Le chauffeur de taxi Denis Lépine est déterminé à faire bouger les choses, afin que les intersections soient plus sécuritaires aux feux de circulation.

Feux rouges: un chauffeur de taxi conscientise les citoyens

Estimant que les automobilistes sont inconscients des dangers aux feux de circulation quand ils ne sont pas respectés, le chauffeur de taxi Denis Lépine de Chicoutimi veut sensibiliser les citoyens à modifier leurs comportements, tout juste après un évènement où il a eu peur pour sa vie.

Il y a près d’un an, le retraité de la fonction publique fédérale avait dénoncé ce qu’il considère comme un véritable fléau, lors d’une entrevue accordée au Progrès. Après avoir « failli être tué » deux fois dernièrement, il revient à la charge, trouvant que la situation ne s’est pas améliorée. En entrevue, il était encore bouleversé quand il se rappelait le camion qui a brûlé un feu rouge la semaine dernière sur le boulevard Saint-Paul et qui a presque percuté son véhicule dans lequel prenait place un client, au coin de la rue Price.

« Normalement, je regarde toujours des deux côtés, mais là j’ai été distrait un peu. Je ne suis pas mieux que tout le monde. J’ai vu le camion arriver du coin de l’oeil. Une chance que j’ai de bons réflexes. À cette vitesse-là, tu as deux possibilités quand on te frappe : tu vas à l’hôpital pour quelque temps avec d’importantes blessures, ou tu passes de l’autre côté. »

M. Lépine a rencontré des policiers dans les derniers mois, qui se sont montrés sensibles au problème. « C’est autant dangereux que l’alcool au volant, sauf que ceux qui brûlent des feux rouges n’ont même pas les capacités affaiblies », souligne-t-il. 

À la Sécurité publique de Saguenay, le responsable des communications Bernard Moreau est au courant des intersections qui sont plus problématiques. « C’est difficile de faire de la répression dans ces coins-là, se désole-t-il. Il y a beaucoup de commerces, on ne sait pas où se positionner... Il y a déjà quelqu’un qui a travaillé sur le dossier d’appareils de surveillance, mais ça prend une demande de la Ville pour aller plus loin. »

Appareils de surveillance

Le ministère des Transports a mené une étude sur ces radars photo qui peuvent être installés aux feux de circulation.

Certains surveillent aussi la vitesse et tous peuvent être en fonction 24 h sur 24. Ils peuvent même s’autofinancer avec les tickets. Toutefois, ils suscitent aussi beaucoup de contestation.

« Le but n’est pas de faire payer les gens, mais qu’ils changent leur comportement », croit pour sa part Denis Lépine. La question sera sûrement analysée par la commission de la Sécurité publique de Saguenay, croit son ancien président Carl Dufour. Toutefois, ses activités sont en pause depuis les élections municipales de novembre dernier.

Sur le site du ministère des Transports du Québec, il est indiqué que les accidents sont en moyenne réduits de 42 % aux feux de circulation où des appareils de surveillance sont installés, d’après un projet-pilote réalisé il y a quelques années. L’usage a même été recommandé par la Société de l’assurance automobile du Québec, qui a fait une tournée de consultations publiques l’an dernier. M. Lépine y a pris part d’ailleurs.

« Même si on sauvait juste deux vies par année, ça vaudrait la peine », croit-il.

L’intersection des boulevards Talbot et de l’Université est aussi particulièrement dangereuse, selon celui qui roule souvent sur les routes saguenéennes. En 2011 et en 2012, le Quotidien avait réalisé des tests maison deux fois en après-midi. Pendant une heure, une infraction était observée au moins toutes les deux minutes, que ce soit en période plus ou moins achalandée.

Le chauffeur de taxi espère pouvoir rencontrer la nouvelle administration municipale. Il a déjà parlé deux fois à la mairesse Josée Néron lorsqu’elle était conseillère. Il avait déjà adressé une question à l’ancien maire Jean Tremblay l’été dernier à une séance du conseil de ville, mais ce dernier s’était montré très fermé. L’échange a été plutôt frustrant pour Denis Lépine.

« Si on ne fait rien, ça ne changera jamais. »