Garneau craintif

Le grand patron de Produits forestiers Résolu, Richard Garneau, s'inquiète beaucoup des répercussions que va causer la suspension de la norme environnementale FSC sur la vente des produits provenant des usines de la région en 2014.
« Je ne peux pas prédire quels seront les effets sur les ventes, mais comme il y a d'autres usines en Amérique du Nord qui proposent les mêmes produits que Kénogami, Alma et Dolbeau, il y a probablement de nos clients qui vont vouloir des produits qui ne proviennent pas de la forêt boréale pour ne pas avoir de trouble », a-t-il mentionné lors d'une entrevue accordée au Quotidien dans le cadre du dévoilement des résultats financiers de la dernière année.
Richard Garneau à l'impression d'avoir « un fusil sur la tempe » avec toute cette pression menée par les groupes environnementaux envers la compagnie. Inévitablement, c'est le Québec et surtout la région qui risque d'écoper. « Pour la norme FSC, c'est hors de note contrôle. On espère seulement que le gouvernement va réussir à régler le dossier avec les autochtones et le caribou forestier. On doit attendre et on ne peut rien faire. C'est la compagnie et les communautés qui vont en payer le prix », concède-t-il.
Il se dit heureux que des élus de la région aient réclamé un moratoire sur les aires protégées. Il espère qu'ils vont continuer à montrer les dents face aux attaques de Greenpeace. « C'est l'avenir de leur communauté qui est en jeu. Le développement durable, c'est aussi l'aspect social lié à l'activité économique. Il ne faut pas que les élus se laissent bâillonner par des gens de Montréal, Vancouver ou Seattle qui veulent décider de la manière de gérer la forêt boréale », lance comme message le grand patron, en référence aux groupes environnementaux.
Même si Résolu affiche des bénéfices de 110 M$ pour le dernier trimestre de 2013 et 337 M$ pour l'année, Richard Garneau n'est pas pleinement satisfait de ces résultats. « C'est un pas dans la bonne direction, mais il faut générer plus de bénéfices en 2014 afin de pouvoir dégager de l'argent pour investir dans nos installations », a-t-il commenté.
Ces bénéfices se sont transformés en perte de 639 M$ avec le calcul de différents frais d'amortissements et des charges d'impôts. La bonne nouvelle se situe du côté de la baisse de la valeur du dollar canadien, ce qui permet à l'entreprise de générer plus de revenus des ventes canadiennes.
Le secteur de la pâte commerciale va bien avec un bénéfice d'exploitation de 16 M$ pour le quatrième trimestre de 2013 et de 42 M$ pour l'ensemble de l'année. Ce qui est une bonne nouvelle pour l'usine de Saint-Félicien.
Dans le cas du papier journal, Résolu s'est bien défendu avec des profits de 19 M$, 6 M$ de plus que pour le trimestre précédent. Les ventes ont chuté de seulement 4%, comparées à 9% pour l'ensemble de l'industrie.
Le bénéfice d'exploitation du secteur papiers pour usages spéciaux s'est élevé à 11 M$ pour le quatrième trimestre de 2013, soit 3 M$ de moins que pour le trimestre précédent.
Bois d'oeuvre ontarien favorisé
Bien que le marché du bois d'oeuvre est en progression, ce n'est pas le Québec et la région qui va en profiter en 2014.
« Avec le nouveau régime forestier, ça coûte plus cher et on a moins de bois. Il y beaucoup de bois en Ontario. C'est dans cette province que nous allons accroître nos expéditions », informe Richard Garneau. D'ailleurs, la compagnie construit une nouvelle scierie et a investi beaucoup d'argent dans la modernisation d'une autre en Ontario pour répondre à la demande.
Le secteur du bois d'oeuvre et bois d'ingénierie a dégagé un bénéfice d'exploitation de 41 M$ pour l'exercice 2013, une hausse de 15 M$ par rapport à 2012.