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Fibre cellulosique: la loi 50 pour convaincre PFR?

Marc-Antoine Côté
Marc-Antoine Côté
Le Quotidien
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La loi 50, concernant la location d’une partie des forces hydrauliques de la rivière Shipshaw, pourrait-elle « fortement » inciter Produits forestiers Résolu (PFR) à participer au développement de la fibre cellulosique dans la région ? Le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, croit que oui.

Ce dernier avait participé à la commission parlementaire qui étudiait le projet de loi, avant son adoption en octobre 2020. Il dit s’être assuré, à l’époque, d’amener des amendements « pour inclure l’innovation et les nouveaux marchés ».

La loi 50 se veut en quelque sorte un « bail » par le biais duquel le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles loue une partie des forces hydrauliques du domaine de l’État de la rivière Shipshaw à PFR.

Ses articles 5 et 8 sont aux yeux de Sylvain Gaudreault des arguments de taille pour amener l’entreprise à collaborer avec Promotion Saguenay et le reste des acteurs régionaux au développement de la fibre cellulosique.

L’un stipule que le « locataire » doit, avant 2032, avoir réalisé dans la région des investissements d’au moins 100 000 000 $ pour soutenir « l’innovation ou l’accès à de nouveaux marchés afin d’assurer la création ou la préservation d’emplois de qualité liés à l’industrie ».

L’autre oblige PFR à produire, au plus tard en 2023, une étude technique et financière pour la modernisation des usines situées à Saguenay et à Alma afin « d’entamer une transition vers des produits d’avenir ».

Le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault

« On a la poigne parfaite parce que la compagnie est liée par les droits hydrauliques, notamment sur la centrale hydroélectrique Jim-Gray, et elle doit rendre des comptes, avance le député péquiste. Elle a des obligations reliées à ça, il faut absolument qu’elle ait un plan de match pour passer à la fibre cellulosique. »

Déjà, croit-il, PFR doit penser à l’étude de 2023 et y « inclure un plan de transition vers la production de fibre cellulosique de façon plus massive ».

Jean-Marc Crevier, mandaté par Promotion Saguenay pour développer le projet, croit aussi que la loi 50 pourrait aider à convaincre PFR. Mais il croit avant tout ce virage à l’avantage de l’entreprise.

Le conseiller municipal, qui avait entamé les discussions il y a plusieurs mois avec le prédécesseur du PDG Rémi G. Lalonde, Yves Laflamme, assure que l’entreprise aurait été en contact avec l’UQAC pour établir un « plan de recherche ».

« On aimerait que la recherche au niveau de l’université soit de la recherche appliquée. […] Si on veut avoir quelque chose qui est l’équivalent de la SVA (Société de la Vallée de l’aluminium), c’est d’avoir une table, où tu vas avoir des intervenants de la région, qui peut inclure aussi la recherche et FPInnovations […]. Si Résolu n’embarque pas dans une table comme ça, on est voués à l’échec avant même de commencer », explique Jean-Marc Crevier.

Ce dernier ajoute qu’une « proposition » doit être soumise à PFR dans les prochains jours, à la suite de laquelle une décision sera prise.

« C’est tout à fait légitime de notre part de demander ça. Personnellement, je pense que ce serait inconcevable qu’ils n’embarquent pas et qu’ils disent non. Je ne le crois pas. C’est de leur intérêt de dire oui », conclut celui qui est aussi administrateur de Promotion Saguenay.