Le dépistage a une importance primordiale pour éviter la trop grande propagation de la COVID-19.
Le dépistage a une importance primordiale pour éviter la trop grande propagation de la COVID-19.

Fin de l’été, fin du plaisir? La balle dans le camp de la population selon Dr Aubin

Stéphane Bouchard
Stéphane Bouchard
Le Quotidien
La fin des beaux jours ne signifiera pas le retour au confinement. Du moins, si la population continue de faire des efforts. Entrevue avec le directeur régional de la santé publique, Donald Aubin, qui croit que nous sommes aujourd’hui mieux préparés pour affronter le coronavirus.

Le docteur Donald Aubin a reformulé à plusieurs reprises le message qu’il livrait au cours de l’entretien qu’il a accordé au Progrès, mercredi. Ce message se résume simplement : une grande partie de la lutte contre le coronavirus se fait en amont et nous, les citoyens, avons les ingrédients de la recette du succès entre les mains.

La population, en respectant les consignes simples qui sont énoncées dans les médias depuis plusieurs semaines, a le pouvoir de garder le nombre de cas positifs de COVID-19 au minimum dans les prochaines semaines.

« Ce n’est pas seulement le réseau de la santé qui devait avancer en termes de connaissances [sur le virus]. Le réseau, il va recevoir les conséquences de la COVID-19. Là, les 277 000 personnes de la région ont fait un effort d’apprentissage. Quand on demande si on est prêts pour la deuxième vague, le “on”, c’est toute la population », affirme M. Aubin, optimiste.

Dr Donald Aubin

Il qualifie l’apprentissage collectif que la communauté régionale a vécu depuis mars de « phénomène social extraordinaire ».

Le bilan somme toute positif de l’été peut donner la fausse impression que le coronavirus a perdu de la vigueur. Donald Aubin voit dans ces bons chiffres la démonstration de l’importance des consignes de santé publique, lesquelles sont respectées par une grande majorité.

« On est différents aujourd’hui. On peut penser que le virus a moins circulé pendant l’été, mais c’est à cause de nos gestes individuels, qui composent notre effort collectif », indique-t-il, en citant le port du masque pour illustrer son propos.

Une deuxième vague

Depuis l’apparition du nouveau coronavirus, la menace d’une seconde vague est évoquée. Le directeur régional de la santé publique, lui, n’emploie pas cette expression. Il faudra s’attendre à plusieurs « phases » cet automne et cet hiver, avec des hauts et des bas.

Le port du masque a porté ses fruits, croit la santé publique.

Chose certaine : il y aura plus de cas dans les prochains mois. Des foyers d’éclosions apparaîtront.

Le coronavirus, qui a une plus grande transmissibilité que l’influenza, circule toujours et il est impossible de le contrôler.

Encore là, devant cette inévitable propagation de la maladie, le travail en amont est primordial. « On a compris toute l’importance du dépistage. Plus on réagit vite quand on a un positif et qu’on isole les gens, moins il y a de la propagation. C’est bien logique », explique Donald Aubin, qui précise que les entreprises régionales ont pris cette question avec sérieux au moment de leur réouverture.

« Cet été, on l’a vu. Il y a eu quelques poussées et ça redescendait. La population ne s’affolait pas. On a vu que les milieux dans lesquels le virus apparaissait se refermaient tout de suite, prenaient tous les moyens pour éviter la propagation, et ça arrêtait. C’est ça qu’il va falloir faire cet automne et cet hiver. »

Le réseau de la santé est prêt à «recevoir les conséquences de la COVID-19», affirme Donald Aubin.

L’objectif, donc, est de garder le nombre de cas à un bas niveau, pour continuer de vivre notre vie avec un semblant de normalité.

« Il va falloir faire attention. Il va falloir être strict. C’est la base. Si on ne respecte pas nos mesures d’hygiène, on va se retrouver devant l’obligation de réagir. Mais ce n’est pas ça qu’on veut, pas du tout ! », lance Donald Aubin.

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L'IMPORTANCE DU PRINTEMPS POUR LA RENTRÉE

La rentrée scolaire, qui aura lieu la semaine prochaine, ne devrait pas causer de problème particulier, selon la santé publique. La réouverture des écoles le 11 mai, qui semblait être un pari risqué à l’époque, facilitera le retour en classe.

« On a fait l’effort d’envoyer les enfants à l’école au printemps. On a commencé à les former. On va en bénéficier cet automne. Plusieurs notions sont déjà acquises », croit le Dr Donald Aubin.

Ce dernier démontre son admiration pour la résilience des enfants et leur discipline. « C’est magnifique de voir les enfants arriver à la maternelle qui ont appris les mesures et qui disent ‘‘Tu es trop proche de moi!’’ ou “Il faut se laver les mains en arrivant!”. On se dit: “Wow!” » 

Certains festivals et événements, dont Zoom Photo Festival, auront lieu dans les prochaines semaines.

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RASSEMBLEMENTS ET FESTIVALS TOUJOURS POSSIBLES

L’augmentation à 250 du nombre de personnes permises dans les rassemblements publics a rendu possible la tenue de certains événements avant la fin de l’été. Les organisateurs de festivals automnaux qui n’ont pas annulé leur rendez-vous au plus fort de la crise printanière pourront eux aussi aller de l’avant dans les prochains mois. 

Le producteur Robert Hakim a été le premier a saisir la balle au bond avec On brasse la région, un modèle réduit du Festival des Bières du Monde qui animera la Zone portuaire du 27 au 29 août.

Zoom Photo Festival, un événement qui montre le meilleur de la photographie de presse, aura bel et bien lieu du 7 au 25 octobre, mais dans une formule différente. Le directeur, Michel Tremblay, planche sur le projet. « Nous travaillons pour présenter une quinzaine d’expositions et le World Press Photo à La Pulperie. La semaine professionnelle devrait aussi avoir lieu du 7 au 11 octobre », indique-t-il en entrevue.

Il précise que toutes les activités du festival se feront dans le respect des consignes de la santé publique qui seront alors en vigueur et qu’accueillir des photographes internationaux sera difficile, voire impossible. 

Le directeur régional de la santé publique, Donald Aubin, ne voit pas de risque particulier dans la tenue de ces événements, s’ils se font dans le respect des mesures sanitaires. La situation actuelle n’est plus la même qu’au printemps.

« On a été capables de définir des normes qui nous permettent d’assister à des activités artistiques, d’aller au restaurant, indique-t-il. Au printemps, on était dans une situation dans laquelle on ne connaissait pas le virus et il a fallu pratiquement tout fermer. Aujourd’hui, on sait que si on prend les bonnes mesures, on est capables de fonctionner. »

Donald Aubin rappelle que l’équilibre peut être fragile. « Si on va trop loin et si on déborde des mesures, comme on voit dans certains pays, il va falloir refermer. »

La France et l’Espagne, notamment, ont dû durcir le ton pour stopper la progression du virus dans les derniers jours.

« Il y a des balises qui existent et on est capables d’aller beaucoup plus loin qu’on allait au printemps. Il faut continuer d’avoir une vie. On ne peut pas rester fermés complètement », résume Donald Aubin.