Florence Potvin saluait la foule au Vieux Théâtre de La Baie, dans les bras de sa mère, Michelle Simard.

Florence fête ses 4 ans... et la rémission

C’était jour de fête pour Florence Potvin, dimanche, au Vieux Théâtre de La Baie. En rémission d’une tumeur au cervelet, la fillette a célébré son quatrième anniversaire avec les 31 participants du Défi têtes rasées Leucan, où plus de 46 000 $ ont été amassés.

Sa mère, Michelle Simard, a livré un touchant témoignage devant la foule. « Leucan, c’est une grande famille. On ne voudrait pas en faire partie, mais on est contents qu’elle soit là quand ça arrive. »

La famille baieriveraine a été ébranlée lorsque Florence a reçu son diagnostic de cancer en juillet 2018. « C’est un gros tourbillon. De la peur, de la crainte... On perd le contrôle », poursuit Michelle Simard.

Une trentaine de courageux ont participé au Défi têtes rasées Leucan, dimanche, à La Baie.

Sa fille n’a gardé aucune séquelle de la longue chirurgie pratiquée pour enlever la tumeur. Les mois suivants ont cependant été douloureux, avec un intense protocole de chimiothérapie.

Puis, Florence a pu se rétablir plus rapidement grâce à une greffe de cellules souches, qui avaient été prélevées dans sa moelle osseuse avant le début des traitements. « C’est vraiment incroyable. On est sortis de l’hôpital le 3 janvier, et deux semaines plus tard, elle était assez en forme pour venir à la pêche blanche avec nous », raconte son père, Dave Potvin.

Si Florence débordait de joie de vivre, samedi, ses parents pouvaient encore évoquer le stress et l’épuisement des derniers mois. « Leucan, c’est de l’écoute. C’est aussi des cafés gratuits à l’hôpital, et c’est vraiment bienvenu, parce que ce ne sont pas les meilleures nuits... C’est également du soutien financier, parce qu’on ne pouvait pas travailler. Sans oublier les massages à domicile, qui font tellement de bien. Parce qu’il n’y a rien de doux dans le cancer », décrit Michelle Simard.

La maman de Florence a rasé ses cheveux quand sa fille a commencé à perdre les siens. Et elle les a laissés repousser quand la rémission a été annoncée. « Dans deux semaines, je participerai à l’Ultramarathon. C’est une autre façon de soutenir la cause ! », s’enthousiasme Michelle Simard, pour qui une vie « normale » commence à reprendre son cours.

Généreux dons

Tous les dons faits dans la région sont affectés aux besoins des personnes soutenues par Leucan au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Elles sont environ 265 en ce moment, des enfants malades et des membres de leur famille.

« On dit que la qualité est plus importante que la quantité, et c’est vrai pour ce défi, commente le directeur provincial de Leucan, Jacques Tremblay. Les 31 participants ont fait une très belle collecte. Et beaucoup ont les cheveux longs ! »

Au total, 46 000$ ont été amassés lors du Défi têtes rasées Leucan qui a eu lieu à La Baie, dimanche.

Les porte-parole de l’événement saguenéen, les sœurs Émilie Doré, Yaëlle-Marion Morin-Doré et Mally-Tamara Morin-Doré, réalisaient d’ailleurs le défi coupe-couette. Les couettes de plus de huit pouces peuvent ainsi être données à un organisme. Propriétaires des entreprises Industries MES et Staca, les trois sœurs ont été émues par les gestes posés en soutien aux familles. « Les enfants sont au cœur de nos vies », confie Émilie Doré.

Avec ses longs rastas, Raymond Werugia retenait aussi l’attention. « J’ai déjà travaillé comme technicien de son durant un événement comme celui-là, et ça m’avait beaucoup touché. » Avec son jeune fils dans les bras, il réalisait la chance d’avoir un enfant en santé.

Un trio de jeunes hommes s’était aussi mobilisé. L’un d’eux, Louis-Félix Lavoie, a combattu la maladie d’Hodgkin à 17 ans. Il en était à son troisième défi. « On s’appelle l’équipe soccer, parce qu’on joue ensemble depuis qu’on est jeunes. Avec la mode des cheveux longs, je me suis demandé s’il était possible de faire quelque chose avec ça. Je me suis rappelé que Leucan avait beaucoup aidé Louis-Félix. Ça faisait d’une pierre deux coups », explique Olivier Ricard, aussi en compagnie de Paul Sergerie.