Le candidat caquiste Éric Girard (à gauche) a remporté l’élection dans la circonscription de Lac-Saint-Jean.

Girard met fin au règne péquiste

(Annie-Claude Brisson) – Le raz-de-marée caquiste ressenti à l’échelle nationale n’a pas fait exception dans la circonscription de Lac-Saint-Jean. Une page d’histoire péquiste s’est tournée, lundi soir, alors que les électeurs ont fait le choix d’un autre parti, et ce, après 42 ans de fidélité politique. Le représentant caquiste Éric Girard succède ainsi à Alexandre Cloutier qui avait été élu en 2007.

Une cinquantaine de personnes suivaient attentivement le dépouillement des boîtes de scrutin, lundi soir, à la Brasserie Mario-Tremblay d’Alma. Chaque nouveau résultat était vivement applaudi. Vers 21 h 20, les militants caquistes ont célébré une première confirmation de la victoire d’Éric Girard en l’absence du principal intéressé. 

C’est sous les applaudissements et les cris que le nouveau député de Lac-Saint-Jean est venu à la rencontre de sa famille, des bénévoles et des militants. « Je veux remercier les électeurs de Lac-Saint-Jean. C’est grâce à eux si je m’en vais les représenter à Québec. Je vais être à l’écoute de tout le monde », a exprimé Éric Girard lors de son arrivée au rassemblement.

Questionné quant à la lutte à deux, l’ancien maire de Saint-Nazaire est resté prudent. « J’étais confiant. Tant qu’on n’a pas les résultats des citoyens, rien n’est garanti en politique », a ajouté celui qui avait l’intention de célébrer la victoire en famille. 

Celui qui a remporté l’élection avec plus de 39% des votes s’est montré avare de commentaires quant à la fin du règne péquiste dans Lac-Saint-Jean. « C’est la population qui a décidé. J’ai proposé quelque chose. J’ai fait du travail terrain. C’est la population qui a décidé », a expliqué celui qui s’est présenté comme le député de tout le monde.

Rencontré sur place, un militant caquiste d’Alma s’est confié quant à son grand désir de changement. « J’espère qu’ils vont balayer les erreurs des autres comme Barrette et Couillard », a affirmé Denis Côté. 

William Fradette a été réconforté par un militant.

+

FRADETTE CROYAIT QUE CE SERAIT PLUS SERRÉ

(Annie-Claude Brisson) – En choisissant un successeur à Alexandre Cloutier, les électeurs de Lac-Saint-Jean ont également fait le choix d’un autre parti après 42 ans de règne péquiste. Le candidat du Parti québécois, William Fradette, a encaissé la défaite, assurant qu’il n’aurait rien changé à sa campagne. 

« C’est décevant comme résultat. Je m’attendais à ce que ce soit serré, beaucoup plus serré que ça. Je pensais que ce serait dans mon côté. Les électeurs de Lac-Saint-Jean en ont décidé autrement. En bon démocrate, j’accepte les résultats. Je félicite M. Girard pour sa victoire», a-t-il affirmé.

William Fradette est également d’avis que la division du vote souverainiste fait mal. « Il est clair, à mon avis, que beaucoup d’électeurs libéraux se sont tournés vers la CAQ. Évidemment, certains anciens sympathisants de notre formation se sont également tournés vers la CAQ », a-t-il ajouté. William Fradette a l’intention de rester bien près de l’exécutif péquiste dans Lac-Saint-Jean. Bachelier en droit, il envisage l’option de l’École du Barreau.

+

GIRARD OPTIMISTE, HUOT PHILOSOPHE

(Jonathan Hudon) – Bouleversée par la vague caquiste qui a déferlé sur l’ensemble du Québec lundi soir, y compris dans Lac-Saint-Jean, la candidate de Québec solidaire, Manon Girard, a tout de même pris les résultats avec optimisme.

Après 143 des 148 bureaux de vote dépouillés, Mme Girard avait récolté 3817 voix, soit le troisième plus haut total derrière le gagnant Éric Girard (CAQ) et William Fradette (PQ). Elle a ainsi supplanté le libéral Mathieu Huot.

« C’est sûr qu’un gouvernement de la CAQ, ça me brise le coeur parce qu’on n’investit pas dans l’environnement et dans l’éducation, a résumé Manon Girard. J’en ai pleuré. Par contre, Québec solidaire a fait du chemin. Beaucoup de candidats ont terminé deuxièmes et pour ma part, je suis assez fière. On peut être fiers de la campagne qu’on a menée. C’est emballant. »

Celle qui en était à sa première campagne entend continuer à militer pour les valeurs solidaires. « Le combat de société est encore bien présent », a laissé tomber Manon Girard.

« Une belle soirée » pour Mathieu Huot

De son côté, le libéral Mathieu Huot acceptait les résultats avec philosophie, faisant remarquer que pour son jeune âge (22 ans), sa performance était tout à fait louable. Candidat de Lac-Saint-Jean, le jeune homme avait choisi d’être à Saint-Félicien en compagnie de son chef Philippe Couillard, lundi soir.

« On gagne toujours à connaître nos électeurs et en apprendre sur leurs réalités, surtout quand on a l’intention de s’impliquer au Québec, a-t-il réagi. Je suis très fier de ma campagne. J’ai mené une bonne compagne et mes adversaires aussi. Rendu là, on ne peut pas être contre le choix d’une démocratie. »

Le jeune entrepreneur n’était pas déçu pour autant de terminer au troisième rang parmi les candidats en lice. Il a rappelé que Québec solidaire avait rallié un nombre d’indépendantistes dans une circonscription historiquement souverainiste.

« Ça serait un peu hypocrite de dire que les gens n’ont pas le droit d’aller vers Québec solidaire », a-t-il mentionné.