Une quarantaine de personnes ont assisté à la séance publique d’information du BAPE sur le projet de desserte en gaz naturel de la zone industrialo-portuaire de Saguenay qui se tenait, mercredi soir, à La Baie.

Gazoduc: les citoyens inquiets des fuites

Près d’une quarantaine de personnes ont assisté à la séance publique d’information sur le projet de desserte en gaz naturel de la zone industrialo-portuaire (ZIP) de Saguenay qui se tenait mercredi soir à La Baie. Les citoyens se sont montrés préoccupés par les risques de fuite de gaz naturel du projet d’Énergir. La provenance des gaz a également été au coeur des préoccupations lors de l’activité pilotée par le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE).

La séance publique d’information orchestrée à la demande du ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charette, a été l’occasion pour les citoyens de s’informer sur le projet et le rôle du BAPE ainsi que de questionner les représentants d’Énergir. La soirée, qui avait lieu à l’Auberge des 21, s’est déroulée sans débordement alors que tous les échanges ont été courtois.

Rappelons qu’Énergir projette de prolonger son actuel réseau de 11 000 kilomètres par la construction d’un gazoduc de 13,8 kilomètres dans le secteur de La Baie. Le projet du principal fournisseur en gaz naturel du Québec vise à alimenter en gaz naturel la ZIP de Saguenay.

Le gazoduc comprendrait une conduite de transmission de 9,2 km ainsi qu’une conduite d’alimentation. Le tracé visé débuterait à partir du réseau existant d’Énergir dans le secteur de Bagotville. Celui-ci longerait, en grande partie, la voie ferrée appartenant à l’Administration portuaire du Saguenay, et ce, jusqu’à la zone industrialo-portuaire de Saguenay. Le projet, dont la construction s’échelonnera sur une période de huit mois, nécessitera également l’installation d’un poste de vannes, d’un poste de livraison ainsi que d’un poste de mesurage.

Le directeur des projets majeurs chez Énergir, Robert Rousseau, a, dans le cadre de sa présentation, détaillé le projet. Il a, entre autres, expliqué les répercussions anticipées et les mesures atténuantes. M. Rousseau a cité en exemple les compensations financières et les projets de compensation reliés aux pertes de milieux humides et de superficie forestière.

Des citoyens, des représentants de la Coalition Fjord et d’autres organismes ont pris la parole à une dizaine de reprises lors de la période de questions.

Questionné par Anne Gilbert-Thévard de la Coalition Fjord quant au nombre d’entreprises que pourrait fournir la conduite, Robert Rousseau a répondu que « le premier client qui s’installe et le seul qu’on connaît, pour l’instant, c’est Métaux BlackRock. L’objectif d’alimenter la zone IP, c’est d’attirer d’autres clients avec la présence du gaz dans la zone industrielle ».

Des représentants politiques ainsi que des membres de la communauté d’affaires participaient également au rendez-vous du BAPE.

Plusieurs étapes

La période d’information publique du projet de 30 millions de dollars se poursuit jusqu’au 9 mai prochain. Pendant cette période, les citoyens, organismes ou municipalités peuvent faire la demande d’une consultation publique ou de médiation.

Par ailleurs, les citoyens ont accès, pendant cette même période, à l’étude d’impact qui est disponible en version papier à la bibliothèque de La Baie. Le dossier complet est également accessible sous sa version électronique via le site Internet du Registre des évaluations environnementales.

Au terme de la démarche, des recommandations seront formulées par le ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques au Conseil des ministres, à qui revient la décision d’autoriser le projet.