Luc Boivin faisait partie des employeurs participant à la mission. Il pose ici en compagnie d’une nouvelle recrue.

Fromagerie Boivin: neuf Tunisiens à la rescousse

Après le Mexique, le Maroc et les Philippines, le groupe Boivin se tourne vers la Tunisie pour recruter des travailleurs. L’entreprise, propriétaire de différentes fromageries au Québec, fonde de bons espoirs sur ce pays maghrébin, dont le taux de chômage dépasse les 35% pour les moins de 24 ans.

À l’issue d’une mission de trois jours initiée par la Société de développement économique de Drummondville, près de Saint-Cyrille-de-Wendover, où se trouve la Fromagerie Lemaire, le groupe baieriverain a embauché neuf Tunisiens.

«Pour 150 postes affichés pendant la mission, il y a eu 10 700 candidatures. La réponse dans ce pays est excellente. Et ce sont des gens qualifiés, qui ont des compétences. Des tests sont effectués pour certains corps de métier, dont la soudure. Mais ce qui m’a vraiment impressionné, c’est que les gens étaient bien préparés en entrevue. Certains m’ont parlé de la poutine, de comment la cuisiner. Ils font des recherches avant de venir en entrevue», raconte Luc Boivin, directeur général du groupe, qui recrutait notamment des cuisiniers.

Luc Boivin

Si la venue de neuf Tunisiens s’avère un gain important, il demeure insuffisant pour répondre à la demande de l’entreprise. Le recrutement à l’étranger, qui nécessite des investissements importants, doit s’accentuer croit M. Boivin. Quelques heures avant l’entrevue, l’entreprise agroalimentaire venait d’ailleurs de refuser un important contrat canadien, en raison de la pénurie de main-d’oeuvre.

«Le recrutement à l’étranger, il ne faut pas arrêter. Ce matin (lundi), je suis à -16 (personnes) à notre usine de Saguenay et à -9 à Drummondville. Oui, ça peut coûter cher faire des démarches pour embaucher à l’étranger, mais c’est aussi coûteux de ne pas produire. On est rendus là», répond M. Boivin, qui, précisons-le, a payé cette mission. Ce dernier prépare d’ailleurs un nouvel affichage de postes pour recruter dans le même pays au mois de mars. Le groupe doit cependant respecter un seuil maximal. En effet, la loi interdit à une entreprise de compter plus de 10 % de travailleurs étrangers (visa temporaire).

Une autre entreprise saguenéenne, Fabmec, s’est également greffée à la mission pour trouver des soudeurs. Des représentants de Promotion Saguenay ont tenu à s’y rendre pour bâtir une banque de candidats destinés aux entreprises de son territoire.

Les employeurs qui ont participé à la mission ont signé 97 contrats de travail. Les candidats devraient arriver en sol québécois dans cinq à huit mois, si tout se déroule comme prévu.

Les gens qui souhaitent recruter de la main-d’oeuvre étrangère peuvent également s’adresser aux firmes spécialisées dans le domaine. Preuve d’une forte demande, la région compte aujourd’hui au moins quatre firmes de recrutement, dont la majorité a été fondée au cours de la dernière année.

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SAGUENAY MISE SUR LA FRANCE ET LA TUNISIE

(LL) - Promotion Saguenay accentue son aide auprès des entreprises pour le recrutement de la main-d’oeuvre étrangère. Et l’organisme mise sur la France et la Tunisie pour répondre aux besoins des employeurs qui déplorent depuis quelques années la pénurie de travailleurs. 

En plus des missions à l’étranger qui permettent aux entreprises de rencontrer en personne des candidats, Promotion Saguenay offrira bientôt des séances d’accompagnement.

«Les entreprises nous le disent: la main-d’oeuvre est leur principal enjeu, le principal frein à leur croissance. Nous allons donc fournir tous les efforts pour les aider à recruter à l’étranger. Il y a bien sûr les missions, mais il existe d’autres façons de recruter, sans se déplacer. Nos séances permettront d’accompagner les entreprises dans cette voie», explique Patrick Bérubé, directeur général de Promotion Saguenay, ajoutant que ces «séances» seront lancées dans quelques semaines. 

Deux représentants de l’organisme faisaient partie de la mission tenue à Tunis, au cours des derniers jours. Une vingtaine de Tunisiens ont été ciblés par l’organisme saguenéen, qui s’est lié avec la Société de développement de Drummondville au cours de la dernière année pour l’organisation de missions.

«Nos territoires ont des besoins semblables et ils ont développé une expertise dans les dernières années. C’est un partenaire de premier plan pour nous», précise Priscilla Nemey, vice-présidence exécutive à Promotion Saguenay, qui faisait partie de la délégation saguenéenne.

«Notre rôle, sur place, est de parler de la réalité régionale. Les gens veulent des informations sur le coût de la vie, sur le système scolaire. Ce sont parfois des familles qui décident de venir d’établir ici. C’est un projet de vie pour eux et c’est important de répondre aux questions», ajoute Mme Nemey, invitant les entreprises à entrer en contact avec Promotion Saguenay pour obtenir un accompagnement personnalisé. 

À l’issue de la mission, une vingtaine de Tunisiens ont franchi la première étape pour venir s’établir à Saguenay. Promotion Saguenay prévoit d’ailleurs une seconde mission en mars dans ce pays de l’Afrique du Nord. 

«Nous retournons en là-bas en mars et d’autres missions sont prévues en France dans les prochains mois. Ce sont des pays francophones, donc il n’y a pas la barrière de la langue. Il y a d’autres options pour les entreprises et on peut les accompagner. Mais nos efforts vont principalement se diriger vers ces deux pays.»