Les cyclistes n'ont pas roulé dans les meilleures conditions, vendredi.

GDPL: une étape à la fois, au froid et sous la pluie

La journée de vendredi a été lancée par deux nouveautés au Grand défi Pierre Lavoie. Les cyclistes ont quitté Québec dans le confort du Centre Vidéotron, en route vers Pont-Rouge, une ville jamais visitée auparavant par le 1000 km.
Les mauvaises langues diront qu'à défaut d'avoir une équipe de la Ligue nationale de hockey, l'amphithéâtre flambant neuf aura au moins attiré le Grand défi Pierre Lavoie! Blague à part, cela a fait le bonheur des cyclistes, au moment où pluie et vents balayaient la Capitale nationale, vendredi matin.
Une fois parti, une dose d'amour attendait le peloton. Lors du parcours d'un peu plus de 40 kilomètres reliant Québec à Pont-Rouge, des élèves de plusieurs écoles primaires, inscrites au défi des Cubes énergie, s'étaient massés en bordure de route pour acclamer les cyclistes.
«Malgré la température, on rencontre plein de gens et ça fait toute la différence», a exprimé Pierre Lavoie, rencontré à Trois-Rivières, au terme d'une étape de 100 kilomètres qui s'amorçait à Pont-Rouge.
«C'était quelque chose de voir tous ces jeunes présents à Pont-Rouge, qui nous attendaient depuis une heure sous la pluie», a fait remarquer M. Lavoie, qui avait très bonne mine malgré la succession des étapes.
«Je dis toujours qu'on mange les étapes une à la fois, en gérant le froid, la pluie ou la longueur du trajet. Les cyclistes roulent bien, ils s'ajustent et l'organisation gère bien l'élasticité dans le peloton.»
Joé Juneau
Pierre Lavoie a fortement apprécié de pouvoir rouler en compagnie de son bon ami Joé Juneau lors des deux premières étapes de vendredi. L'arrêt à Pont-Rouge se faisait d'ailleurs au Centre récréatif Joé-Juneau. 
L'ancien hockeyeur poursuit sa mission au Nunavik avec son programme de hockey pour venir en aide aux jeunes Inuits.
«Ce qu'il fait, c'est un peu ce que je fais et il s'est tellement investi dans sa cause, a souligné Pierre Lavoie. On se soutient beaucoup et je suis content qu'on ait pu rouler ensemble.»
Pierre Lavoie
Le QG2, les yeux derrière le peloton
Pendant chacune des étapes du 1000 km, l'attention est davantage portée à l'avant du peloton, où Pierre Lavoie et sa bande roulent sous les applaudissements de la foule et au son de la musique. Mais derrière, une équipe veille à ce que tout se passe de façon sécuritaire. 
Le QG2 est le premier véhicule qui suit le peloton. À son bord, le chauffeur Mario Néron, Claire Audet, Catherine Dallaire et Sébastien Lemieux travaillent en équipe afin de relayer toute l'information aux véhicules qui suivent. Les quatre sont originaires du Saguenay et Catherine est la seule qui en est à une première expérience au Grand défi.
Un véhicule de soins médicaux, une ambulance, une moto transportant un médecin, un autobus mécanique et un de récupération, pour les cyclistes forcés à l'abandon, complètent l'imposant convoi. 
Le journaliste du Progrès a eu la chance de passer une étape complète entre Trois-Rivières et Joliette, vendredi, afin de bien comprendre toute la logistique que ça implique. Une autre équipe de quatre prenait la relève à l'étape suivante.
«Le rôle du QG2 est de s'assurer de la sécurité des cyclistes et on a des responsabilités envers les véhicules qui nous suivent, expliqué Claire Audet. Quand on voit un cycliste s'arrêter sur le bord de la rue, on prend son numéro de plaque, on lui demande quel est son problème et on relaie l'information au bon véhicule derrière nous.»
En ce sens, si un cycliste s'arrête en raison d'un bris mécanique avant le ravitaillement, il peut réintégrer le peloton audit ravitaillement.
Si un cycliste s'arrête avant le ravitaillement parce qu'il se sent fatigué, il doit recevoir l'avis d'un médecin avant de pouvoir reprendre la route, s'il le désire.
Chaque personne qui prend place dans le QG2 a un rôle bien précis. L'une conduit (bien entendu), une autre relaie l'information à l'avant du peloton, l'autre fait la même chose, mais aux véhicules derrière le peloton, et la dernière comptabilise le numéro de chaque cycliste forcé à s'arrêter. Les quatre partenaires ont également la tâche de rester à l'affût.
«Il faut toujours garder l'oeil ouvert pour s'assurer de ne laisser personne derrière et le règlement est clair: un cycliste qui est dépassé par le QG2 est obligé de s'arrêter avant d'être récupéré», ajoute Claire Audet.
Le QG2 est aussi le véhicule de choix pour les encadreurs de l'organisation qui veulent laisser ou enlever des vêtements de rechange.
À Québec, les cyclistes ont passé du temps dans le confort du Centre Vidéotron avant de reprendre la route sous la pluie.
En bref
• Petit retour sur le trajet entre La Baie et L'Étape, jeudi soir. Très peu d'abandons ont été signalés, et même Pierre Lavoie a réussi à combattre le froid. Il a changé ses vêtements au ravitaillement, de sorte qu'il a pu se garder au chaud. « Dans les dernières années où on passait par le Parc, je devais mettre le pied à terre à cause des frissons », a-t-il mentionné...
• L'auteur de ces lignes a eu la chance de sortir son vélo entre Pont-Rouge et Trois-Rivières, vendredi, sur une distance de 100 km. Le tout gracieuseté de l'organisation du Grand défi. Une belle étape, d'autant plus que la pluie a cessé à mi-chemin ! On remet ça samedi soir, entre Gatineau et Montebello...
• Bistro Café Summum de La Baie a déniché le contrat de préparer le souper d'avant départ, jeudi, au quai d'escale. Environ 1800 repas ont été préparés. Comme plat principal, les participants avaient une lasagne au canard à se mettre sous la dent. Les propriétaires, Maxence Raymond et Benedict Morin, se réjouissaient d'avoir pu obtenir ce contrat, pour une organisation qui fait la promotion des saines habitudes de vie. Le restaurant commandite d'ailleurs une équipe du 1000 km...
• L'étape entre Trois-Rivières et Joliette a laissé des traces. Le parcours de 130 km a forcé une trentaine de cyclistes à lancer la serviette avant l'arrivée. De ce nombre, on compte également des bris mécaniques...
• La journée de samedi s'annonce chargée, d'autant plus que vendredi, les cyclistes ont franchi Joliette à Sainte-Agathe-des-Monts, sur 106 km, au petit matin. Donc samedi, ils attaquent les pentes les amenant à Mont-Tremblant, avant la plus longue étape de l'histoire du Grand défi. De Mont-Tremblant à Gatineau, on parle d'un parcours de 144 km...