Le député péquiste Sylvain Gaudreault s’est rendu à Madrid pour prendre part à la COP25. Il en profité pour visiter des indépendantistes catalans.
Le député péquiste Sylvain Gaudreault s’est rendu à Madrid pour prendre part à la COP25. Il en profité pour visiter des indépendantistes catalans.

Gaudreault visite des indépendantistes catalans emprisonnés en Espagne

Émilie Morin
Émilie Morin
Le Quotidien
Sylvain Gaudreault a profité de son passage en Espagne pour visiter des politiciens catalans indépendantistes emprisonnés non loin de Barcelone, capitale de la Catalogne.

Joint vendredi soir, M. Gaudreault a expliqué avoir obtenu une permission spéciale pour pouvoir rencontrer les prisonniers, détenus à une heure de Barcelone. Sur la trentaine de prisonniers politiques, une dizaine sont députés, incarcérés sous différents prétextes en raison de leurs idées indépendantistes.

Le candidat à la chefferie du Parti québécois s’est dit « très touché » par les gens « courageux » qu’il a rencontrés. « C’est important pour moi. Si j’étais en Espagne, ça pourrait être moi. »

M. Gaudreault explique avoir eu plusieurs réticences à se rendre à Madrid en raison du traitement de l’Espagne envers les Catalans depuis le référendum de 2016 sur l’indépendance. Les mouvements d’oppression de la part du gouvernement espagnol ont donné froid dans le dos à plusieurs Québécois qui font un parallèle entre les projets d’indépendance catalans et québécois. M. Gaudreault raconte d’ailleurs que plusieurs indépendantistes détenus l’ont questionné sur le sujet de l’indépendance du Québec. Le député péquiste s’est aussi fait demander d’intervenir auprès de Justin Trudeau au sujet de Carles Puidgemont afin que l’ex-premier ministre catalan puisse venir au Canada. « Ce n’est pas le même palier de gouvernement, M. Trudeau est au fédéral, nous sommes au provincial, mais je l’invite à faire preuve de plus de tolérance. Par contre, le Bloc québécois peut-être une belle instance », explique M. Gaudreault, mentionnant que sa visite a été soulignée par un journal local.

Confusion sur l’environnement

Alors que le ministre de l’Environnement, Benoit Charrette, a choisi de se présenter à la COP25 sans bilan québécois d’émission de gaz à effets de serre, Sylvain Gaudreault ajoute avoir « senti de la confusion » de la part de M. Charrette. « À un moment, il parlait de hausser les cibles de 2030, puis après il parlait de hausser les cibles de 2050, mais je me demande comment on va faire, puisque nos cibles sont déjà [une réduction de] 80 à 95 % [de nos émissions]. »

Pour M. Gaudreault, les moyens présentés par le Québec en ce moment sont « nettement insuffisants » pour faire face à l’urgence climatique. Selon lui, le Québec devrait « être un leader » dans la transition, un mandat qu’il croit possible grâce à la position du Québec par rapport aux énergies et aux ressources renouvelables, comme l’hydroélectricité et la forêt. « Je demande un plan d’action juste pour la transition écologique et économique, afin d’éviter que des [travailleurs] soient laissés de côté [par le changement des pratiques]. Il faut que les travailleurs deviennent des acteurs plutôt que des spectateurs. » M. Gaudreault demande au gouvernement Legault de « dresser le portrait des impacts de la transition écologique et des occasions qu’elle crée », notamment en donnant un mandat la Commission des partenaires du marché du travail.