Les trois représentants du Cégep d’Abitibi-Témiscamingue, Richard Roy, enseignant, Vincent Rousson, directeur du campus de Val-d’Or, et Sylvain Blais, directeur général, posent dans le hangar du CQFA en compagnie d’André Gobeil, directeur général du Cégep de Chicoutimi, Steeve Noreau, directeur du CQFA, et Jean LaRoche, directeur de la recherche et du développement du CQFA.

Formation des pilotes: les cégeps discutent

La tension baisse entre les cégeps de Chicoutimi et d’Abitibi-Témiscamingue. Les directions des deux établissements viennent d’amorcer des discussions afin de mieux répondre aux besoins de pilotes pour le Grand Nord.

Cette démarche survient deux semaines après que Philippe Couillard eut visité le Centre québécois de formation aéronautique (CQFA), visite au cours de laquelle il avait confirmé l’exclusivité de l’enseignement du pilotage à l’école de Saint-Honoré. Le premier ministre avait alors invité les deux collèges à se parler pour résoudre le différend qui avait éclaté lorsque le Cégep d’Abitibi-Témiscamingue avait demandé à Québec, en février, de lui accorder l’option pilotage afin de former des pilotes autochtones et répondre aux besoins en personnel des compagnies d’aviation desservant le Grand Nord.

Rencontre

Dans un communiqué de presse, les deux institutions rapportent que leurs directions se sont rencontrées il y a quelques jours à l’aéroport de Saint-Honoré et en sont ressorties « avec la ferme volonté de travailler ensemble pour développer un projet conjoint en lien avec le programme Techniques de pilotage d’aéronefs ».

« Nous sommes confiants que les discussions amorcées permettront de développer un nouveau partenariat et de contribuer à répondre aux besoins spécifiques du milieu », ajoute le directeur général du Cégep de Chicoutimi, André Gobeil.

Son homologue d’Abitibi rappelle que la demande de formation a été déposée auprès de son établissement par les compagnies Air Creebec, Propair, Air Inuit et PALairlines, qui desservent le Nord du Québec à partir des aéroports de Val-d’Or et Rouyn-Noranda, en raison des difficultés qu’elles éprouvent à recruter des pilotes. 

On souhaitait une formation bilingue et ciblant les Autochtones.

Emballant

Même s’il reste beaucoup de détails à régler avant de présenter le projet conjoint au ministère de l’Éducation, le directeur du CQFA, Steeve Noreau, se dit emballé. Selon lui, le partenariat qui s’amorce va permettre au Cégep d’Abitibi-Témiscamingue de répondre à la demande qui lui avait été faite et d’autre part, cela va élargir le champ de compétence du CQFA pour la clientèle autochtone.

Pour le moment, on ne peut dire comment cela va se traduire sur le terrain. Il y aurait des cours dispensés au campus de Val-d’Or, d’autres à Saint-Honoré. Où seront donnés les cours théoriques, à Val-d’Or ou Saint-Honoré ? Et les leçons de vol ? Tout fait l’objet de discussions et ils se sont fixé comme objectif de démarrer la première cohorte d’étudiants autochtones dans un horizon de 2019-2020. 

« Pour démarrer à l’automne 2019, il faudrait déjà recruter la clientèle au printemps 2019. Ça me paraît un échéancier serré », commente Steeve Noreau.

Afin que le diplôme soit une technique collégiale en pilotage, le CQFA demeurera le responsable de la formation, ce qui représente 1860 heures de vol et de théorie en pilotage. À cela se grefferont les cours de formation générale qui seront du ressort de l’Abitibi. Ces cours sont déjà adaptés à une clientèle autochtone, explique M. Noreau.

Budget spécial

Cette nouvelle formation n’affectera pas les activités régulières du CQFA qui produit entre 30 et 40 pilotes de brousse, de ligne et d’hélicoptère par année. À cette fin, il jouira d’une autre enveloppe budgétaire.

Steeve Noreau ajoute que la diversité de main-d’œuvre a toujours été au cœur de ses préoccupations. C’est pourquoi l’idée de travailler avec un partenaire pour soutenir les jeunes d’une communauté et les aider à avoir accès au domaine lui procure beaucoup d’enthousiasme.