Un participant présente de la céramique, du verre, des clous, un morceau de coquillage et une pièce qui sera analysée en laboratoire.
Un participant présente de la céramique, du verre, des clous, un morceau de coquillage et une pièce qui sera analysée en laboratoire.

Fouiller son histoire

Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Le Quotidien
Des citoyens ont eu l’opportunité de participer, au cours des derniers jours, à de réelles fouilles archéologiques qui se déroulent à Mashteuiatsh, au Lac-Saint-Jean. Plus tôt cette semaine, ils se sont joints à l’équipe qui oeuvre sur un site prenant place dans la communauté autochtone. Morceaux de céramique remontant à une période estimée entre 1849 et 1900, un fragment de quartz, plusieurs clous et même des dents de castor ont été trouvés par ces archéologues d’un jour.

Une nouvelle aire a été spécialement créée pour ces fouilles ouvertes au public. La zone fouillée accueillait autrefois la cour de la Compagnie de la Baie d’Hudson. Plusieurs bâtiments étaient érigés dans cette section.

Le site qui accueillait jusqu’à tout récemment un commerce est le reflet de 5000 ans d’histoire. « Avec le matériel historique de cette période, ça nous dit que les Européens étaient là [...] C’est très mélangé entre l’historique et le préhistorique. Ce qu’on retrouve, ç’a été jeté. C’est au niveau des déchets, des rebuts. Ce sont des objets de la vie courante, des clous, de la vitre », explique l’assistante-archéologue Hélèna Delaunière, qui présentait le sol fouillé par la population.

Le caractère éducatif de l’activité n’enlevait rien au sérieux de la démarche archéologique. Armés d’une truelle, d’un balai et d’un porte-poussière, les participants ont fouillé la zone qui se retrouve à proximité de la principale ère de recherche. Comme c’est le cas pour l’équipe en place, le sol récolté était déposé dans une chaudière avant d’être tamisé. Chaque pièce découverte était validée par l’équipe de professionnels.

C’est d’ailleurs l’un des participants provenant du public qui a, mardi, fait la découverte d’un morceau de quartz. L’assistante-archéologue Hélèna Delaunière indiquait qu’il s’agissait d’une première découverte de cette matière utilisée dans la fabrication d’outils sur ce site.

Fouiller son histoire

Cynthia Courtois participait aux recherches dans le cadre d’une initiative de son employeur. Celle qui oeuvre au Conseil des Montagnais bénéficie d’un congé culturel. Ainsi, chaque année, elle peut consacrer une journée à une initiative culturelle de son choix. « C’est toujours intéressant de connaître son histoire. C’est une belle occasion de participer aux fouilles dans le cadre du congé culturel », mentionnait-elle.

Cette activité fut la parfaite occasion pour des résidants de la communauté de se tourner vers leurs ancêtres. « Ça m’a toujours intéressé l’histoire. Ce sont les personnes qui sont passées avant nous autres. C’est toute l’histoire qui est là. C’est une activité intéressante », témoignait Johanne Paul, qui a fait quelques découvertes. La résidante de Mashteuiatsh disait à la blague avoir été plus chanceuse dans ses recherches qu’au Bingo. Mme Paul confiait son intérêt à s’impliquer davantage dans ces activités archéologiques qui se déroulent dans l’unique communauté autochtone du Lac-Saint-Jean.

Pour Édouard Germain, c’était une occasion de plus pour garder vivante la mémoire des ancêtres. « C’est important le passé. Il ne faut jamais oublier qu’ils ont vécu avant nous. Ils ont modelé notre passage, nos sentiers. On ne peut pas les oublier, on vient de loin », ajoutait-il.

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DES HACHES ET PLUSIEURS PIÈCES DÉTERRÉES

Amorcées au début du mois de juillet, les fouilles archéologiques qui se déroulent sur le site qui a autrefois accueilli la Compagnie de la Baie d’Hudson sont à l’origine de plusieurs trouvailles. Une dizaine de pièces ont été trouvées dans ce secteur qui compte 5000 années d’occupation. Une hache complète, une hache cassée, un couteau en calcédoine ont été jusqu’à présent recueillis sur ce site riche en histoire.

Ces trouvailles s’ajoutent aux ossements et à une hache datant de plus de 5000 ans trouvés en 2017 lors de la démolition de l’ancien commerce Axep.

Les fouilles archéologiques associées au projet de recherche sur le patrimoine archéologique et historique se déroulent jusqu’au 25 septembre. Après trois mois de fouilles, le projet se déplacera pour d’autres étapes au Musée amérindien de Mashteuiatsh. Un laboratoire y sera aménagé afin de permettre le nettoyage et l’analyse des pièces par des membres de la communauté autochtone.