Les parents d’enfants qui fréquentent une garderie en milieu familial subventionnée devra trouver un plan B, le 10 septembre prochain.
Les parents d’enfants qui fréquentent une garderie en milieu familial subventionnée devra trouver un plan B, le 10 septembre prochain.

Garderies en milieu familial subventionnées: grève illimitée à partir du 21 septembre

Laura Lévesque
Laura Lévesque
Le Quotidien
Les parents d’enfants qui fréquentent une garderie en milieu familial subventionnée devront trouver un plan B, le 10 septembre prochain. Et peut-être même pour plusieurs autres jours. Les éducatrices du Saguenay-Lac-Saint-Jean tiendront une journée de grève, le 10 septembre, et si rien ne change, elles seront en grève illimitée à compter du 21 septembre prochain.

« Je tiens à m’adresser aux 2700 familles touchées par ce conflit. Les seuls et uniques responsables du fiasco de ces négociations, ce sont le gouvernement et les élus de la Coalition avenir Québec. Ils s’entêtent à vouloir maintenir 10 000 femmes et hommes sous le salaire minimum. Nous avons besoin de vous pour faire bouger les choses. Nos membres sont épuisées et à bout de souffle par le manque de reconnaissance. Elles quittent la profession par centaines. Aujourd’hui, il est minuit et une : nous n’avons plus rien à perdre et les parents doivent se préparer à un arrêt de service qui pourrait se prolonger », exprime, par voie de communiqué, la présidente des Alliances des intervenantes en milieu familial (ADIM) du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Julie St-Arnaud.

Cette dernière accuse la CAQ de prendre en « otage les parents », en n’acceptant pas de hausser significativement le salaire des responsables de garderie en milieu familial.

« En raison des piètres conditions de travail, ils privent chaque année les parents de la région d’environ 1500 places à 8,35 $/jour en raison du manque de main-d’œuvre. Depuis l’arrivée de la CAQ au pouvoir, le nombre de places occupées à contribution réduite a régressé », déplore Mme St-Arnaud.

Selon ses chiffres, les Responsables en services éducatifs en milieu familial (RSE) sont actuellement rémunérées sous le salaire minimum. Elles gagneraient l’équivalent de 12,42 $/h et la dernière offre du ministère aurait fait passer leur salaire à l’équivalent de 12,83 $/h. Les syndicats demandent un montant de 16,75 $/h.

Ce salaire de moins de 13 $ de l’heure serait calculé en se basant sur un horaire de 50 heures semaine. Sur le site du ministère de la Famille, on peut lire qu’une responsable de service de garde reçoit près de 30 $ par enfant par jour, en plus du 7 $ sur les quelque 8 $ que les parents déboursent. Une responsable, qui ouvre sa garderie pendant 236 jours (avec 25 jours de congé subventionnés) et qui reçoit six enfants à la maison devrait recevoir un revenu de 50 000 $ (valeur de 2014). Mais selon l’ADIM, le gouvernement oublie d’inclure les dépenses reliées à ce travail, dont la nourriture pour les enfants, les jeux et maintenant, les heures supplémentaires reliés à la désinfection des lieux.

L’ADIM Saguenay–Lac-Saint-Jean rappelle qu’il y a quelques mois, le gouvernement a soumis une offre finale et globale « dégradante » qui a été rejetée par les responsables.

« La balle est dans le camp du gouvernement. Nos représentantes sont prêtes à le rencontrer jour et nuit s’il le faut pour dénouer l’impasse et éviter les interruptions de service, mais nous ne pouvons accepter des offres appauvrissantes pour nos membres », termine Mme St-Arnaud.