La fermeture du site d'enfouissement AES de Chicoutimi, exploité par la firme Matrec, est prévue le 30 novembre.

Gestion des matières résiduelles: 2017, une année de changements

L'année 2017 devrait être celle de grands changements dans le dossier de la gestion des matières résiduelles au Saguenay-Lac-Saint-Jean. La fermeture du site d'enfouissement AES de Chicoutimi, exploité par la firme Matrec, est prévue le30 novembre. Saguenay et la MRC du Fjord-du-Saguenay achemineront alors leurs matières au site d'enfouissement d'Hébertville-Station. La municipalité du Lac-Saint-Jean exploitera le seul site d'enfouissement régional en vertu de l'entente signée en novembre 2015.
Le tonnage de déchets à enfouir devrait augmenter pour passer de 70 000 à environ 180 000 tonnes en ajoutant les 105 000 tonnes provenant de Saguenay et de la MRC.
Stéphanie Fortin, porte-parole de la Régie des matières résiduelles du Lac-Saint-Jean (RMR), rappelle qu'en mai dernier, une démarche de consultation auprès des populations avoisinantes concernant l'agrandissement du site d'Hébertville-Station a été réalisée. Les conclusions devraient être livrées au printemps prochain.
Mme Fortin précise que l'agrandissement du site d'Hébertville-Station nécessite un processus étalé sur plusieurs années puisqu'il est soumis aux règles d'évaluation environnementale du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), ce qui implique plusieurs années de travail. 
Avant d'en arriver là, la régie doit faire les études de caractérisation qui permettront de déterminer quelle sera la zone d'agrandissement.
Changement au décret
Dans un avenir immédiat, la Régie n'en est pas là puisque la priorité de l'année 2017 est de faire modifier par le gouvernement du Québec le décret encadrant la gestion du site d'Hébertville-Station, où la limite d'enfouissement est de 70 000 tonnes de matières résiduelles annuellement, explique Mme Fortin.
Les gestionnaires du site d'Hébertville-Station ont procédé l'automne dernier à l'ouverture de la quatrième des 13 cellules prévues pendant la durée de vie du site.
Matrec
Pendant ce temps, au Saguenay, la société privée Matrec poursuit normalement ses activités d'enfouissement sur le site longeant le boulevard Talbot. Matrec prend les précautions nécessaires pour ne pas manquer d'espace d'ici novembre, date prévue de la fin d'exploitation du site. Pour ce faire, Matrec se prévaut des autorisations gouvernementales pour expédier à son site de Saint-Tite, jusqu'en février prochain, un volume de 25 000 tonnes de déchets commerciaux.
Parallèlement, l'entreprise poursuit également l'aménagement de la nouvelle route d'accès à son site d'enfouissement de Larouche. L'investissement de sept à 10 millions $ réalisé par Matrec se poursuit même si, officiellement, elle aura terminé son mandat d'enfouissement en novembre avec Saguenay. Cette nouvelle route de huit kilomètres vise à mettre fin en partie à l'utilisation de la route Dorval, qu'avait permis la municipalité de Larouche.
Pour le moment, le site de Larouche ne reçoit que des terres décontaminées. Rappelons qu'à la fin des années 90, ce site avait été identifié pour recevoir les déchets de Saguenay en raison de son potentiel d'exploitation d'une durée de 80 ans.
Saguenay : le maire Jean Tremblay ne s'inquiète pas
Du côté de Saguenay, le maire Jean Tremblay n'affiche aucune inquiétude quant aux démarches devant conduire au transfert de l'enfouissement des matières résiduelles vers Hébertville-Station, mais ajoute du bout des lèvres qu'il faut prévoir un plan B, au cas où les discussions et démarches se prolongeraient. « Je ne rendrais pas service aux citoyens si je disais que j'ai un plan B. Si je faisais une déclaration concernant un plan B, c'est parce que je sentirais que j'en ai besoin », déclare-t-il.
Le maire émet l'hypothèse d'une négociation possible avec la société Matrec pour qu'elle enfouisse les déchets de Saguenay pendant une certaine période en cas de besoin, mais avoue que Saguenay pourrait frapper un mur puisque Matrec aurait préféré être choisi pour exploiter son site de Larouche. « Ce dossier n'est pas ma première inquiétude. En 20 ans comme maire, il n'est pas arrivé souvent que je négocie une telle entente, mais on peut pogner un fonctionnaire tellement zélé. C'est tellement logique d'envoyer les déchets à Hébertville-Station, d'autant plus que le gouvernement tend à régionaliser la gestion des matières résiduelles », conclut-il.