19 h, jeudi. Le lendemain, le groupe d’experts est attendu au Bar des sciences participatif, à la Tour à bière, dès 18 h. Des événements semblables ont eu lieu en Abitibi, plus tôt cette semaine, où passerait également le tracé du gazoduc.