Froid au Saguenay-Lac-Saint-Jean: un record de plus bas maximum

Le froid s’est emparé du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Les records de basses températures n’ont pas été battus, mais un record de plus bas maximum de jour a été enregistré à Roberval mercredi et d’autres pourraient s’ajouter.

Alexandre Parent, météorologue à Environnement Canada en convient d’emblée, il fait froid pour cette période de l’année. « On n’est assurément pas dans les normales de saison. La température devrait se situer autour de 0 à -1 degré Celsius en journée », affirme-t-il.

Jeudi matin, le thermomètre affichait -16,1 degrés Celsius au Saguenay. Malgré le froid mordant, le record de -16,7 datant de 1997 n’a pas été battu. Avec le refroidissement éolien, c’est toutefois une température de -28 degrés Celsius que les citoyens pouvaient ressentir. Les données tenant compte du facteur éolien ne sont pas compilées par Environnement Canada. 

Toujours jeudi matin, à Roberval, le mercure a atteint -18 degrés Celsius, avec une température ressentie de -30 degrés Celsius. Le record de -21 degrés Celsius au thermomètre a été enregistré en 1964. 

Mercredi, Roberval a battu le record du plus bas maximum enregistré pour un 21 novembre avec -11,5 degrés Celsius. L’ancien record de -10,9 datait de 1978. 

La température devrait toutefois s’adoucir au cours des prochains jours. Samedi et dimanche, des maximums de jour respectifs de -2 et -1 degrés Celsius devraient être atteints. « Ça va nous sembler doux, mais c’est dans les normales. Le matin, on pourrait se réveiller avec des minimums de -7 à -8 degrés Celsius », précise le météorologue. 

Il n’y a pas de grand froid prévu non plus pour la semaine prochaine.

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FROID PRESQUE PARTOUT AU QUÉBEC

Il n’aura jamais fait aussi froid un 22 novembre au Québec.

Environnement Canada confirme que de nouvelles températures minimales ont été atteintes très tôt jeudi en Outaouais et dans l’extrême sud du Québec.

Ainsi, le mercure est descendu jusqu’à -20,8 degrés Celsius dans la région d’Ottawa jeudi matin, battant de plus de quatre degrés le niveau plancher qui avait été atteint en 1972. À Montréal, le thermomètre avait indiqué -14,4 cette même année, alors que jeudi, on a pu y lire -17,8 degrés.

En après-midi, les plus faibles températures maximales ont été enregistrées dans le sud de la province, mais aussi dans le Centre-du-Québec, l’Est, le Bas-Saint-Laurent et la Côte-Nord.

Alexandre Parent, météorologue chez Environnement Canada, pointe du doigt une masse d’air froid plutôt typique d’une fin décembre ou d’un mois de janvier que d’une fin novembre pour expliquer l’arrivée hâtive de l’hiver.

D’après l’expert, cette masse d’air froid provient de l’extrême nord canadien, du Nunavut, tout près du pôle Nord, où il n’y a pratiquement plus d’ensoleillement à cette période-ci de l’année. Le mercure chute donc de façon draconienne, selon ses dires.

Alexandre Parent avance une hypothèse pour tenter d’expliquer pourquoi les records sont battus par un écart majeur de trois ou quatre degrés.

« Les basses températures qui affectent le nord du Québec et de l’Ontario depuis septembre ont couvert la baie d’Hudson d’une couche de glace plus hâtivement et la partie sans glace contient aussi de l’eau plus froide, avance-t-il, en faisant preuve d’une passion évidente pour le sujet. Habituellement, cet air qui vient du Nord est modifié en passant au-dessus de cette immense étendue d’eau. »

Le météorologue admet toutefois qu’il faudrait faire davantage de recherches pour confirmer son idée.

M. Parent a un message encourageant pour ceux qui ne supportent pas un tel froid : cette vague sera de courte durée.

Les températures demeureront sous les normales saisonnières vendredi, mais avec un facteur de refroidissement éolien beaucoup plus clément.

Puis, samedi et dimanche, elles s’approcheront graduellement des normales pour le sud et le centre du Québec, avec un mercure tout près de zéro le jour, et entre -5 et -8 la nuit. Presse canadienne