Claude Collard, président de l’Association pour la protection du lac Kénogami (APLK), Sylvain Gaudreault, député de Jonquière, et André Douillard, représentant d’un groupe d’une centaine de villégiateurs, ont déposé trois demandes au gouvernement caquiste.

Gaudreault appuie les revendications

Le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, est invité à s’impliquer dans le dossier de la création d’une aire protégée au sud du lac Kénogami. L’invitation tient aussi pour le gouvernement dont il fait partie en ce qui a trait au plan spécial de coupe forestière afin de lutter contre la tordeuse des bourgeons de l’épinette (TBE).

Lors d’une conférence de presse tenue à la chapelle de Lac-Kénogami, André Douillard, représentant d’un groupe d’une centaine de villégiateurs, Claude Collard, président de l’Association pour la protection du lac Kénogami (APLK), et Sylvain Gaudreault, député de Jonquière, ont déposé trois demandes au gouvernement caquiste.

La première vise à ce que le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs révise le plan spécial afin d’exclure l’abattage et la récolte d’arbres qui ne sont pas affectés par la TBE sur le territoire de l’aire protégée à l’étude.

Il est demandé qu’aucune nouvelle opération forestière ne soit autorisée jusqu’à ce que le ministère de l’Environnement prenne une décision finale au sujet de la création de l’aire protégée.

La troisième demande vise à ce que le ministère des Forêts s’engage à collaborer et à éviter toute obstruction au processus de l’aire protégée, un dossier qui traîne dans le paysage depuis 2014.

D’entrée de jeu, M. Douillard a déclaré que le groupe qu’il représente ne s’oppose pas à l’exploitation responsable de la forêt ainsi qu’à la récupération des tiges atteintes par la TBE. « Dans une attitude de compromis, on est prêts à regarder ce qui va se passer dans l’aire protégée projetée. On dit non à la coupe d’arbres sains et non affectés par la TBE. Dans une aire protégée, on doit laisser aller la nature », a-t-il déclaré.

Du côté de l’APLK, M. Collard a réitéré que son groupe mène la lutte depuis une douzaine d’années pour que le consensus autour de la demande régionale de création de l’aire protégée puisse être menée à terme. « Malheureusement, le plan spécial de coupe est venu anéantir tous les efforts qu’on a déployés. Actuellement, seulement 6 % du territoire du Saguenay-Lac-Saint-Jean est constitué en aires protégées. »

M. Collard a ajouté ignorer les résultats de la consultation tenue ce printemps au sujet du plan de coupe et ne pas savoir si le ministère en a tenu compte pour apporter des modifications. « On a mis des milliers d’heures de travail dans ce dossier et on est encore dans le néant pour savoir ce qu’il va advenir du plan initial. »

Lors de son intervention, le député Gaudreault a appuyé les revendications des groupes de villégiateurs et citoyens tout en affirmant que le débat entre les ministères de l’Environnement et de la Forêt sur la création de l’aire protégée perdure et continue de stagner. « C’est un débat entre les deux ministères qui travaillent en silo chacun de leur côté. J’en appelle au leadership du ministre de l’Environnement puisque c’est à lui que revient la responsabilité de créer les aires protégées. »

Il a ajouté que la tenue par la CAQ de son prochain congrès sous le thème de l’environnement serait une excellente occasion d’aller de l’avant avec des annonces.

Par ailleurs, M. Douillard a évoqué la possibilité que son groupe puisse se présenter devant les tribunaux afin de forcer Québec à modifier le plan de coupe. Pour le moment, il a exclu toute action juridique tant que Québec n’aura pas émis son décret pour l’autoriser.