La commission d’enquête du BAPE sur le projet Énergie Saguenay de GNL Québec, qui débutait ses consultations à Chicoutimi, avait été annulée à la mi-mars en raison de la pandémie. Il serait également «impensable» selon la Coalition Fjord de tenir ces consultations si la crise sanitaire est toujours en cours à l’automne.
La commission d’enquête du BAPE sur le projet Énergie Saguenay de GNL Québec, qui débutait ses consultations à Chicoutimi, avait été annulée à la mi-mars en raison de la pandémie. Il serait également «impensable» selon la Coalition Fjord de tenir ces consultations si la crise sanitaire est toujours en cours à l’automne.

Gazoduq: des groupes environnementaux réclament la suspension des consultations

Myriam Gauthier, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Myriam Gauthier, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Le Quotidien
Plus d’une trentaine de groupes citoyens, sociaux et environnementaux de la province et du pays réclament la suspension des consultations publiques sur le projet Gazoduq, lié à GNL Québec, jusqu’à la fin de la crise sanitaire, dans une lettre envoyée aux ministres québécois et canadien de l’Environnement.

« Dans le contexte de la pandémie mondiale de la COVID-19 et du confinement social qui en découle, rien de justifie un tel empressement à lancer une consultation publique pour ce projet industriel hautement controversé. Les mesures sanitaires encore en vigueur empêchent de nombreuses personnes de participer pleinement aux consultations publiques en cours », affirment les signataires de la lettre, dans un communiqué émis vendredi matin.

Cette demande concerne l’annonce de l’Agence d’évaluation d’impact du Canada, le 15 mai, du début de la période de consultation sur la version provisoire du mandat de la commission d’examen intégré ainsi que sur l’entente de collaboration Canada-Québec pour Gazoduq, qui concerne la portion du gazoduc de 780 kilomètres du projet lié à GNL Québec.

La Coalition Fjord, organisme du Saguenay-Lac-Saint-Jean qui s’oppose au projet, et son co-porte-parole, Adrien Guibert-Barthez, figurent en tête de liste des signataires du document adressé au ministre de l’Environnement du Québec Benoit Charette et au ministre canadien de l’Environnement Jonathan Wilkinson.

« Il s’agit d’un projet industriel immense pour le Québec, et ses impacts sont majeurs pour l’ensemble des Québécois et Québécoises. Le projet suscite de nombreuses craintes, inquiétudes et manifestations à travers le Québec depuis un an et demi déjà », soulignent les signataires dans le document.

Ils réclament la suspension des consultations publiques sur cette portion du projet d’exportation de gaz naturel de l’Ouest canadien totalisant 14 G $ « jusqu’à ce que l’état de crise sanitaire soit levé » et estiment que la crédibilité des évaluations serait minée par la « vive frustration » qui serait causée par la limitation de la participation qu’ils appréhendent en raison de la pandémie.

Dominique Champagne, du Pacte pour la transition, fait partie des signataires de la lettre, qui obtient également l’appui d’organismes comme Équiterre, la Coalition anti-pipeline de Rouyn-Canada, Greenpeace Canada, ou encore la Fondation David Suzuki.

Tommy Tremblay, directeur général du Conseil de l’environnement et du développement durable du Saguenay-Lac-Saint-Jean, signe également la lettre.

BAPE

Rappelons qu’au début de la semaine, le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) a annoncé la reprise de son mandat en septembre dans le dossier du projet d’Énergie Saguenay, l’usine de liquéfaction de gaz naturel de GNL Québec, au port de Grande-Anse, à La Baie, au Saguenay. La commission d’enquête qui devait amorcer ses consultations à Chicoutimi avait été annulée à la mi-mars en raison de la pandémie.

Contacté à ce sujet par Le Progrès, le co-porte-parole de la Coalition Fjord Adrien Guibert-Barthez a indiqué qu’il serait également «complètement impensable de tenir une consultation dans ces conditions» si la crise sanitaire est toujours en cours à ce moment.