Étienne Hébert

Former des travailleurs, mais aussi des citoyens

L'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) devrait miser plus que jamais sur ses fondements, c'est-à-dire l'accessibilité, la réussite des projets d'études et la formation citoyenne, selon le doyen aux études, Étienne Hébert.
« L'université ne sert pas seulement à former des travailleurs. Je ne crois pas à ça, et il ne faut pas que ce soit ça. L'université est l'un des lieux privilégiés pour former des citoyens, et c'est ce qui la distingue de l'entreprise privée », affirme M. Hébert.
Selon lui, c'est parce que les différents programmes offerts par l'UQAC et la participation à la communauté universitaire permettent aux étudiants de développer des compétences professionnelles, mais également une pensée critique, des habiletés communicationnelles et la créativité, entre autres. 
« Il y a des capacités que l'université doit continuer de développer, et c'est ça qu'on devrait mettre en évidence. C'est ça que l'UQAC fait. Du point de vue des études, l'université forme des gens qui vont sur le marché du travail, mais qui sont aussi engagés et responsables socialement », poursuit le doyen.
C'est l'une des raisons pour lesquelles Étienne Hébert estime que les programmes devraient être accessibles à tous, dans la mesure où ils ont les capacités et la volonté de le faire.
« Oui, certains programmes demandent une cote R minimale, ou vont être contingentés, mais c'est surtout pour s'assurer que les gens qui y entreront vont réussir le parcours scolaire. Les directions des programmes et les enseignants doivent également accompagner les étudiants pour réussir les programmes ou leur projet d'études », ajoute-t-il.
Des étudiants engagés
Par ailleurs, le doyen aux études est persuadé que les étudiants qui suivent des cours à l'UQAC sont très engagés dans leurs études. « On a encore une très grande proportion d'étudiants qui sont de première génération (dont aucun des parents n'est allé à l'université). C'est tout à leur honneur, car c'est un défi immense. Ça prend beaucoup de motivation. Il y a également les étudiants des Premières Nations, ceux qui ont une famille, ou qui sont monoparentaux, et ceux en situation d'handicap émergent qui font preuve d'énormément d'engagement », raconte M. Hébert.
Selon lui, ces catégories d'étudiants font face à de nombreuses embuches, notamment pour ce qui est de la conciliation travail-étude. Étienne Hébert ajoute également que les étudiants qui ont un parcours atypique, qui font un retour aux études par exemple, ont également besoin de beaucoup de motivation.
Enrichir l'expérience
« Je crois que nos étudiants ont tout ce qu'il faut pour réussir leur projet d'étude, mentionne le doyen. Je crois qu'on doit essayer de les accompagner le mieux possible dans leur réussite. On met beaucoup d'initiatives en place, comme les services aux étudiants, la bibliothèque, les services internationaux ou le bureau du registraire qui essaie de répondre rapidement aux demandes, par exemple. On veut enrichir leur expérience universitaire, en les aidant du mieux qu'on peut. »
D'après Étienne Hébert, il ne faut pas banaliser les défis et des difficultés auxquels font face les étudiants. Malgré tout, le doyen estime qu'ils doivent mener à terme leur projet d'étude. « C'est toujours décevant l'abandon. Toutefois, on espère que ceux qui arrêtent le font à partir d'un choix conscient, parce qu'ils ont réalisé que l'université n'était pas pour eux, au lieu d'une incapacité à concilier le travail, la famille et les études », conclut-il.
Tout faire pour favoriser la réussite
L'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) propose un peu plus de 200 programmes d'études, tous cycles compris, et il y en a plusieurs en création, en évaluation et en modification.
« Je crois qu'on a une vitalité assez bonne, surtout du point de vue des programmes, compte tenu de la carte des programmes que l'on offre, mais également dans ce qu'on met en oeuvre pour aider les étudiants à réussir. Je pense que la situation est globalement positive. On a des difficultés, mais on ne doit pas croire que tout est négatif », raconte le doyen aux études, Étienne Hébert.
Selon lui, la mission de l'université est d'offrir une formation qui n'est pas seulement professionnelle. D'ailleurs, certaines mesures sont mises en place pour encourager ceux qui souhaitent poursuivre aux études de deuxième et troisième cycle. 
L'UQAC implante depuis un an des profils Honor, un mot latin qui signifie « avec distinction ». Cette caractéristique permet aux étudiants au baccalauréat de certains programmes d'approfondir leurs connaissances en recherche dans le but de passer aux études de cycle supérieur. « Ils font un travail d'initiation à la recherche, et ils peuvent également suivre un ou deux cours de cycle supérieur. Ça leur permet également de bonifier leur dossier pour la demande de bourses de maîtrise », explique le doyen.
Par ailleurs, plusieurs programmes mettent maintenant en évidence les compétences transversales, ou de formation citoyenne. « Tous nos programmes développent déjà ces compétences, mais dans ceux qu'on a ciblés, on les met vraiment à l'avant-plan. À mon avis, c'est un moyen de développement, car ça nous aide pour le recrutement. Ça nous permet de montrer ce qui nous distingue. Ça permet de montrer également que l'université, ce n'est pas seulement aller à des cours et obtenir un papier, qu'il y a beaucoup plus en arrière », mentionne M. Hébert.