Les cours devraient prendre fin à la fin du mois de juin.

Finis les cours pour aînés

Environ 900 personnes âgées fréquentant les cours d’aquaforme, d’anglais, d’espagnol, d’informatique et les ateliers de mémoires et autres, dispensés sur le territoire de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay, devront modifier leurs habitudes. L’organisme sonne le glas de plusieurs de ces activités offertes par le Centre de formation générale des adultes (CFGA) depuis plusieurs années.

Ces cours dispensés dans des résidences privées pour personnes âgées prennent fin à la fin du mois de juin pour laisser place, en septembre prochain, à un nouveau programme d’intégration sociale utilisant les arts comme nouvelle approche auprès de cette clientèle.

Selon Claudie Fortin, responsable des communications à la CS des Rive-du-Saguenay, ces changements importants surviennent à la suite de nouvelles directives émises par le ministère de l’Éducation auprès de la Direction générale des adultes afin que l’organisme modifie l’orientation de ces formations pour favoriser une plus grande intégration sociale des personnes âgées participantes. « Les orientations prises il y a une dizaine d’années visaient la dispense de cours d’anglais, d’aquaforme, d’ateliers de mémoire, etc., qui représentaient l’une des missions sociales des commissions scolaires. La nouvelle demande du ministère vise à ce qu’on se conforme davantage à un objectif d’intégration sociale auprès des personnes ayant des caractéristiques très précises », explique Mme Fortin.

L’examen par le ministère de l’Éducation des pratiques de la commission scolaire dans le sillage du dossier de Chantal Cyr ne serait pas étranger aux changements exigés.

En février et mars derniers, un total de 23 rencontres d’informations ont été tenues dans autant de résidences pour expliquer les changements à venir et le fait que les formations dispensées auparavant ne peuvent plus être offertes. Ceux qui voudraient poursuivre ces formations devraient faire appel au Centre de formation aux entreprises, ce qui représente des frais supplémentaires importants, selon Mme Fortin.

En ce qui a trait à la nouvelle formation en intégration sociale, elle s’adresse aux personnes éprouvant des difficultés d’adaptation au niveau psychique, intellectuel, social ou physique en abordant différentes thématiques comme les conditions de vie, les relations sociales, le milieu de vie ou la vie en communauté.

Selon les thèmes abordés, la santé physique et psychologique, les saines habitudes de vie, des ateliers de cuisine, la vie en appartement, l’informatique, la participation citoyenne et les sorties scolaires figureront au menu. L’art thérapeutique sera mis à contribution comme médium.

En ce qui a trait à la vingtaine d’employés affectés à l’offre de services avant les changements, Mme Fortin a mentionné qu’aucun ne perdra son emploi puisqu’ils seront à l’œuvre dans d’autres milieux.

La révision de l’offre de service en intégration sociale n’a pas d’impact sur le budget, puisque la dépense principale se situait au niveau des salaires et que les personnes sont actives, conclut Mme Fortin.

+ L'AQDR EN MODE MOBILISATION

L’Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées (AQDR) se mobilise afin d’apporter des ajustements aux changements à la formation destinée aux personnes âgées.

Selon Dany Desbiens, porte-parole de l’organisme, l’AQDR a été informée par courriel l’hiver dernier des changements d’orientation apportés à la formation destinée aux personnes âgées et à l’ajout de critères pour avoir droit aux cours sur l’intégration sociale. « À l’AQDR, nous sommes impliqués aux cours d’initiation à la tablette électronique et aux ateliers sur la mémoire afin de briser l’isolement social. On a rencontré la commission scolaire et effectué des représentations auprès de nos députés pour le maintien de ces cours. Il y a une vaste action de mobilisation en cours. Les ateliers de mémoire ne peuvent plus être offerts à partir de septembre. Il s’agit pourtant d’une activité importante pour le maintien des capacités cognitives des personnes », affirme M. Desbiens.

L’AQDR souhaiterait que la commission scolaire maintienne le statu quo, le temps que l’on prenne le temps d’orienter autrement les services offerts aux personnes du troisième âge. Denis Villeneuve