Garderies en milieu familial: les responsables manifestent

Anne-Marie Gravel
Anne-Marie Gravel
Le Quotidien
Les responsables en services éducatifs en milieu familial (RSE) du Saguenay-Lac-Saint-Jean ont manifesté malgré la pluie abondante, jeudi, journée de grève au Saguenay-Lac-Saint-Jean-Chibougamau. Elles ont rappelé leurs revendications et réitéré leur intention de poursuivre les moyens de pression si une entente n’intervient pas avec le gouvernement.

Les RSE du Saguenay-Lac-Saint-Jean s’étaient donné rendez-vous à la Place du citoyen, jeudi matin. Elles ont traversé le pont Sainte-Anne avant de revenir à leur point de départ, pancartes en mains. Environ 125 RSE ont fait fi du mauvais temps pour revendiquer de meilleures conditions de travail.

«C’est une très très belle participation. La pluie n’a pas fait peur aux RSE. On parle d’une participation de près de 40%. Ça valait la peine», affirme Valérie Grenon, présidente de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec FIPEQ-CSQ.

Julie St-Arnaud, présidente de l’Alliance des intervenantes en milieu familial (ADIM) du Saguenay-Lac-Saint-Jean-Chibougamau, et Valérie Grenon, présidente de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ), sont heureuses du taux de participation des responsables en services éducatifs en milieu familial à la manifestation, jeudi matin, à Chicoutimi.

«Des RSE de Saint-Félicien, Dolbeau, Hébertville, Normandin et ailleurs sont venues. À Chibougamau, elles se sont rassemblées et ont distribué des tracts. C’est formidable comme participation», a ajouté Julie St-Arnaud, présidente de l’Alliance des intervenantes en milieu familial (ADIM) du Saguenay-Lac-Saint-Jean-Chibougamau.

Les négociations entre les RSE et le gouvernement ont été amorcées en mars 2019. Le vote de grève illimitée a été accordé le 8 mars dernier. La grève devait être amorcée le 1er avril, mais la COVID-19 a changé les plans.

«Les négociations ont repris pendant le confinement, on a fait de petites avancées, mais les gros enjeux ne sont pas réglés, explique Valérie Grenon. Ça piétine. On en est encore aux offres du printemps.»

Environ 125 responsables en services éducatifs en milieu familial ont manifesté leur mécontentement face aux négociations qui piétinent entre le gouvernement et la Fédération des intervenantes en petite enfance, à Chicoutimi, jeudi matin.

Une nouvelle journée de négociation est prévue vendredi entre la Fédération des intervenantes en petite enfance et le ministère de la Famille. «Vendredi, on retourne à la table de négociation. On souhaite que le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, aille chercher des mandats clairs. On ne veut pas perdre notre temps. On aimerait éviter la grève illimitée, mais s’il ne se passe rien, elle sera amorcée le 21 septembre. On est prêtes à négocier jour, soir et nuit. Il faut que ça bouge», insiste Valérie Grenon.

L’enjeu majeur de la négociation concerne le salaire des RSE qui gagnent 12,42$ de l’heure. Celles-ci revendiquent un salaire horaire de 16,75$.

Un deuxième point qui accroche concerne du temps pédagogique. À compter de novembre, les RSE devront monter un dossier pour chaque enfant avec rencontre de parents deux fois par an. Elles réclament du temps pédagogique afin d’accomplir la tâche en dehors des heures d’ouverture des services de garde.

Finalement, elles revendiquent le droit d’obtenir des subventions pour accueillir au moins deux enfants à besoins particuliers par service. «Il y a de plus en plus d’enfants avec diagnostic. On a droit à une subvention pour l’achat de matériel et d’équipement pour un seul enfant avec diagnostic par milieu de garde. Des enfants peuvent même être retirés d’un service de garde si un parent souhaite qu’il ait tout le matériel nécessaire et qu’un autre enfant bénéficie déjà de la subvention. C’est triste. On veut avoir droit à des subventions pour plus d’un enfant en cas de besoin. Cet argent ne va pas aux RSE, il va à l’enfant», insiste la présidente de la FIPEQ-CSQ.

Les porte-paroles affirment que les conditions de travail engendrent une pénurie de RSE. «On a perdu 150 milieux familiaux au Saguenay-Lac-Saint-Jean en quelques années. Actuellement, il y a 2500 postes à combler au Québec, déplore Julie St-Arnaud. Les RSE sortent pour leurs conditions, mais aussi pour le métier. À Jonquière, il n’y aura pas de cohorte cette année. Les RSE quittent le réseau.»

Selon la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec, 88 postes de RSE sont actuellement à pourvoir au Saguenay-Lac-Saint-Jean.