L’usine d’Alma de Résolu a été au coeur d’une expérience qui a permis d’utiliser une machine au besoin plutôt que de devoir la faire fonctionner 24h/24 et 7/7.
L’usine d’Alma de Résolu a été au coeur d’une expérience qui a permis d’utiliser une machine au besoin plutôt que de devoir la faire fonctionner 24h/24 et 7/7.

Fin de carrière réussie chez Résolu pour le Jeannois Yves Laflamme

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
Le président et chef de la direction chez Produits forestiers Résolu (PFR), Yves Laflamme, quitte ses fonctions pour la retraite au terme d’un trimestre exceptionnel, alors que la seconde vague de la COVID-19 frappe de plein fouet les principaux marchés de l’entreprise.

La flambée des prix dans le domaine du bois d’œuvre depuis le début de la pandémie permet à la papetière de présenter des résultats trimestriels en forte hausse avec un bénéfice net de 57 M$ contre une perte nette de 47 M$ pour la même période l’an dernier. Il s’agit d’une amélioration appréciable de la performance de l’entreprise de l’ordre de 100 M$ d’un trimestre à l’autre.

Ces résultats ne sont pas étrangers à la décision de Résolu de procéder à l’achat de trois scieries aux États-Unis un peu avant la pandémie. Ce qui a donné le temps à la papetière d’apporter les modifications nécessaires dans la gestion de ces trois usines de transformation et ainsi profiter de l’explosion du prix du bois d’œuvre qui a dépassé le 1000 $ US pour le 1000 PMP (pied mesure de planche, qui est l'unité de volume utilisée) dans les produits le plus en demande pour la rénovation et la production de bois traité.

Le bois en vedette 
En entrevue jeudi en marge de la publication des résultats trimestriels, Yves Laflamme a confirmé qu’il s’agissait d’un excellent trimestre et qu’il faut remonter à 2018 pour avoir des résultats similaires, générés par des éléments différents. Cette fois, le secteur du bois est responsable de la presque totalité de cette performance alors qu’en 2018, les trois secteurs qui comprennent la pâte, le papier et le bois d’œuvre offraient de bonnes possibilités commerciales.

Résolu termine ce trimestre avec un peu plus de 400 M$ de liquidités. Il y a également eu une réduction de la dette de l’entreprise.

La question du bois d’œuvre retiendra l’attention des dirigeants de PFR dans les prochaines heures alors que le gouvernement du Québec dirigé par François Legault lèvera le voile sur son engagement à déposer un nouveau régime forestier.

«Le gouvernement ne doit pas manquer cette occasion d’apporter les modifications pour l’accès à la ressource et la prévisibilité. Encore ce matin (jeudi), lors des discussions avec les investisseurs, il a été question de l’accès aux ressources et il n’y a qu’au Québec où il y a des limites», insiste Yves Laflamme.

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Les usines de Résolu, tout comme celles des compétiteurs, ne fonctionnent pas sur tous les quarts de travail. Les approvisionnements en bois rond ne sont pas suffisants sans parler du coût de la ressource qui a été propulsé à la hausse en raison des particularités du régime forestier. La papetière a participé avec l’ensemble de l’industrie aux discussions et se croise les doigts en attendant de connaître l’ampleur des modifications.

Le président et chef de la direction de Résolu, Yves Laflamme, quittera ses fonctions le 31 mars après une carrière de 32 ans qui a été marquée par la relance de l’entreprise au terme d’une restructuration financière majeure.

Alma 
Au cours de ce trimestre, Résolu a décidé de reprendre la production sur la machine à papier numéro 9 de l’usine d’Alma sur une base de quatre à cinq jours par semaine. Il s’agissait d’une première pour l’industrie des pâtes et papiers qui rentabilise ses usines de papier sur la base de l’opération continue des machines (7 jours-24 heures).

«À un moment donné, c’était fini pour les petites machines à papier en raison de leur capacité de production. Dans la situation actuelle, on constate qu’avec des petites machines comme nous avons à Dolbeau et Alma, il est possible de récupérer toutes les commandes. Dans le cas d’Alma, la machine numéro 14 permet la production des grosses commandes et nous récupérons les autres avec l’autre machine», a indiqué Yves Laflamme.

Le projet d’Alma était expérimental lors de la reprise de la production puisque la papetière voulait vérifier la rentabilité de ce nouveau modèle d’affaires. Le président et chef de la direction était en mesure de confirmer jeudi qu’il s’agissait «d’une excellente décision» qui a eu des impacts positifs dans la communauté.

En revanche, la situation est toujours difficile pour le marché des papiers. Ils ont périclité rapidement au début de la pandémie pour reprendre légèrement avant la seconde vague. Le marché du papier était toutefois en décroissance, principalement dans le papier journal, avant le début de la pandémie.

Yves Laflamme était accompagné de son successeur Rémi G. Lalonde pour cette journée de publication des résultats financiers. Ce gestionnaire franco-ontarien de 44 ans œuvre au sein de Résolu depuis 11 ans et assumait, lors de sa nomination, la direction des finances. Il prendra la direction de l’entreprise le premier avril.

Pendant sa carrière chez Résolu, M. Lalonde a fait un séjour de deux ans dans la région de Thunder Bay dans le nord de l’Ontario.

Au terme de l’entrevue, le futur président et chef de la direction de Résolu a expliqué être bien au fait de l’importance du Saguenay-Lac-Saint-Jean au sein de l’entreprise. Richard Garneau, qui a assumé la direction de l’entreprise lors de la relance après la restructuration financière, est originaire de Saint-Prime et Yves Laflamme, qui a aussi été associé à la relance de l’entreprise, est originaire de Saint-Félicien.

«Le conseil d’administration exprime toute sa gratitude envers Yves Laflamme pour un travail bien fait. Yves a renforcé la vision et les valeurs de Résolu en insistant sur la sécurité, le développement durable, la rentabilité, la responsabilisation et le travail d’équipe. Son engagement constant envers l’amélioration, particulièrement au chapitre des coûts, sert de modèle pour l’ensemble de l’entreprise, y compris l’équipe de direction et le conseil de la Société», a déclaré le président du conseil de Résolu Bradley P. Martin.

Il a conclu en soulignant que le leadership d’Yves Laflamme au sein de Résolu et son engagement envers les collectivités où sont exercées ses activités posent les assises pour l’atteinte d’une prospérité commune. Son engagement inébranlable à l’égard d’un milieu de travail sûr et d’une gestion responsable de l’environnement a valu à Résolu une reconnaissance considérable en Amérique du Nord et à l’échelle mondiale.