La cohorte 2018 de finissants du programme de médecine à Saguenay.

Finissants en médecine: trente sourires de fierté

Huit ans après son implantation, le programme de formation médicale à Saguenay continue d’attirer la relève. Vendredi, à l’aréna de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), 30 finissants ont pris part à une cérémonie visant à marquer la fin de leurs études doctorales. Parmi eux, Simon-Pierre Guay et Corine Rose, un couple uni par une passion commune : la médecine.

Le jeune homme de Chicoutimi et la jeune femme de Sherbrooke, respectivement âgés de 30 et 27 ans, se sont rencontrés sur le campus à Saguenay en 2014, au début de leur formation. Ils ont eu le coup de foudre l’un pour l’autre. Au terme de la première année, ils ont choisi de faire vie commune. 

Le fait d’être tous deux étudiants en médecine, un programme extrêmement exigeant, les a bien servis. En fait, ils estiment que leur relation se trouve au coeur de la réussite qu’ils savourent aujourd’hui.

« Nous avons développé une belle complicité et tout au long de notre formation, nous avons été très complémentaires. Quand il y en avait un qui éprouvait des difficultés dans un domaine ou qui vivait des événements particuliers, l’autre était là. On s’est vraiment soutenus mutuellement », raconte Simon-Pierre Guay, qui possédait déjà un doctorat en biochimie. 

Corine Rose a trouvé l’amour au Saguenay, mais elle a aussi découvert une région qu’elle affectionne beaucoup et qui lui rappelle, à plusieurs égards, son Estrie natale.

Au cours des prochains jours, le couple se rendra à l’Île de La Réunion pour prendre part à un stage d’un mois dans un hôpital. Ils évolueront au département de radiologie. Il s’agira d’une première expérience de travail dans leur domaine à l’étranger. Dès leur retour, un déménagement est à prévoir puisque Simon-Pierre Guay et Corine Rose amorceront leur résidence à Montréal le 1er juillet. Corine a choisi la médecine familiale et son port d’attache sera l’Hôpital de Verdun. Quant à Simon-Pierre, il oeuvrera à l’Hôpital de Montréal pour enfants du Centre universitaire McGill, où il fera sa résidence en médecine génétique. Il s’agit d’une passion pour le Chicoutimien, qui aimerait travailler en pédiatrie génétique.

Au terme de leur résidence, laquelle durera un minimum de cinq ans pour Simon-Pierre et de deux ans pour Corine, le couple choisira où il a l’intention de s’établir. Si tout indique que les deux médecins devraient se poser dans une région du Québec, ils ignorent encore où. Le Saguenay ou l’Estrie ? Il y aura certainement là matière à débat. 

La médecine de famille populaire

Les membres de la cohorte 2014-2018 du Programme de formation médicale à Saguenay amorceront bientôt leur résidence dans des établissements de santé de partout en province. 

Fait réjouissant pour la médecine de famille, longtemps boudée par les futurs médecins : 56 pour cent des diplômés de 2010 à 2018 (238 au total) ont choisi de devenir omnipraticiens. Qui plus est, la moitié de la présente cohorte a opté pour ce domaine, un chiffre plus élevé que les moyennes québécoise et canadienne.

Lors de la cérémonie de vendredi, la doyenne associée, la professeure Sharon Hatcher, a souligné la qualité des membres de la présente mouture.

« Je sais que vous serez de fiers ambassadeurs du Programme de formation médicale à Saguenay et que vous saurez incarner cette combinaison d’excellence, de professionnalisme, d’intégrité et de chaleur humaine que vous avez rencontrés chez vos professeurs et mentors de la région », a-t-elle mis en relief. Parmi ces leaders inspirants, l’urgentologue et professeure Geneviève Minville, choisie par les étudiants comme modèle.

« Vous avez appris ce qu’est le professionnalisme. Le professionnalisme, c’est le savoir-faire, mais c’est aussi le savoir-être », a-t-elle rappelé, au cours d’un beau discours qui laissait filtrer des bribes d’émotion et une bonne dose de fierté. 

Patrick Simard, comédien et «patient standardisé»

Au cours de leur formation, les étudiants en médecine ont pu mettre leurs connaissances et leurs compétences à l’épreuve grâce à l’entrée en scène de patients standardisés. 

Ces «cobayes» ont permis aux futurs médecins de s’exercer, dans une panoplie de situations. Parmi eux, le comédien Patrick Simard, qui a livré un discours touchant et porteur de sens lors de la cérémonie des finissants en médecine. Il a confié que dans le cadre de ses fonctions, il a notamment été enjoint à se frapper la tête contre un lit de métal, coiffé d’un casque de vélo, à des centaines de reprises pour simuler une crise de schizophrénie.

«Dans le domaine artistique, on se fait souvent demander à quoi ça sert. On répond souvent les mêmes choses, que c’est de la nourriture pour l’âme, que ça aide à élever les esprits. Quand on a communiqué avec moi, j’ai eu une petite fierté. Enfin, j’allais servir à quelque chose», a-t-il lancé en boutade.

Puis, le comédien a renchéri sur une note plus sérieuse en disant que sa contribution à la formation des médecins du futur lui a apporté beaucoup.

«J’ai vu leur engagement, leur persévérance. Aujourd’hui, je vois la fierté. J’ai compris grâce à eux que je n’allais pas changer le monde avec le théâtre, mais que j’allais contribuer à le faire avec la passion que j’ai dans les yeux», a conclu Patrick Simard