Le vérificateur général de Saguenay, François Gagnon, dont le mandat se termine le 31 août, a émis de nombreux constats sur des problèmes administratifs relevés dans les opérations de Promotion Saguenay.

Ghislain Harvey n’avait pas de comptes à rendre

En 2015, les membres du comité exécutif de Promotion Saguenay ont adopté une résolution accordant au président-directeur général Ghislain Harvey tous les pouvoirs pour administrer l’organisme, incluant de ne soumettre à aucune autorité ses propres comptes de dépenses.

Le vérificateur général de Saguenay, François Gagnon, a produit mardi le rapport des vérifications menées au sein de l’organisme de développement économique à la demande de la Ville pour les années 2016 et 2017. D’entrée de jeu, le vérificateur précise que son travail a porté sur les politiques et procédures, l’efficacité des contrôles exercés pour les processus administratifs et la vérification par sondage des dépenses imputées à certains cadres.

Le vérificateur précise qu’il n’a relevé aucune irrégularité dans le cadre de son mandat qui couvrait aussi Diffusion Saguenay et la Société de gestion de la Zone portuaire. Il a cependant émis de nombreux constats sur les façons de faire et en particulier celui des pouvoirs inhabituels accordés à Ghislain Harvey. Il laisse au ministère des Affaires municipales le soin de dévoiler les résultats des travaux réalisés sur la gouvernance et l’octroi des subventions.

Pour ce qui est du niveau d’approbation des dépenses, le vérificateur a identifié une problématique dans les cas où des engagements étaient pris sur deux ou trois ans. Les montants de 10 000 $ et moins tombent sous la responsabilité des cadres supérieurs, ceux de 10 000 $ à 100 000 $ étaient soumis à l’exécutif et 100 000 $ et plus relevaient du conseil d’administration. Il est arrivé que le comité exécutif autorise sur deux ans le versement de plus de 100 000 $ à une même entité, jouant ainsi le rôle du conseil d’administration.

Le vérificateur a passé en revue les comptes de dépenses et les politiques qui régissent cet aspect de l’administration. Il a constaté que la vice-présidente exécutive, Priscilla Nemey, avait produit uniquement à l’automne 2017 les rapports de dépenses de sa carte de crédit corporative. De plus, ces rapports de dépenses n’ont fait l’objet d’aucune approbation administrative. Les montants ont été jugés conformes par le vérificateur.

La rémunération du personnel a aussi été passée au peigne fin. Le vérificateur n’a trouvé aucune trace des documents autorisant les augmentations des salaires des cadres pour les années 2016-2017. L’ex-patron Ghislain Harvey s’est fait rembourser ses congés de maladie accumulés le 31 décembre au début de l’année suivante, profitant ainsi de l’indexation annuelle de son salaire pour le remboursement des montants, contrairement aux autres cadres de l’organisme. Toujours en ce qui concerne M. Harvey, le vérificateur n’a retracé aucune preuve, dans les documents (procès verbaux du CA) consultés, sur la nature des modifications du contrat de ce dernier après son approbation par le comité exécutif en janvier 2015.

En matière de dons aux organismes, le vérificateur général a constaté qu’il n’existait aucun critère pour attribuer les aides financières. Il était fréquent qu’un organisme bénéficie la même année de dons de Promotion Saguenay et de la Ville.

Le vérificateur général a confirmé au terme de son point de presse qu’il n’avait relevé aucune problématique majeure au sein de Diffusion Saguenay et de la Zone portuaire. Il s’agit en gros d’absence de politique pour le fonctionnement interne.