L’enquêteur Marcel Caron, ici photographié avec Benoit Desrosiers – qui a tué Virginie Pelletier en 1989 –, se souvient très bien de Gérald Gallant.

Film de Luc Picard: le tueur Gallant à l'écran

« Si on m’avait dit à l’époque où j’arrêtais Gérald Gallant dans les rues de Chicoutimi qu’il deviendrait un tueur à gages, je ne l’aurais pas cru. Je n’ai jamais pensé qu’il pourrait en arriver là. »

Policier et enquêteur à la retraite de la police de Chicoutimi, Marcel Caron se souvient très bien de Gérald Gallant.

Si, depuis quelques jours, le nom de ce tristement célèbre tueur à gages se retrouve dans les médias, c’est que le réalisateur et comédien Luc Picard a terminé, jeudi, le tournage d’un film qu’il portera sur grand écran pour résumer la vie du plus grand tueur à gages du Canada. Le film devrait être en salle en 2020.

Luc Picard incarnera le rôle de Gérald Gallant.

Le Chicoutimien Gérald Gallant, aujourd’hui âgé de 69 ans, a confessé avoir éliminé 28 personnes, au cours de sa carrière de criminel. Il a avoué ses crimes en 2012 et a été condamné à la prison à perpétuité.

Gallant : confessions d’un tueur à gages rappellera quelques-uns des moments les plus tristes de l’histoire criminelle québécoise et canadienne. Gallant a notamment œuvré pour le compte du groupe criminalisé des Rock Machine, les ennemis jurés des Hells Angels. Il a éliminé plusieurs ennemis de ses employeurs à une certaine époque.

Tueur !

Si Marcel Caron a passé souvent les menottes à Gallant, jamais il ne lui serait venu à l’esprit qu’il pourrait devenir un meurtrier, et encore moins le plus grand et le plus célèbre tueur à gages.

« Jamais je n’aurais cru qu’il aurait pu faire ça. Ce n’était pas un homme violent à l’époque. J’ai été surpris qu’il en arrive à ça. [...] Lorsqu’il a été arrêté et que je l’ai vu à la télévision, je ne l’ai pas reconnu. Il ne bégayait plus. J’ai dû appeler mes collègues de Québec pour m’assurer que c’était bien lui », se rappelle M. Caron.

Adolescent

Marcel Caron, malgré ses 83 ans, se souvient très bien de Gérald Gallant. Il l’a connu et arrêté à ses débuts comme criminel alors qu’il n’avait pas encore 18 ans.

« Il a commencé à faire des petits vols à l’adolescence. Il a commis plusieurs vols à l’étalage. C’était un gars qui bégayait terriblement et il avait donc de la difficulté à parler », se souvient M. Caron.

Policier costaud, Marcel Caron se remémore les premières arrestations alors qu’il agissait comme enquêteur, au début des années 70.

« On l’a arrêté souvent, mais il ne nous a jamais créé de problèmes. Il n’était pas du genre à se mettre à table et à avouer ses crimes ou à dénoncer ses complices. [...] Lorsqu’il a commencé à voler, il s’est retrouvé dans une petite gang de bandits à Chicoutimi. Ils profitaient de lui. Ils ne voulaient pas l’envoyer faire des crimes importants, car s’il avait eu à parler, les gens auraient pu le reconnaître facilement en raison de son bégaiement », ajoute Marcel Caron, retraité depuis maintenant 26 ans.

Vol

Parmi les nombreux crimes que Gallant a commis sur le territoire de Saguenay à la fin des années 60 et au début des années 70, le policier à la retraite se souvient du vol commis à la Banque Royale de Chicoutimi-Nord.

« Ça s’est passé sur la rue Saint-Luc, près de la quincaillerie. Avec un complice, il était entré dans la banque par effraction durant la nuit. À l’arrivée du gérant le matin, il l’avait séquestré. Lorsque les policiers sont arrivés, Gallant avait relâché la victime et avait pris la fuite à pied vers Saint-Honoré », raconte Marcel Caron.

Les policiers de Chicoutimi avaient suivi les traces de pas que le cambrioleur avait laissées en marchant dans les champs à proximité de la route Madoc. Ils savaient que Gallant avait des connaissances sur le chemin des Ruisseaux, à Saint-Honoré.

« En suivant les traces, les agents ont remarqué que de la terre avait été récemment remuée. Ils ont creusé et aperçu l’argent que Gallant venait de voler. Ils ont remis la terre en place et ont passé la nuit embusqués. »

« Au petit matin, Gallant est arrivé sur les lieux avec une pelle et un petit plat. Lorsqu’il a commencé à creuser, les policiers sont sortis de leur cachette et l’ont pointé avec leurs armes. Ils ont demandé à Gallant ce qu’il faisait là. Il leur a dit qu’il venait cueillir des bleuets. Ce n’était pas le cas et il a fini par avouer le crime », a conclu Marcel Caron.