Marie-Christine Demers, directrice principale, affaires publiques et relations avec les communautés chez Gazoduq.

Gazoduq promet un fonds de 10M$ par année au Saguenay-Lac-Saint-Jean

La société Gazoduq, l’une des constituantes du projet global de terminal méthanier à Grande-Anse, va créer un fonds de soutien au milieu de 6,1 millions $ à partir des sommes qu’elle économisera en l’absence de taxe foncière pour les tronçons du gazoduc qui seront situés sur les terres publiques.

L’annonce a été faite jeudi, à Chicoutimi, par la directrice des affaires publiques, Marie-Christine Demers. Le Québec ne prévoit pas de taxe foncière sur des infrastructures comme un gazoduc sur les terres publiques. Cette somme annoncée représente exactement ce qu’elle aurait eu à payer pour une infrastructure similaire dans les autres juridictions canadiennes. 

Du montant global, l’entreprise a déjà déterminé qu’une somme de 520 000 $ sera versée à la Fondation communautaire du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Ce montant sera toujours maintenu à ce niveau. La Fondation de l’Université du Québec à Chicoutimi recevra quant à elle 897 000 $ sur une base récurrente.

La balance, soit une somme de 4,7 millions $, ira pour les municipalités dont le tracé du gazoduc traverse les limites. Saguenay va recueillir le plus important montant avec une somme d’approximativement 4,1 millions $ alors que les autres municipalités se partageront 600 000 $.

En plus de cet argent, la région touchera 3,7 M$ en taxes que l’entreprise devra payer là où le gazoduc passera sur des terres privées, pour un total de près de 10 M$.

Retombées au Québec

Gazoduq a dévoilé un plan qui s’appliquera pour l’ensemble des communautés du Québec concernées par le projet. Au final, ses retombées en taxes seront de l’ordre de 36 M$ par année au Québec et en Ontario.

« La gestion du fonds sera confiée à un organisme indépendant », a assuré Marie-Christine Demers. L’entreprise ne veut surtout pas intervenir dans le choix des projets ou la destination finale de l’argent. Selon la directrice des affaires publiques chez Gazoduq, l’entreprise a choisi d’injecter ces sommes additionnelles pour compenser l’absence de fiscalité pour les équipements situés sur les terres publiques et le choix des projets doit être fait de façon indépendante.

L’entreprise lancera au cours des prochains jours des consultations dans la région sur les meilleures façons de procéder à la gestion des fonds, toujours en tenant compte de l’obligation d’ériger un mur entre Gazoduq et ceux qui auront à décider de leur utilisation.

Le président du comité des finances de Saguenay, Michel Potvin, a accueilli avec satisfaction cette initiative. « Nous prélevons dans nos revenus 240 millions $ en taxes. Il est certain qu’un montant de 4 M$ est très important pour la ville », affirme le conseiller municipal.

Ce dernier croit que le geste posé par Gazoduq, soit d’ajouter une somme qu’elle n’est pas obligée de verser, en plus d’accorder de l’importance à deux fondations, témoigne des intentions de l’entreprise d’investir dans le milieu. Il affirme qu’il s’agit d’un message positif pour la communauté.

« On peut toujours être contre le projet. Mais il faut savoir que s’il n’est pas réalisé à Saguenay, ils vont le faire ailleurs et l’argent va prendre la direction des États-Unis. C’est un choix », a conclu Michel Potvin.