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Les enfants de la Garderie Nature rendent visite aux résidents du CHSLD de la Colline pour apporter de la joie et de l’amour.
Les enfants de la Garderie Nature rendent visite aux résidents du CHSLD de la Colline pour apporter de la joie et de l’amour.

Garderie Nature : solidarité et amour entre aînés et enfants

Samuel Duchaine
Samuel Duchaine
Le Quotidien
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« Qu’est-ce que la vie s’il n’y a pas de vraies relations humaines et de vraie solidarité ? » C’est la question que se pose la directrice générale de la Garderie Nature à Chicoutimi-Nord, Karine Gravel. C’est pour ça qu’elle et son équipe ont mis sur pied un projet de correspondance entre les amis de la garderie et les aînés du CHSLD de la Colline, voisin du centre de la petite enfance.

Depuis un peu plus d’un mois, les 78 enfants de la garderie préparent des bricolages et des surprises comme des chansons ou des danses, à l’intention de leurs voisins, en plus de leur rendre visite à la fenêtre de leur chambre. Les jeunes ont même décoré des arbres de Noël et les ont plantés eux-mêmes devant les fenêtres de leurs nouveaux amis, histoire d’égayer l’esprit des Fêtes dans le coeur des personnes âgées.

« Tout a débuté à l’Halloween, lorsque nous avons fait une parade d’enfants costumés autour du CHSLD. Nous avons constaté l’impact phénoménal de cette activité et il est devenu très clair que ce projet serait porteur autant pour les résidents que pour les enfants, mais aussi les familles et les employés de nos deux organisations », raconte Mme Gravel.

Le geste est particulièrement bien reçu au CHSLD. « Lorsque Garderie Nature nous a approchés pour nous proposer ce projet, nous avons été emballés et motivés par cette idée, sachant tout le bien potentiel pour les résidents. Ceux-ci sont très émus de faire partie de ce projet et heureux de savoir que des personnes pensent à eux », a affirmé l’éducatrice spécialisée au CHSLD de la Colline, Marie-Lou Bouchard Gauvin.

Une occasion d’apprendre

Karine Gravel avait ce projet en tête depuis les balbutiements de la Garderie Nature. Faute de temps, elle a dû attendre pour mettre en place le projet, mais il est bel et bien comme elle l’avait imaginé. « Ce sont des valeurs importantes à transmettre à de jeunes citoyens en formation et en même temps, ça bénéficie à la vie des aînés qui peuvent nous enseigner leurs apprentissages et recevoir la joie et le bonheur des enfants. »

Elle est cependant surprise de voir l’empathie naturelle qu’éprouvent des enfants d’un si jeune âge, une occasion parfaite pour discuter des choses de la vie. « C’est drôle parce que les enfants ont vraiment eu de l’empathie et des questionnements sur le pourquoi ces personnes-là habitent dans ce bâtiment et non avec leur famille. Ça nous a permis de leur expliquer comment fonctionne notre société, mais aussi ce que c’était la maladie, la vieillesse et la mort. C’est en même temps un bel apprentissage parce que ça fait partie de la vie, tout l’univers qui touche au fait de vieillir. »

D’un point de vue éducatif, la transmission de ces valeurs était à la base du projet, tout comme le réconfort apporté aux aînés. « Ce qui est étonnant, c’est l’impact sur les autres personnes. Les éducatrices sont engagées et sont touchées de participer à ça, mais aussi, c’est un baume et un sourire dans le quotidien des préposées. Je parlais avec elles et on me racontait que quand on passe pour aller en forêt, la préposée nous voit et invite le résident à venir voir à la fenêtre. Même si on fait juste marcher, pour une personne âgée, c’est un petit divertissement alors qu’habituellement il ne se passe rien dehors. Ça leur amène de la joie et les fait reconnecter avec leur propre vie. »

Le début d’une belle histoire

Pour Mme Gravel, pas question d’arrêter le projet dans un avenir rapproché. C’est une initiative qui est là pour rester. « C’est un projet à long terme. On en parle parce qu’on vient de le commencer, mais ce n’est pas juste rattaché à ce qui se passe en ce moment ou à Noël. C’est une correspondance et une relation qu’on a avec eux. Ils vont créer un lien significatif et avoir un impact à long terme. Ce n’est pas en envoyant un bricolage une fois qu’on crée une relation. C’est à force d’y retourner et de passer les saisons avec eux. »

Y retourner, c’est ce qu’ils feront, mais ce que tous attendent maintenant, c’est de se retrouver l’un devant l’autre, sans la barrière que forme la fenêtre. « Oui on a hâte. C’est déjà bien par la fenêtre et on est chanceux de pouvoir le faire, mais ils vont finir par pouvoir sortir sur la terrasse, ou nous pourrons aller les voir à l’intérieur. On cuisine aussi à la garderie. On a hâte d’amener un pain chaud aux résidents. On peut acheminer des choses comme des dessins, après une quarantaine, mais ça va être différent, plus humain, de les remettre en mains propres », conclut Karine Gravel.