Formation en pilotage : rien pour nuire au CQFA, assure Andrée Laforest

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
La ministre responsable de la région et députée caquiste de Chicoutimi Andrée Laforest assure que la décision du gouvernement d’accorder l’autorisation au collège privé Mérici d’offrir une formation en pilotage ne constitue pas une menace pour le Centre québécois de formation en aéronautique (CQFA).

La ministre rappelle que l’exclusivité est maintenue pour le Cégep de Chicoutimi dans le réseau public québécois. Elle a même mentionné qu’une annonce importante allait être faite en septembre pour le Cégep de Jonquière et son programme d’Art et technologie des médias (ATM) pour justifier les décisions de son gouvernement.

« C’est toujours bon qu’il y ait de la compétition. Mais dans mon cas, je dois m’assurer que le Cégep de Chicoutimi soit en mesure d’offrir la meilleure formation pour le pilotage. Nous avons rencontré mon collègue Jean-François Roberge (Éducation) et j’ai eu une discussion avec la ministre Danielle McCann (Enseignement supérieur), au cours des dernières heures, à ce sujet », explique la ministre responsable de la région.

La ministre Andrée Laforest insiste sur le fait qu’il n’y a aucune loi qui peut empêcher un collège privé d’offrir une formation en pilotage, pourvu qu’il possède l’expertise et les équipements nécessaires pour offrir cette formation. Elle ne voit pas non plus comment la formation dispensée par le collège privé peut remplacer la formation collégiale de trois ans du CQFA. Elle a réitéré que Mérici offrait une Attestation d’études collégiales.

Les prix exigés pour ces formations constituent une autre barrière, selon la ministre. Le collège Richelieu, qui détient une autorisation semblable à celle du collège Mérici, offre son programme à un prix de 100 000 $. Andrée Laforest est convaincue que cet obstacle constitue en fait une barrière et qu’un étudiant peut avoir accès à une formation de haute qualité au CQFA gratuitement.

La députée de Chicoutimi affirme travailler de concert avec les autorités du Cégep de Chicoutimi dans le cadre des investissements nécessaires pour la mise en place d’un nouveau programme. Les achats de simulateurs ont été autorisés et il y a des projets totalisant 32 M$. Le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge a toutefois demandé au cégep des informations sur l’état de fréquentation de l’établissement avant d’aller de l’avant dans de nouvelles infrastructures.

La décision du gouvernement du Québec a soulevé la colère de la Fédération nationale des enseignants et enseignantes du Québec (FNEEQ-CSN), qui représente les professeurs du Cégep de Chicoutimi. La fédération syndicale déplore que l’on autorise le secteur privé à offrir l’une des formations dispensées dans les cinq écoles nationales du Québec.

« Autoriser un établissement privé à concurrencer une école nationale de haut niveau cause un préjudice sérieux au développement du CQFA. La décision de la ministre Danielle McCann va à l’encontre de ses propres règles en matière d’éducation puisqu’elle retire l’exclusivité d’un programme à une école nationale, qui en plus est située en région », souligne Yves de Repentigny, vice-président responsable du regroupement cégep de la FNEEQ-CSN dans un communiqué émis mardi. « Or, le caractère exclusif de tels programmes s’avère d’une importance capitale pour la vitalité des cégeps situés hors des grands centres. »