La caserne située à Hébertville-Station devrait fermer en 2019.

Fermeture imminente de la caserne d’Hébertville-Station

Hébertville-Station pourrait être l’un des premiers villages de la région et un des rares au Québec à perdre sa caserne de pompiers et son camion. Ce point de service devrait être écarté du prochain schéma de couverture de risques en sécurité incendie qui entrera en vigueur en 2019. Un schéma élaboré par la régie incendie Nord, la régie incendie Sud et le service incendie d’Alma.

« La fermeture de notre caserne est dans le collimateur depuis longtemps. On en parle depuis la création des régies incendies. Celles d’Hébertville-Station, Desbiens et Lac-à-la-Croix étaient les trois visées pour des fermetures. Les deux autres casernes seront épargnées dans le prochain schéma, mais la nôtre, ça serait étonnant », répond le maire d’Hébertville-Station et président de la régie intermunicipale sud, Réal Côté, questionné en marge de la séance du conseil municipal. 

La caserne demeure la responsabilité des municipalités et les camions appartiennent aux régies. Ces dernières refuseraient d’investir dans l’achat d’un nouveau véhicule pour la caserne #22. Quant à l’immeuble, il aurait besoin d’une cure de rajeunissement d’environ 150 000 $, assumée à 100 % par la municipalité. Des dépenses, selon le maire, visiblement en faveur de la fermeture du point de service dans son village.

« Le gouvernement ne nous aide plus pour les travaux liés à la caserne, car ce n’est plus une nécessité. Les casernes de Saint-Bruno (moins de 3 kilomètres) ou celle d’Hébertville (moins de 8 kilomètres) se trouvent dans un périmètre jugé sécuritaire. Si on enlève notre caserne, les assurances ne seront pas touchées », insiste M. Côté, admettant du même souffle que les villages ou municipalités sans casernes sont rares dans la province. 

Le nombre d’appels d’urgence dans la communauté encourage aussi les régies à vouloir délaisser la caserne d’Hébertville-Station. Après Lac-à-la-Croix, la caserne #22 est la moins sollicitée pour des incendies qui surviennent dans sa propre municipalité. En cinq ans, le camion et les pompiers sont intervenus à 44 reprises à Hébertville-Station, selon les informations fournissent par le maire.

Le Quotidien a tenté d’obtenir plus de détails sur le prochain schéma, mais le directeur des régies et du service incendie d’Alma, Bernard Dallaire, n’a pas retourné les appels logés dans la journée de lundi.

Deux conseillers ont exprimé leur opposition à la fermeture de la caserne d’Hébertville-Station.

Pas l'unanimité au conseil

La fermeture de la caserne ne fait pas l’unanimité au sein du conseil municipal d’Hébertville-Station. Au moins deux échevins s’opposent vivement à cette décision. 

« En tant que résidant, je suis contre cette fermeture. Je tiens à ce service dans ma municipalité. Je pense qu’il faut analyser toutes les options et les présenter à la population » , exprime Hamid Benouanas.

« On dit que notre caserne ne sert pas beaucoup, mais la semaine dernière, c’est nous qui sommes arrivés en premier sur un incendie à Saint-Bruno », donne en exemple le conseiller Robin Côté, également pompier à temps partiel. 

Si la caserne #22 ferme, une autre deviendra responsable du secteur. La municipalité a entamé les pourparlers avec Hébertville et Saint-Bruno. 

Hébertville doit d’ailleurs construire une nouvelle caserne de pompiers au cours de la prochaine année. Le bâtiment actuel est trop petit pour abriter le camion de la municipalité. En attendant, la municipalité loue le bâtiment Inventium pour héberger le véhicule. Une fusion avec le village voisin permettrait de partager les coûts de construction avec un plus grand nombre de citoyens. 

« Il serait plus logique d’aller avec Saint-Bruno, étant donné notre plus grande proximité. Mais aucune décision n’a encore été prise. Il y aura des consultations sur le sujet également », indique Réal Côté.