Jean-Marc Crevier a fait quelques démarches pour savoir de quelle façon pourrait être récupérée la chaleur de la future usine d’Énergie Saguenay.

Future usine de GNL: Crevier lance une idée

Capter, récupérer et partager la chaleur perdue à la future usine d’Énergie Saguenay. C’est l’idée que lance le conseiller municipal et administrateur de Promotion Saguenay, Jean-Marc Crevier. Surpris par la quantité de chaleur qui serait perdue au complexe industriel de liquéfaction de gaz naturel sur le site de Port de Saguenay, M. Crevier a vu le potentiel qu’une telle source de chaleur pourrait avoir sur l’économie régionale. Il invite maintenant la direction de GNL Québec à se pencher sur la question.

« On m’a appris, à la mi-février, qu’une telle usine peut perdre jusqu’à 20 % de l’énergie qu’elle produit. Cette énergie s’envole, alors que la chaleur pourrait être récupérée. Ce projet-là (complexe industriel de liquéfaction de gaz naturel sur le site de Port de Saguenay), il risque de se faire. Et il y a un énorme potentiel de récupération de chaleur à exploiter pour d’autres projets », a indiqué Jean-Marc Crevier, lors d’une entrevue accordée au Quotidien, lundi en fin de journée.

Le conseiller municipal, curieux d’en savoir plus, a d’ailleurs rencontré des experts en la matière, notamment des représentants d’Agrinova, de même que le professeur de l’Université du Quévec à Chicoutimi, Laszlo Kiss, spécialiste, entre autres, en transfert de chaleur.

« Il m’a expliqué que récupérer de la chaleur d’une telle usine pourrait chauffer des dizaines de serres, par exemple », a souligné Jean-Marc Crevier.

Son idée est simple. Il aimerait que l’entreprise GNL Québec se penche sur la possibilité de capter, récupérer et partager cette énergie perdue, avant même que les plans et devis de l’usine ne soient dessinés.

« Si on veut que d’autres projets profitent de cette chaleur, par exemple en s’installant à proximité de la future usine, ça doit être réfléchi avant la construction, afin que les sorties de chaleur, par exemple, fassent partie des plans. Un coup que l’usine sera construite, ce sera trop tard », souligne M. Crevier, qui donne en exemple des projets de serres, mais aussi d’aquaculture.

« Je suis certain qu’il y a plein d’idées et c’est justement pour ça que je lance cette idée », a ajouté le conseiller municipal. « Je veux surtout savoir si la direction de GNL est intéressée à s’asseoir à une table et à former un comité pour étudier cette possibilité. Et c’est le temps pour le faire », note-t-il.

Le Quotidien a contacté Stéphan Tremblay, responsable du développement régional chez Énergie Saguenay, qui était au courant de la démarche de Jean-Marc Crevier. Il n’a pu confirmer le 20 % de perte de chaleur avancée par le conseiller municipal, puisque l’ingénierie de conception n’est toujours pas commencée. Mais il estime que l’idée de récupérer la chaleur pour d’autres projets est très intéressante et va dans le courant des valeurs de l’entreprise.

« L’ingénierie de conception va débuter dans quelques mois et nous en saurons davantage à ce moment. C’est certain que l’idée de récupérer l’énergie est exploratoire, mais est très intéressante », a souligné Stéphan Tremblay, qui se réjouit de voir un conseiller municipal faire une telle démarche

Énergie Saguenay

GNL Québec développe depuis 2014 le projet Énergie Saguenay, un complexe industriel de liquéfaction de gaz naturel à Grande-Anse dans le but d’exporter 11 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié par an, à partir de sources d’approvisionnement de l’Ouest canadien. Le projet comprend des équipements de liquéfaction, d’entreposage ainsi que des infrastructures maritimes. Le projet repose sur un investissement évalué à 7,2 milliards de dollars US et devrait être opérationnel en 2025, selon les plans de GNL.

La prochaine étape du projet est la présentation d’une étude d’impact sur l’environnement.