Les nouveaux investissements sont principalement concentrés du côté de la production laitière avec la construction d'une vaste étable de stabulation libre qui comprend en plus un immense séchoir à foin.

Fromagerie Médard: 2 M$ pour se moderniser

La vague de modernisation des fermes laitières du Saguenay-Lac-Saint-Jean se poursuit avec des investissements privés de l'ordre de deux millions $ à la ferme de la famille Côté-Boivin de Saint-Gédéon qui exploite sur le même site la Fromagerie Médard ainsi qu'une boulangerie et un restaurant.
Cette modernisation survient alors que l'entreprise de Normand Côté et Madeleine Boivin a subi une transformation importante dans la structure de propriété. Le couple a ainsi entrepris le transfert de propriété en intégrant dans l'actionnariat Étienne, qui supervise l'exploitation agricole (cultures et production de lait), Rose-Alice à la tête de la Fromagerie Médard et Justine à la boulangerie pour fermer la boucle.
Voici la nouvelle étable de stabulation libre qui accueillera le troupeau.
Normand Côté et Madeleine Boivin ont choisi d'élargir l'actionnariat de l'entreprise familiale avec la transition vers les enfants. Étienne Côté est responsable du secteur agricole, Justine dirige la boulangerie et Rose-Alice est aux commandes de la Fromagerie Médard.
Les nouveaux investissements sont principalement concentrés du côté de la production laitière avec la construction d'une vaste étable de stabulation libre qui comprend en plus un immense séchoir à foin. La ferme a fait le choix d'utiliser cette technique ancestrale de conservation du fourrage et abandonnera donc celle des balles rondes enrobées de toiles de plastique.
Selon Étienne Côté, cette technique offre des avantages pour la production de fromage et également pour les besoins en main-d'oeuvre aux champs. Il sera possible pour la ferme Médard de récolter les fourrages avec deux personnes. Le foin est entassé dans des cellules géantes sur un plancher surélevé dans lequel il y a des fentes. L'air chaud qui passe entre la toiture d'acier et l'isolant dans le plafond est dirigé vers la salle des ventilateurs géants qui repoussent l'air chauffé par le soleil sous le plancher des cellules pour ainsi faire sécher le fourrage et assurer sa conservation pendant tout l'hiver.
Le changement d'entreposage a toutefois ramené dans la grange une technologie très ancienne dont les plus âgés se souviendront. Le foin est ainsi manipulé par un système de fourche installé sur un pont roulant. Il s'agit du même principe que les anciennes fourches à trois branchons installées sur un rail dans le centre des granges des années 50. L'agriculteur (ou le cultivateur comme on l'appelait à l'époque) manipulait la fourche avec un système de cordage. Le système installé à la Fromagerie Médard est comparable aux ponts roulants modernes que l'on retrouve dans les grandes usines avec un système hydraulique pour actionner les fourches.
Le foin séché en vrac comporte des avantages pour les entreprises agricoles qui transforment la totalité de leur lait comme c'est le cas chez les Côté-Boivin. Étienne n'a pas fait les évaluations sur la réduction des gaz à effet de serre, mais ce sont plusieurs kilogrammes de plastique qui ne se retrouveront plus à l'écocentre puisque la nouvelle technique va remplacer l'emballage de 1200 balles rondes.
La Fromagerie Lehmann d'Hébertville utilise le même système d'entreposage et de séchage du foin.
D'autres éléments vont permettre de minimiser les apports externes en énergie. C'est le cas du système de séchage du foin qui récupère la chaleur dégagée par le soleil sur la toiture du bâtiment.
Du bois pour le coup d'oeil
Le projet de modernisation des bâtiments agricoles du complexe de la ferme Côté-Boivin nous ramène à l'époque des étables et granges dont le revêtement extérieur est en bois pour agrémenter le coup d'oeil, mais surtout apporter un cachet esthétique que les clients ne manqueront pas de remarquer quand ils circuleront sur la route.
L'idée du séchoir n'est pas la seule empruntée à la fromagerie d'Hébertville puisque les nouveaux bâtiments agricoles de la ferme de Saint-Gédéon sont finis de la même façon que ceux de la ferme Lehmann qui avait renoué avec ce matériau souvent remplacé par l'acier pour la finition extérieure des bâtiments agricoles.
«C'est une question d'esthétique. Nous sommes une entreprise qui s'adresse directement à la clientèle et aux touristes qui viennent ici pour acheter nos produits. Nous voulons faire quelque chose de beau. Le devant du nouveau bâtiment sera fini en cèdre avec d'imposantes colonnes.»
L'étable de stabulation libre sera ouverte été comme hiver de telle sorte que la température sous l'abri sera la même que celle à l'extérieur. Les animaux vont évoluer sur un système de litière sèche qui produit la chaleur nécessaire à leur confort. Deux robots seront installés dans le bâtiment pour la traite des vaches avec un système de contrôle qui permet de suivre chaque vache et ainsi assurer la qualité de la production.
Ce nouveau bâtiment comprendra un centre d'interprétation situé au deuxième étage de la partie fermée qui accueillera au rez-de-chaussée le système mécanique. Cette salle qui comprendra plusieurs grandes vitres permettra aux clients de la fromagerie de regarder les animaux sans aucun risque.
«Les gens nous demandent d'organiser des visites avec des groupes. Il arrive même que des clients entrent dans l'étable pour voir les animaux. Ce n'est pas toujours l'idéal et il faut aujourd'hui assurer une certaine sécurité. De cette façon, les clients intéressés auront la possibilité d'observer les animaux», a expliqué Étienne Côté.
Nouvelles installations
Les investissements réalisés à la ferme de la Fromagerie Médard vont permettre une certaine stabilité dans les opérations.
Selon Étienne Côté, deux personnes suffiront pour l'exploitation du secteur agricole. La traite des vaches sera complètement mécanisée et la technique du foin en vrac séché permettra à deux personnes de réaliser les opérations de préparation des terrains et de récolte du fourrage pendant l'été.
Les nouvelles installations permettront d'augmenter le nombre de vaches en lactation de 25, ce qui est significatif si l'on considère les coûts d'acquisition des droits de production de lait au Canada (quotas). Le droit de production est en ce moment de 24 000 $ par kilo/jour de gras (grossièrement, une vache produit plus ou moins 1 kilo/jour de gras).
La vache Brune
La Fromagerie Médard transforme le lait de 75 vaches de race Brune dans un troupeau global d'un peu plus de 150 animaux.
Le choix de ces vaches comporte des avantages pour la production de fromage en raison des proportions de gras et protéines dans le lait. Il s'agit d'une race présente dans les exploitations agricoles de l'Europe alors qu'elle a été développée dans les alpages de la Suisse. En ce moment, les troupeaux canadiens comptent plus ou moins 200 têtes.
Il s'agit d'un animal robuste qui s'adapte aux différentes conditions météorologiques. Elle est principalement utilisée pour la production laitière.