Sylvain Bergeron, coordonnateur à l’A.S.T.U.S.E.
Sylvain Bergeron, coordonnateur à l’A.S.T.U.S.E.

Front commun pour des changements à l’assurance-emploi

Denis Villeneuve
Denis Villeneuve
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
Les regroupements de chômeurs et le monde syndical réclament au gouvernement fédéral une réforme du régime d’assurance-emploi actuel afin de le rendre plus juste et universel pour l’ensemble des travailleurs dans le besoin.

En conférence de presse, lundi matin, Manon Tremblay, présidente du Conseil central des syndicats nationaux du Saguenay-Lac-Saint-Jean-CSN, et Marc Maltais, conseiller régional de la FTQ, se sont joints aux groupes de défense Mouvement Action Chômage Lac-Saint-Jean et L.A.S.T.U.S.E. du Saguenay afin de réclamer des modifications visant à améliorer l’accessibilité au régime d’assurance-emploi en y apportant des modifications majeures.

Selon les porte-parole, France Simard et Sylvain Bergeron, la conférence de presse s’inscrivait dans le cadre de plusieurs activités de sensibilisation organisées cette semaine aux quatre coins du Québec. La campagne « Améliorer notre sort, c’est vital. Une réforme du régime d’assurance-chômage s’impose ! » est menée par le Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi (MASSE).

France Simard, du Mouvement Action Chômage Lac-Saint-Jean, et Sylvain Bergeron, coordonnateur à l’A.S.T.U.S.E.

« Nous militons tous ensemble depuis plus de 20 ans afin d’améliorer l’accessibilité au régime d’assurance-emploi et pour faire valoir, auprès des différents gouvernements, la nécessité d’apporter des modifications majeures — et surtout permanentes — au régime », rappelle France Simard, du Mouvement Action Chômage Lac-Saint-Jean.

Selon Sylvain Bergeron, de l’A.S.T.U.S.E, les changements réclamés visent à rendre le régime universel pour tous les types de travailleurs. Il cite en exemple les travailleurs autonomes ou à contrat qui effectuent du travail pour une période donnée et qui ne peuvent recevoir de prestations en vertu du régime actuel en raison de leur statut.

Selon les informations divulguées, depuis 1996, les regroupements de chômeurs observent que le taux de couverture au régime d’assurance-emploi, qui était à 84% en 1989, est maintenant à 36%. Environ 6 chômeurs sur 10 n’ont pas accès à des prestations du régime auquel ils ont contribué.

France Simard, du Mouvement Action Chômage Lac-Saint-Jean.

Une autre mesure réclamée concerne le relèvement du taux de prestation, lequel devrait être fixé à 70% des gains admissibles plutôt que 55% actuellement.

En ce qui a trait au nombre d’heures travaillées pour obtenir le droit à l’assurance-emploi, syndicats et groupes communautaires souhaitent qu’il soit établi entre 360 et 420 heures.

Selon M. Bergeron, ces demandes sont loin d’être exagérées en songeant que dans le passé, une enveloppe de 72 G$ a été détournée de la caisse de l’assurance-emploi pour aller dans le fonds consolidé de la Reine.

Marc Maltais, conseiller régional de la FTQ.

Selon lui, la caisse de l’assurance-emploi fait des surplus de 2 à 4 milliards de dollars annuellement. « Pire encore, en 2008, la Cour suprême avait ordonné au gouvernement fédéral de remettre les surplus de 2002, 2003 et 2005 acquis illégalement. Jamais ils n’ont remis l’argent, ils ont manigancé dans la loi sur l’application du budget de 2009 une façon de garder ces sommes. On parle de près de 50 milliards à ce moment. Et rappelons que depuis 1990, le gouvernement canadien ne contribue plus à la caisse », lance M. Bergeron.

Un autre sujet abordé a été le redécoupage des régions économiques de l’assurance-emploi, tel qu’établi par Statistique Canada, ne correspond pas à la réalité terrain, selon les porte-parole des chômeurs, et il entraîne des disparités entre les régions en ce qui a trait au nombre d’heures requises pour se qualifier.

Ils ont présenté l’exemple de deux personnes qui travaillent pour une même entreprise, dont l’un, Paul, habite à Larouche, et Marie, à Saint-Bruno. L’entreprise ferme temporairement ses portes; Marie reçoit des prestations d’assurance-emploi, mais Paul non. Que s’est-il passé ? En fait, même si les deux travailleurs ont le même nombre d’heures de travail sur leur relevé d’emploi, ils n’ont pas le même barème d’heures nécessaires pour se qualifier. Ainsi, Marie avait besoin de 560 heures pour se qualifier et Paul 595 heures. « Il est aberrant de constater qu’à l’intérieur d’une même région, une personne se qualifie dans la région administrative du Bas-Saint-Laurent-Côte-Nord, par exemple à Saint-Bruno, et l’autre se qualifie dans la région administrative de Chicoutimi-Jonquière, par exemple à Larouche. »

Marc Maltais, conseiller régional de la FTQ, France Simard, du Mouvement Action Chômage Lac-Saint-Jean, Sylvain Bergeron, coordonnateur de l’A.S.T.U.S.E., et Manon Tremblay, présidente du Conseil central des syndicats nationaux du Saguenay-Lac-Saint-Jean-CSN.

Les participants ont rappelé que le Canada est l’un des seuls pays de l’OCDE à avoir été obligé de mettre en place des programmes complètement distincts, à savoir la PCU et la PCRE, pour venir en aide aux chômeurs de la COVID-19. Ces programmes demeurent néanmoins temporaires et ne suffiront pas à mettre fin aux diverses injustices liées au régime d’assurance-emploi.