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Mario Théberge, le président régional de l’UPA, se réjouit de l’annonce faite par Agriculture Canada.
Mario Théberge, le président régional de l’UPA, se réjouit de l’annonce faite par Agriculture Canada.

Focus sur l’agriculture nordique, autochtone et biologique à Normandin

Guillaume Roy
Guillaume Roy
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
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Après avoir réalisé une vaste réflexion sur son mandat et ses priorités, la Ferme expérimentale de Normandin a décidé de poursuivre la recherche spécialisée en agriculture nordique, tout en y ajoutant un volet sur l’agriculture autochtone. De plus, un secteur sera converti à l’agriculture biologique et deux nouveaux chercheurs seront embauchés sous peu.

En service depuis 1936, la Ferme expérimentale de Normandin a fait une réflexion en profondeur, avec une quinzaine d’organisations agricoles régionales, afin d’orienter ses priorités scientifiques au cours des prochaines années.

Résultat : la Ferme expérimentale mettra l’accent sur les productions agricoles en région nordique et les productions agricoles autochtones. « Les innovations, technologies, modèles et pratiques agricoles étudiés à la ferme devront favoriser la sécurité alimentaire et le développement économique des communautés nordiques et autochtones », peut-on lire dans un communiqué envoyé par Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), qui s’est engagé à faire plus de partenariats avec ces organisations agricoles de la région à l’avenir.

« Les annonces faites par Agriculture Canada correspondent à 100% à nos préoccupations », souligne Mario Théberge, le président régional de l’Union des producteurs agricoles. Ce dernier se réjouit notamment de voir le volet concernant l’agriculture autochtone, car les Premières nations ont trop longtemps été exclues de tels projets.

L’étude des plantes adaptées pour l’agriculture nordique fait partie de la mission de l’organisation depuis plusieurs années, et la nouveauté se trouve plutôt dans le créneau de la recherche sur l’agriculture autochtone.

La Ferme expérimentale de Normandin convertira une partie des terres à l’agriculture biologique.

« L’agriculture autochtone comprend à la fois les pratiques traditionnelles et les modes d’agriculture moderne. Les recherches viseront entre autres à comprendre les défis, les besoins et les possibilités que rencontrent les peuples autochtones dans le secteur agricole canadien. Il est également important de reconnaître et comprendre les liens traditionnels, culturels et spirituels que les peuples autochtones entretiennent vis-à-vis de l’agriculture, des aliments qu’ils consomment ou utilisent pour leur médecine traditionnelle et, plus largement, de la terre qu’ils habitent », explique Dominique Bastien, conseillère régionale des communications, AAC.

Un nouveau chercheur scientifique en agriculture nordique sera embauché prochainement, dit-on, et son mandat comprendra un volet dédié à l’agriculture autochtone. Le chercheur collaborera sur des projets structurants avec les communautés autochtones de la grande région, incluant celle de Mashteuiatsh et celles de la zone forestière boréale. « Il y aura plusieurs possibilités liées à des cultures émergentes allant des grandes cultures, des fourrages, aux petits fruits, à l’horticulture, aux champignons, aux cultures traditionnelles ou même aux végétaux liés au développement de l’aquaculture », précise-t-on chez AAC.

En plus de l’embauche d’un chercheur, la ferme embauchera également un chargé d’études en régie des systèmes de culture de céréales et oléoprotéagineux (plantes riches en lipides, en protéines et en amidon).

Un secteur converti à la régie biologique

À l’heure actuelle, les 145 hectares de terres cultivables à la Ferme expérimentale de Normandin sont en régie conventionnelle, mais c’est sur le point de changer. Sans vouloir préciser la superficie qui sera convertie, AAC souligne qu’ « un comité de gestion écologique de la ferme a été créé afin d’effectuer un virage majeur sur la gestion des terres au cours des prochains 5 à 10 ans en adoptant l’approche agroécologique. Toutes les données historiques des systèmes de rotation de cultures, de qualité des sols et d’utilisation de pesticides seront analysées à court terme pour déterminer l’emplacement et la superficie des terres qui seront certifiées en régie biologique, un secteur en forte croissance dans la région. Le processus de certification demandera certainement 4 à 5 ans et devrait nous permettre de disposer d’une capacité très intéressante pour ce secteur dans la région ».

Mario Théberge estime l’aide scientifique apportée par la Ferme expérimentale aidera grandement les producteurs, qui, au fil des ans, ont souvent développé des techniques à leurs frais, par essais et erreurs, plutôt que de pouvoir compter sur des études scientifiques solides. « C’est dans la région que l’on retrouve la plus grande proportion de terres biologiques et ces projets de recherche vont nous aider à garder une longueur d’avance », dit-il.

« La Ferme expérimentale de Normandin apporte une aide précieuse aux producteurs et joue un rôle important pour le développement de l’agriculture de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, souligne pour sa part la ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, Marie-Claude Bibeau. Ces investissements permettront aux productrices et producteurs agricoles d’avoir accès à des méthodes de production parfaitement adaptées aux conditions nordiques de leur région »

DES AIDES FINANCIÈRES D’AGRICULTURE CANADA

21,8 M$ pour les éleveurs affectés par le ralentissement des abattoirs

Les producteurs d’animaux d’élevage qui ont connu une hausse des frais à cause du ralentissement dans les abattoirs pendant la pandémie pourront recevoir une aide financière. La Financière agricole du Québec assurera la gestion des demandes.

630 M$ sur 10 ans pour les éleveurs de volaille

Le Programme d’investissement à la ferme pour la volaille et les œufs fournira près de 630 millions de dollars sur 10 ans pour aider les producteurs de volailles et d’œufs grâce à des investissements à la ferme. Les projets admissibles sont ceux qui aident les producteurs à se moderniser, à améliorer leur compétitivité et à s’adapter aux préférences changeantes des consommateurs. Le gouvernement du Canada versera une contribution pouvant aller jusqu’à 70% du coût des projets et jusqu’à 85% pour les jeunes agriculteurs afin d’assurer un avenir prospère aux exploitations agricoles canadiennes.