François Blais
François Blais

François Blais pensait être bien en selle

Annie Mathieu
Annie Mathieu
Le Soleil
S’il avait connu des débuts difficiles à titre de ministre responsable de la Capitale-Nationale en 2016, François Blais était désormais bien en selle. C’est du moins ce qu’il prétendait la semaine dernière au lendemain de la cuisante défaite des libéraux à l’élection partielle de Louis-Hébert.

«Ce n’est pas du tout en jeu», avait répondu M. Blais lorsque questionné à savoir si son travail dans la région était remis en question après les résultats décevants de son parti au scrutin du 2 octobre où la Coalition avenir Québec (CAQ) l’a emporté haut la main le siège laissé vacant par l’ex-député Sam Hamad. 

Il avait aussi rappelé que les électeurs n’avaient pas choisi un gouvernement, mais simplement une nouvelle députée et se disait confiant pour la suite des choses même s’il prenait acte du «message important» envoyé par la population. 

Quelques minutes plus tôt, le député de Vanier–Les Rivières, Patrick Huot, s’était porté à la défense de son collègue et ce, tout en reconnaissant «la belle claque sur la gueule» qu’avait reçue les libéraux de la Capitale-­Nationale et l’importance pour ceux-ci de se doter d’un «nouveau plan de match» en vue des élections générales de l’automne 2018. 

«Absolument, absolument, absolument», avait répété M. Huot quand les journalistes lui ont demandé sir François Blais était toujours l’homme de la situation. «Il assure un leadership vraiment important. Je l’ai dit début 2017 […] ce n’est plus le même François Blais. Il est présent partout dans la région de Québec, il est à beaucoup d’événements, d’annonces, de compagnies», avait-il renchéri. 

La semaine précédente, François Blais avait participé à un exercice parlementaire à l’Assemblée nationale dans lequel il était questionné sur le manque de leadership allégué du gouvernement libéral dans la Capitale-Nationale par la députée péquiste de Québec, Agnès Maltais. Celle-ci accusait le PLQ d’avoir laissé tomber la vision d’avenir du Parti québécois pour Québec et du même coup, de ses habitants en délaissant de nombreux dossiers. Sûr de lui, M. Blais avait répliqué en présentant le bilan selon lui reluisant de son parti et en soulignant qu’il avait même réalisé tous les engagements électoraux de ses rivaux. 

Débuts difficiles

C’est lorsque Sam Hamad s’est retiré de ses fonctions de ministre, début avril 2016, en raison d’une enquête déclenchée par le Commissaire à l’éthique de l’Assemblée nationale que le député de Charlesbourg l’a remplacé de manière temporaire à titre de ministre de la Capitale-Nationale. Au cours de l’été, le maire de Québec avait déclaré s’ennuyer de Sam Hamad, ajoutant toutefois qu’il ne s’agissait pas d’un désaveu envers le député de Charlesbourg. Puis, à l’automne alors qu’un sondage plaçait les libéraux troisièmes dans la région, le député de Jean-Lesage, André Drolet, avait souligné que François Blais «fait son possible». Le remplacement temporaire était alors devenu permanent. 

Plus récemment, les dossiers du prolongement vers l’ouest de l’autoroute de la Capitale et du troisième lien entre Québec et Lévis ont fait sourciller. Il a également été accusé de s’être immiscé dans la campagne électorale municipale en annonçant, 48 heures avant son déclenchement, l’élargissement de l’autoroute Laurentienne.