Le directeur général de la paroisse Sainte-Anne, Jean-Yves Boivin, est triste de voir une église démantelée. Mais il se réjouit qu'une école de danse s'installe dans le bâtiment, permettant du coup de régler une partie des problèmes financiers de la paroisse.

Fin d'une époque

C'est la fin d'une époque à l'église Saint-Luc de Chicoutimi-Nord. Le lieu culte est dépouillé de ses derniers bancs, afin de faire place à l'entrepreneur qui effectuera les travaux d'aménagement de l'école de danse Florence Fourcaudot à compter de février.
La dernière célébration religieuse dans l'église Saint-Luc telle qu'on la connaît depuis 1963 a eu lieu le 4 janvier. Depuis, l'équipe procède au démantèlement des installations afin de faire place aux ouvriers.
L'immense autel est disparu. Un confessionnal aussi. Deux prie-Dieu ont été placés le long d'un mur, jusqu'à ce que quelqu'un manifeste le désir de les récupérer. Dans la grande salle, les bancs se font de moins en moins nombreux. Des citoyens se présentent sur place pour en acheter un ou deux.
Au coût de 125$ la pièce de chêne d'une longueur de 14 pieds, ils les adapteront à leur mobilier, ou utiliseront le bois pour en faire des tables, des coffres ou autres meubles.
La scène suscite des émotions contradictoires chez le directeur général de la paroisse Sainte-Anne, Jean-Yves Boivin. «Certaines personnes ont des réactions de tristesse et de nostalgie. Moi aussi, ça me fait quelque chose de démanteler une église. Mais si le prix du logement nous permet de faire vivre nos quatre bâtiments, je ne peux que m'en réjouir», a-t-il confié lorsque rencontré sur place.
Depuis 2005, la paroisse Sainte-Anne regroupe les paroisses Saint-Luc, Sainte-Anne, Sainte-Claire, Saint-Fulgence et Sainte-Rose-du-Nord. Mais chaque année, les difficultés financières s'accentuent. «En 2006, nous avons récolté 300 000$ grâce à la dîme dans les cinq communautés. En 2013, on parle de 201 000$. On perd entre 25 000$ et 30 000 par année. Cet argent, il faut aller le chercher ailleurs.»
La paroisse a déjà sabré les dépenses. Les effectifs ont été grandement réduits. «Nous sommes passés de 275 heures de secrétariat à 70 et de 175 heures d'entretien à 75 pour l'ensemble des cinq bâtiments.»
Jean-Yves Boivin estime que le loyer de 50 000$ payé annuellement par l'école de danse contribuera à améliorer la situation. "Ça va nous permettre de respirer. On espère atteindre un équilibre budgétaire l'an prochain.»
Le responsable de l'église dispose d'encore quelques jours pour liquider les meubles.
«À la fin janvier, on tourne la page.»
Il n'y aura aucune célébration religieuse dans l'église pendant les travaux. Puis, à compter d'août, les messes seront de retour dans le nouveau local, les samedis, à 16h. «Nous pourrons aussi y célébrer des mariages, des baptêmes et des funérailles», assure M. Boivin.
L'espace situé dans le choeur actuel de l'église pourra accueillir entre 150 et 200 personnes. Tous les objets religieux nécessaires aux rites y seront accessibles.
Tirage
Signe des temps qui changent, l'équipe pastorale propose des moyens de financement qui sortent de l'ordinaire. Pour une seconde année, un tirage offrant des milliers de dollars en prix est organisé, ce qui devrait permettre d'éponger une partie du déficit. «En 2013, nous avons amassé 26 000$ de cette façon», affirme le représentant de la fabrique Sainte-Anne.
Entre février et mai, 2000 billets seront en vente au coût de 20$. «Nous offrons de beaux prix. On parle d'un quatre-roues d'une valeur de 10 000$, de 1500$ en allocation de voyage, de 800$ en épicerie, 500$ en pneus, 350$ en articles de pêche et d'une tablette électronique d'une valeur de 300$", énumère Jean-Yves Boivin.